POLITIQUE / Il reste dix jours pour un compromis Nord-Sud

Leterme chauffe puis apaise

MARTINE DUBUISSON ET VERONIQUE LAMQUIN

samedi 05 juillet 2008, 10:03

LE PREMIER MINISTRE y croit-il encore ? Cela dépend des jours. Mais les partenaires continuent de « négocier ».

Lundi, lors du bureau de parti, Yves Leterme avait mis ses troupes CD&V en garde : l’heure de vérité approche ; chacun, démocrate-chrétien flamand y compris, serait bientôt placé devant ses responsabilités. En clair : un compromis communautaire ou la crise. Et les siens l’avaient plutôt bien pris, le patron semblant positif, confiant d’aboutir à un accord nord-sud.

Jeudi, à la réunion hebdomadaire des parlementaires CD&V et N-VA, le Premier ministre a répété que le « moment décisif » approche. Mais cette fois, ses troupes l’ont mal pris. Du moins ont-elles ressenti qu’Yves Leterme n’y croit plus. N’a-t-il pas avoué : « Si on continue comme ça, on n’y arrivera pas… »

Comment expliquer pareil changement en quatre jours ? « Entre lundi et jeudi, décode un parlementaire CD&V, Yves Leterme a senti qu’il n’a pas beaucoup progressé. Et que, malgré une certaine créativité de sa part et du VLD, il n’a guère eu de réactions du côté francophone. » La réunion de mercredi soir, entre présidents de parti, aurait enfoncé le moral flamand… Le porte-parole du Premier ministre nuance : « plus on approche du 15 juillet, plus il y a de pression. Mais il n’y a pas de blocage ». C’est ce qu’a juré Leterme vendredi : « on n’est pas dans l’impasse ». Niant être pessimiste : « je suis réaliste. Je vois clair ».

A en croire son porte-parole, il aurait avant tout voulu signifier à ses troupes que l’on « va vers un moment difficile, où tous les partis devront prendre leurs responsabilités », dans un contexte économique et budgétaire difficile. Le message serait donc à la fois à usage interne et externe. Mais, assure un élu CD&V, il ne s’agit pas d’« une menace vis-à-vis des francophones, mais d’un appel au secours : si rien ne change, on aura un gros problème. Il fallait le dire maintenant, pas dire dans dix jours que c’est trop tard… ».

Si un courant CD&V dirige sa critique vers les francophones, qui empêchent l’accord, certains parlent plutôt d’un « coup de poker de Leterme », d’un « discours tactique qui l’affaiblit encore », de ses « dernières cartouches », ou d’une « dramatisation qui n’aide pas ». Ses troupes, en tout cas, ont été secouées, au point de comprendre qu’il est question de « plan B, voire d’élections ».

En attendant, un autre argument monte en puissance en Flandre, singulièrement au CD&V. Un élu le résume ainsi : « Demander à la fois – comme le font les francophones, NDLR – de changer la frontière linguistique et de conserver la solidarité, qui représente 6 milliards d’euros par an, ce n’est pas très compatible. Si Olivier Maingain continue, dans un an, une majorité flamande voudra diminuer la solidarité. »

Dans ce contexte, qui croit encore à un véritable accord dans dix jours ? Patrick Dewael (OpenVLD) répète que « l’échec n’est pas une option ». La N-VA est étrangement silencieuse. Et les francophones ? Si le Nord a été secoué par les propos d’Yves Leterme, le Sud ne semblait guère s’en émouvoir vendredi. « Sur certains points, il y a moyen d’avancer », explique-t-on d’un côté. « Mais sur d’autres, c’est vrai, les positions sont assez éloignées. Et sur BHV, on n’est nulle part. » « Plus le temps passe, moins on voit comment aboutir à un accord », reconnaît-on de l’autre.

Pas d’accord, donc la crise ? Non, une déclaration, suffisamment chargée, disent en chœur les francophones. Qui croient dur comme fer à cette « solution ». Acceptable au Nord ? « Ils ne sont pas fous, on ne va pas tomber maintenant. » Un sursis, pour passer l’été ? C’est l’idée. « On est tous très fatigués, certains sont sur le point de craquer », avoue une source négociatrice. « Quelle que soit l’issue, que l’on surmonte la crise ou pas, cela ne se produira pas au 15 juillet, mais à l’automne ou plus tard ou en 2009. »

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[2] ghinzu envoyer un message personnel dit le 5/07/2008, 16:01

Crash annoncé pour Leterme Ier
Leterme annonce le crash et puis appaise. Deux questions se pose : - quels partis ont intérêt au clash? - est-ce que des élections apporteront une quelconque solution? Suite du débat ; http://www.periscope.be/?p=457

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[1] Papy Mougeot envoyer un message personnel dit le 5/07/2008, 09:15

changement de tactique !!
>Demander à la fois – comme le font les francophones, NDLR – de changer la frontière linguistique et de conserver la solidarité, qui représente 6 milliards d’euros par an, ce n’est pas très compatible. Si Olivier Maingain continue, dans un an, une majorité flamande voudra diminuer la solidarité. »< ... Le Nord a senti que le cartel des gauches commençait à lâcher prise et essaie une nouvelle tactique, dire au PS et au CDH que si on échoue dans le social, la faute en reviendra au FDF, et donc au MR ... But (in)avoué, affaiblir les Francophones pour qu'ils lâchent prise, et inviter, de manière tout aussi inavouée le PS et le CDH à lâcher les 400 000 Francophones de la périphérie ... Il faudra rester très attentif à ce que "la grande défenderesse des Farancophones", Mme NON, ne nous prépare pas une traîtrise supplémentaire !!

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