Donaldson : deux plaintes contre Modrikamen
Pasal Martin
vendredi 11 février 2011, 08:11
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Le 24 mars 2010, une perquisition était menée chez Mischaël Modrikamen, soupçonné d’avoir blanchi de l’argent à travers la faillite de la société de confection Donaldson. Deux plaintes relancent l’affaire. Par Pascal Martin
Mischaël Modrikamen, Le Soir (Pierre-Yves Thienpont)
Va-t-on vers un rebondissement dans l’affaire Donaldson ? Deux plaintes viennent en effet d’être déposées contre Mischaël Modrikamen, le président du Parti populaire (PP), défenseur des « petits actionnaires » dans l’affaire Fortis, mais aussi cheville ouvrière de la relance manquée de Donaldson dans les années 2000.
C’est en tant que président du Conseil d’administration de cette société spécialisée dans la confection et la vente de vêtements BCBG que Mischaël Modrikamen avait été perquisitionné en mars 2010. L’enquête avait été menée par le juge d’instruction Michel Claise qui s’interrogeait sur un mouvement d’argent en provenance d’une société uruguayenne – Ridfell Investments. Quelques mois auparavant, Donaldson avait déposé son bilan.
Depuis, plus de nouvelles. Deux plaintes viennent cependant d’être déposées coup sur coup contre Mischaël Modrikamen.
Plainte de Marcy Szwarcburt, le créateur de la marque Donaldson
La première émane de Marcy Szwarcburt, le créateur de la marque Donaldson, sorti de l’affaire en 2006. Szwarcburt estime avoir été escroqué. Il n’en dit guère plus, affirmant « attendre d’avoir tous les éléments de l’instruction avant de s’exprimer publiquement ».
Plaint de Charles-Henri Weil, un homme d’affaires
L’autre plainte a été déposée par Charles-Henri Weil, un homme d’affaires français domicilié à Sion, en Suisse. Weil, qui nous a longuement reçu à Paris, a injecté 8,7 millions d’euros dans Donaldson à partir de décembre 2006, via sa holding Ridfell Investments. De l’argent, beaucoup d’argent investi en pure perte, à l’en croire. C’est le même argent qui a suscité en 2010 la curiosité du juge Claise. Inculpé lui aussi, Weil plaide le bon droit et accuse son ex-partenaire Mischaël Modrikamen d’« escroquerie dans le cadre d’évaluation d’affaires ». Il affirme ne s’être pas concerté avec l’autre plaignant, Marcy Szwarcburt. Lequel confirme.
De toute évidence, Charles-Henri Weil ne porte pas Mischaël Modrikamen dans son cœur. Il l’accuse de lui avoir présenté en 2006 Donaldson comme une affaire « juteuse ». L’avocat d’affaires bruxellois cherchait alors des investisseurs pour renflouer la marque au logo Walt Disney. Et Charles-Henri Weil en était devenu le principal actionnaire à hauteur de 32,06 % – de la Brussels Luxury Holding (BLH) en réalité, société qui détenait 100 % de Donaldson and Partners, et dont Modrikamen était administrateur et actionnaire.
La faillite de Donaldson
Mais les choses vont prendre une toute autre tournure. Le 21 octobre 2008, Donaldson est déclarée en faillite. Mischaël Modrikamen explique alors que la conjoncture est mauvaise et que, malgré tous les efforts déployés, la société n’a pu retrouver la voie du profit.
Aujourd’hui, Charles-Henri Weil ne veut plus se contenter de cette explication. Il dénonce le triple rôle joué par Mischaël Modrikamen dans Donaldson : conseil, président du Conseil d’administration et actionnaire via BLH. Autrement dit, l’avocat qui lui a conseillé d’investir dans Donaldson était aussi personnellement – et financièrement – intéressé dans ladite affaire. Weil évoque encore « le flou qui entourait la comptabilité de Donaldson ». Et pose la question : « Où est passé mon argent ? En dépit de la vente des pas-de-porte, notamment ceux du Boulevard de Waterloo et de Knokke, je n’ai jamais vu le moindre euro ».
