Wallons et Bruxellois : notre grand sondage
OLIVIER MOUTON
lundi 04 mai 2009, 21:38
EXCLUSIF Wallons et Bruxellois s'apprécient au-delà des apparences et des clichés. Mais ils n'ont pas nécessairement les mêmes attentes politiques ni les mêmes visions d'avenir. Tels sont les résultats du sondage réalisé par le Cevipol de l'ULB pour Le Soir et la RTBF.
Lire aussi: l'édito: "Toi Wallon, moi Bruxellois. Et puis?" / A voir : Wallons et Bruxellois au-delà des apparences : Liège. / Sondage : regards croisés Wallonie-Bruxelles
Chattez avec le politologue Pascal Delwit (Cevipol ULB) :
ce mercredi de 12 à 13 heures, sur lesoir.be
Dans « Le Soir » de ce mardi :
- Analyse et commentaire de notre sondage
- Le Speed Dating de Kroll : la Liégeoise
Que pensent les Wallons des Bruxellois ? Sont-ils prétentieux ou égoïstes ? Seuls, respectivement, 46,1% et 26,3% des 900 personnes sondées par le Centre d'étude de la vie politique de l'ULB confirment ces clichés. Par contre, ils sont 69,5% à les trouver ouverts sur le monde et 67,5% à les considérer sympathiques.
Que pensent les Bruxellois des Wallons ? Sont-ils résignés ou paresseux ? Seuls, respectivement, 28,8% et 25,1% des 880 Bruxellois interrogés valident ces idées reçues. Mais on sent toutefois poindre un rien de condescendance dans les opinions bruxelloises : ils sont 86,6% à trouver les Wallons sympathiques mais nettement moins nombreux à les voir travailleurs (58,6%) et intelligents (56,1%).
Bref, les relations restent au beau fixe entre les habitants des deux parties de la Communauté Wallonie-Bruxelles.
Pour autant, leurs aspirations politiques ne sont pas les mêmes. Oui, la priorité numéro un dans la perspective des prochaines élections, c'est bien l'enseignement. 60,3% des Wallons et 63,1% des Bruxellois considèrent qu'il faut donner plus de moyens à l'école pour un enseignement de qualité. Viennent, ensuite, pour les Wallons, la nécessité d'avoir des transports en commun plus efficaces (47,7%) et la diminution de la fiscalité (40,7%). Pour les Bruxellois, l'accroissement de l'aide aux demandeurs d'emploi vient en deuxième position (49,2%) devant des transports en commun plus efficaces (44,5%).
Là où les différences sont plus notables, c'est en ce qui concerne les visions d'avenir. Dans l'hypothèse où la Flandre devenait indépendante, 48,6% des Wallons souhaiteraient unir leur destinée avec les Bruxellois pour seulement 25,1% des Bruxellois. Dans la capitale, où la conscience d'une identité bruxelloise croît, 37,3% des personnes sondées opteraient pour l'option du district européen.
Enfin, lorsque l'on évoque les domaines dans lesquels les Régions et les Communautés pourraient avoir davantage de pouvoir (au détriment de la Belgique, donc), l'emploi sort très majoritairement en tête : 65% des Wallons et 68,4% des Bruxellois veulent davantage d'autonomie en la matière. La prochaine réforme de l'Etat a déjà fait du chemin dans les têtes.