Crise de l'euro : « On n'a fait que gagner du temps »
Rédaction en ligne
samedi 15 mai 2010, 15:51
Selon le chef économiste de la BCE, avec le plan de sauvetage « on a gagné du temps, rien de plus ». Il plaide pour un processus de sanctions contre les Etats enfreignant les clauses du Pacte de stabilité.
En adoptant un plan de sauvetage de 750 milliards d'euros afin d'éviter une contagion de la crise grecque à d'autres Etats de la zone euro, « on n'a fait que gagner du temps, rien de plus », estime le chef économiste de la Banque centrale européenne, l'Allemand Jürgen Stark.« Quand les marchés deviennent fous, personne ne peut prévoir les conséquences. (
) Les politiques ont dû prendre rapidement des mesures pour enrayer aussi tôt que possible des développements néfastes », a-t-il expliqué dans un entretien à l'édition dominicale du quotidien d'affaires Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Mais interrogé sur l'efficacité du plan lui-même, M. Stark a estimé que l'« on n'avait fait que gagner du temps, rien de plus ». Tout cela restera sans effet, sans réforme des économies de la zone euro et sans plans d'économies, estime-t-il, plaidant en outre pour que le processus de sanctions contre les Etats enfreignant les clauses du Pacte de stabilité soit « dépolitisé ». Il cite l'exemple du gouvernement de Gerhard Schröder, qui avait réussi à échapper à une procédure pour infraction en 2003, grâce à des pressions politiques, comme l'un des facteurs qui ont conduit à la « destruction » de la discipline budgétaire dans l'UE.
M. Stark a défendu l'indépendance de la BCE, assurant qu'il n'y avait eu « aucune pression politique » sur l'Institution, lorsque celle-ci a récemment déclaré être prête à acheter des obligations publiques. « Notre indépendance n'en a pas été affectée », juge-t-il, soulignant qu'il s'agit de mesures « temporaires, qui seront légitimes au pire dans des situations d'exception, et qui devront être constamment réévaluées ».
(afp)