Selon des chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones Industrial Average a cédé 115,48 points à 9.816,49 points, un niveau qu’il n’avait plus connu depuis le 4 novembre 2009.
Le Nasdaq, à dominante technologique, a lâché 45,27 points à 2.173,90 points. L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a reculé de son côté de 1,35% (14,41 points) à 1.050,47 points.
Volatil, le marché a accéléré ses pertes en fin de séance, s’inscrivant dans la lancée des lourdes pertes de vendredi. Les trois indices majeurs avaient alors abandonné plus de 3% après les chiffres mensuels de l’emploi.
“Il n’y a pas beaucoup de nouveauté aujourd’hui. L’économie mondiale continue de traverser des perturbations”, a noté Andrew Fitzpatrick, de Hinsdale Securities.
Le marché obligataire a fini sans direction. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans s’est établi à 3,184% contre 3,195% vendredi soir et celui du bon à 30 ans à 4,124% contre 4,119%.
Les marchés européens qui avaient ouvert en forte baisse, ont cependant réussi à limiter leurs pertes à la clôture, grâce à un rebond des commandes industrielles allemandes.
Paris a terminé en baisse de 1,21 %, Londres a perdu 1,11 %, Francfort 0,57 % et Milan 0,55 %. Madrid et Lisbonne ont chuté respectivement de 1,44 % et 0,39 %. La Bourse grecque a particulièrement souffert, lâchant 5,45 %.
La première place financière en Asie, Tokyo, avait clôturé en forte chute de 3,84 %, son plus bas niveau de clôture depuis le 30 novembre 2009, entraînant à la baisse les autres Bourses asiatiques et européennes, qui avaient chuté vendredi.
« La peur autour de la crise de la dette européenne revient nous hanter car les problèmes ne sont pas réglés », a expliqué Daphne Roth, analyste de marché à ABN Amro Private Bank à Singapour, citée par Dow Jones Newswires.
Le FMI a d’ailleurs appelé les pays de la zone euro à renforcer et à centraliser davantage les processus de décision au sein de l’union monétaire. « Le cadre budgétaire de la zone euro doit être considérablement renforcé pour parvenir à la responsabilité budgétaire collective exigée pour qu’une union monétaire fonctionne correctement », a-t-il estimé.
Les investisseurs restaient marqués par les déclarations alarmistes, jeudi, de hauts responsables du parti au pouvoir en Hongrie sur la situation économique du pays.
Pour autant, le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a indiqué lundi n’avoir « aucun élément particulier d’inquiétude » concernant la situation financière de la Hongrie et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a rejeté toute comparaison entre la situation budgétaire catastrophique de la Grèce, et celle de la Hongrie.
Malgré ces commentaires se voulant rassurants, l’euro continuait à perdre du terrain face au dollar lundi, effaçant son rebond de la matinée, les cambistes optant pour la prudence en l’absence d’indicateurs majeurs, avec la Hongrie dorénavant dans leur ligne de mire.
Vers 16H20 GMT (18H20 à Paris), la devise européenne valait 1,1957 dollar, contre 1,1972 dollar vendredi à 21H00 GMT, après être tombée à 1,1877 dollar, son plus bas niveau depuis le 10 mars 2006.
Sur le front des obligations, la situation restait relativement calme, avec un taux à dix ans de 8,114 % pour la Grèce et de 5,173 % pour le Portugal.
Signe de la défiance qui continue de régner sur les marchés, les banques de la zone euro ont déposé dans la nuit de dimanche à lundi un nouveau montant record à la Banque centrale européenne (BCE), préférant ainsi s’assurer un rendement, certes bas, mais sûr.
Réunis à Busan (Corée du Sud) vendredi et samedi, les ministres des Finances et banquiers centraux des pays riches et émergents du G20 se sont félicités pour leur part d’une reprise économique « plus rapide que prévu », mais n’ont pas discuté de la baisse de l’euro, selon le ministre britannique des Finances.
Par ailleurs la rencontre prévue lundi à Berlin entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy a été reportée au lundi 14 juin à la demande des Allemands.
M. Sarkozy et Mme Merkel doivent préparer le sommet européen de Bruxelles le 17 juin et discuter de la coordination économique européenne.
AFP