Sarah Turine : « Nous visons trois mayorats »
MARIE DE SCHRIJVER
jeudi 16 février 2012, 09:32
ENTRETIEN
Ecolo-Groen annoncent 15 listes communes à Bruxelles pour les élections d’octobre. C’est un message important envoyé à l’électeur ?
Nous sommes à 15 listes, il y en aura peut-être davantage. Mais il se peut qu’Ecolo aille seul, ou avec des membres de Groen sans liste commune, mais ce n’est en tout cas pas par incompatibilité. C’est dans la logique du travail commun que nous menons depuis longtemps, à tous les niveaux de pouvoir. En 2006 déjà, la question s’était posée. On retrouvait des membres Groen sur des listes Ecolo, mais seul Koekelberg avait une liste Ecolo-Groen. La crise a renforcé le sentiment de devoir dépasser les conflits communautaires. Nous voulons permettre à Groen d’augmenter sa représentativité. Nous pourrions fournir l’échevin flamand, notamment pour la culture et l’enseignement néerlandophones, mais pas seulement. Même si, dans ces matières-là aussi, il y a des enjeux. Les enseignements néerlandophone et francophone, dans les écoles communales, ont peu de contacts. L’idée est de travailler différemment, de décloisonner.
Quels sont les objectifs, les ambitions pour Ecolo-Groen en 2012 ?
2006 était une étape, un redressement. Nous sommes entrés dans six majorités à Bruxelles. L’objectif, pour 2012, est d’être dans dix majorités. C’est un fait, pour peser, il faut participer. Nous avons prouvé que le parti est crédible et légitime. Nous n’avons pas encore de bourgmestre à Bruxelles, cela peut paraître symbolique, mais nous avons prouvé que nous sommes capables. Par rapport aux communes, certaines sont stratégiques, pour différentes raisons : Ixelles et Saint-Gilles, nous y avons beaucoup d’électeurs. Bruxelles-Ville est un enjeu de par sa taille et ses compétences, les jeux y sont très ouverts, comme dans beaucoup de communes d’ailleurs. Schaerbeek est aussi un enjeu très important, qui cristallise les tensions.
Dans quelles communes visez-vous le mayorat ?
Il y a trois communes où nous estimons avoir fait nos preuves, et avoir la légitimité pour prétendre au mayorat. C’est le cas à Forest avec Evelyne Huytebroeck, et où nous sommes dans la majorité actuellement, Watermael-Boitsfort également, ou encore Ixelles où nous avons déjà participé et où nous avons la volonté de renverser la majorité.
Et à Molenbeek, où vous êtes tête de liste ?
Le CDH a quitté la liste du bourgmestre, elle ne sera plus la première, nous sommes candidats pour revenir dans la majorité.
Avez-vous des préférences en termes d’alliance ? Des Oliviers ?
Non, nous sommes ouverts à différents types de coalition. Surtout à l’échelon local, c’est aussi une question de personnes, et de pouvoir travailler ensemble. Nous voulons peser dans les choix touchant au « vivre ensemble », à la façon dont on travaille sur le plan social. A Molenbeek par exemple, il y a une méfiance entre le politique et l’associatif.
Quels sont les chevaux de bataille d’Ecolo-Groen ? Les axes porteurs de la campagne, de votre programme ?
Je dirais qu’il y a cinq enjeux majeurs qui balaient notre programme. Il y a bien sûr le développement durable et l’importance de la transition économique dans le cadre de la crise. Il y a les enjeux économiques : nous voulons mettre en place une vision différente, une économie de proximité, de service, fonctionnelle. Troisièmement, ce que nous appelons le « vivre ensemble », touchant à la jeunesse, à la cohésion sociale. Nous voulons outiller les publics. Agir au communal et au régional, en matière de langues par exemple. Mais également outiller les acteurs, revoir les formations, valoriser, décloisonner. Quatrièmement, la participation et l’information, là on touche davantage à la manière de faire : travailler avec les gens, avec les associations, et non dans son coin. Enfin, il y a l’enjeu institutionnel : la répartition des compétences prévue dans l’accord fédéral. Il faut aller plus loin, relancer le « groupe des sages ». Il faut évoquer les frontières communales, il n’y a pas de tabous. Pas avant les élections, mais le poids des communes influence le poids des électeurs, c’est un enjeu démocratique. Il y a aussi les questions de gouvernance et de cumuls qui doivent être réglées.
Et pour les zones de police ?
Nous ne sommes pas pour la fusion mais pour une police régionale complétant les polices locales.
