Pour être élu, jouer des coudes

GISELE MARECHAL ET FREDERIC DELEPIERRE

mardi 31 janvier 2012, 14:22

Pour beaucoup de citoyens, les élections communales du 14 octobre 2012 sont encore loin. Mais pour les partis politiques engagés dans la bataille, c'est une tout autre histoire. La campagne électorale, elle, a bel et bien débuté. Et pour cause, les instances des partis sont plongées dans la confection de la meilleure liste possible pour remporter l'élection, décrocher des sièges supplémentaires ou simplement ne pas se prendre les pieds dans le tapis.

Et, à quelques exceptions près, ce n'est pas chose facile. Entre les nouvelles têtes à débaucher pour renouveler son électorat, les poids lourds à ménager et les boulets à envoyer paître, les exécutifs s'arrachent parfois bien des cheveux.

Pour la deuxième édition de cette série, nous avons désigné les gagnants et perdants des différentes listes électorales présentées pour l'instant dans la région de Mons-Borinage et dans la région du Centre. En effet, quelques surprises ont déjà émaillé la campagne dans ce coin-là du Hainaut. Mais ne manquez pas la semaine prochaine notre sélection dans la région de Charleroi.

Certains se voient gagnants, d'autres les voient perdants mais un au moins est partant...

Georges-Louis Bouchez

C'est un peu la surprise du chef. Au MR de Mons, certains ont cru bon organiser des primaires pour désigner la tête de liste aux communales. Richard Miller ne s'est pas présenté et l'échevin Bernard Beugnies a perdu. Le grand gagnant de l'histoire est un jeunot de 25 ans, Georges-Louis Bouchez, 25 ans. L'homme, juriste de formation, est qualifié de brillant, surdoué de la politique. Le voilà principal rival de Di Rupo. Mais au MR, les primaires ont laissé des traces au point qu'on ne veut plus en entendre parler. Déçu, Beugnies sera finalement tête de liste à la Province.

Philippe Busquin

Il n'est pas perdant puisqu'il est partant. Après avoir longuement réfléchi, Philippe Busquin ne se représentera plus aux élections communales à Seneffe. Il veut quitter la chose publique. Une de ses fiertés : avoir ramené le montant des dépenses communales de 22 millions d'euros en 2006, à 19 millions. « Seneffe est une commune où il fait bon vivre pour ses 10.000 citoyens, ajoute-t-il. Nous vivons en harmonie avec le zoning de Seneffe-Feluy, qui abrite cinq entreprises Seveso qui n'ont jamais causé d'incident. » Reste à voir si le PS local ne souffrira pas trop du départ de celui qui fut quand même président du parti.

Luciano D'Antonio

De longue date, il se dit que les communales vaudront le coup d'être suivies à Colfontaine. Bénéficiant de la majorité absolue depuis des décennies, le parti socialiste et son bourgmestre sortant Luciano D'Antonio pourraient bien devoir lutter ferme pour la conserver. En cause, la liste que compose l'ancien maïeur, écarté pour raisons judiciaires, Patrick Piérart. Autre épine dans le pied du pouvoir en place, une liste multicolore réunissant les faiseurs de voix de l'opposition, tous partis confondus. Ces derniers sont bien décidés à former, au minimum, une coalition avec un autre poids lourd. Ambiance.

Jacques Gobert

Avec 22 élus sur 41, plus un libéral (Alain Pourbaix), le PS semble bien parti pour rempiler au soir du 14 octobre. Jacques Gobert en tête de liste semble une valeur sûre, lui qui préside l'Union des Villes et des Communes et qui mène la métropole culturelle 2012. « Cette métropole doit servir à booster la dynamique économique locale », assure celui qui pense que son meilleur atout, c'est le travail effectué dans sa commune. « Sur notre liste, nous avons fait entrer 50 % de jeunes, dès la 2e place. Mais nos échevins sortants y figurent en tant que valeurs sûres. » Et ce n'est pas la perspective d'un procès (après acquittement) qui fait frémir le bourgmestre sortant.

Jean-Marc Dupont

Avec 13 sièges sur 27, le PS à Frameries s'était allié avec les dix élus CDH au lendemain des élections de 2006. Le challenge du bourgmestre Jean-Marc Dupont, qui mène la liste PS, consiste surtout à savoir quelle majorité il décrochera : absolue ou relative. Dupont compte un allié de choix sur sa liste que pousse Didier Donfut. Enfant de Frameries, celui-ci a conservé son aura dans la cité de Bosquètia. Mais, il le promet, il n'ambitionne qu'un poste de conseiller communal. L'électeur tranchera. Le PS bénéficie d'un autre allié depuis 5 ans : le CDH où l'étoile montante est Catherine Fonck. Le CDH, futur allié ou challenger ? Le 14 octobre, ce sera chacun pour soi.

Daniel Olivier

Daniel Olivier est l'un des bourgmestres de la région à qui l'opposition aura le plus cherché de poux. « Ces plaintes au parquet, ces procès me font surtout perdre du temps. Pour moi, l'essentiel, c'est de rendre un service à la population. » Avec 17 sièges sur 27, le PS devrait rempiler à la majorité. D'autant qu'une enquête de satisfaction conclut que 4 Saint-Ghislainois sur 5 aiment leur ville. Daniel Olivier a confiance en son équipe stable, où Fabrice Fourmanoit (qui lui disputa naguère la place en tête de liste) figure en bonne place. L'électeur sera maître du jeu : ou il gardera sa confiance au PS, ou il fera de ses ennemis, Écolo et CDH, les challengers au pouvoir.

Vos réactions

Je me connecte Je m'inscris

Nouveau : changement dans la procédure de connexion. En savoir plus

Quelques règles de bonne conduite avant de réagir