Pour établir ce qu’il comprend comme de la duplicité, Charles-Henri Weil nous a remis une lettre datée du 29 novembre 2007 et signée par Mischaël Modrikamen. On y trouve le détail des différents apports financiers consentis par Ridfell dans Donaldson. Précision : cette lettre n’émane pas du président du CA de Donaldson, mais du cabinet d’avocats Modrikamen. Une confusion des genres « inacceptable » pour Charles-Henri Weil, qui pointe notamment l’utilisation du compte Carpa de l’avocat dans la gestion de la société.
Et si tout cela n’était qu’un règlement de comptes dans le milieu du textile ?
La plainte de Charles-Henri Weil a été déposée neuf mois après la descente du 24 mars 2010 organisée par le juge Claise. Pourquoi avoir tant attendu ? « Parce que, nous dit Weil, pour l’instant, Mischaël Modrikamen fait n’importe quoi. Son cabinet d’avocats s’est complètement éclaté. Si je veux récupérer de l’argent, il ne faut pas le laisser faire n’importe quoi. » Sa démarche a pour but de relancer la justice.
Comme un retour de boomerang. Car en mars 2010, c’est Mischaël Modrikamen qui avait déposé plainte pour « calomnie et dénonciation calomnieuse à l’autorité contre X ». Weil et Szwarcburt étaient de toute évidence visés.
Le 25 mars 2010, une confrontation avait également été organisée entre Modrikamen et Weil. Un vent favorable nous en a livré le compte rendu. S’agissant d’une enquête sur le blanchiment d’argent, le juge Claise s’était enquis de savoir si Mischaël Modrikamen avait fait un travail d’information sur l’origine du patrimoine de la société Ridfell. Son objectif était bien de déterminer si l’argent confié à Donaldson était « propre ».
Aujourd’hui, la réponse à cette interrogation fait toujours défaut. Il faut attendre le rapport d’audit commandé par le juge Claise. Charles-Henri Weil nous a assuré n’avoir rien à cacher en ce qui concerne l’origine des fonds investis dans Donaldson. Il dit avoir hérité d’une somme d’environ 33 millions d’euros de sa mère en 1999, auxquels s’ajouteraient 15 millions d’euros glanés grâce à son travail dans la finance. De l’argent confié, insiste-t-il, à des grandes banques ayant pignon sur rue. Sans tache.
Weil accuse en revanche Mischaël Modrikamen de ne pas avoir pris les informations qu’exige la loi quant à l’origine des fonds : « Il aurait (dû) demander les statuts de Ridfell et tout. Il n’a aucune connaissance (de cela) ».
Précision utile : après y avoir été inscrit, l’Uruguay (où est établie la holding Ridfell de Charles-Henri Weil) a été retiré de la liste noire des paradis fiscaux en 2009.
Difficile de ne pas voir dans la plainte de Charles-Henri Weil un désir de revanche, mais aussi la volonté de reprendre la main sur le terrain judiciaire. L’homme d’affaire français ne décolère pas. A 74 ans, physiquement diminué après avoir subi une opération du cervelet, il n’a rien à perdre. Il reste persuadé que Donaldson pouvait être une bonne, une très bonne affaire. Mais que les malversations d’un homme ont conduit à l’échec.
Charles-Henri Weil a-t-il bon espoir de récupérer son argent ? La réponse cingle : « Il (Modrikamen) vendra tout. Un type comme ça ne mérite pas d’être avocat. Le mal de la société actuelle est le mal des soi-disant chefs. Quand ils sont mouillés par l’argent. »
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Il est vraiment phénoménal ce Modrikamen!
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Amusant d'avoir une pub BNP Paribas Fortis juste en-dessous de cet article ;-)
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Formidable Ce type se croyait dans "Dallas", il jouait en fait simplement dans " La vérité si je mens"...
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Tiens, le "chevalier blanc" ne serait il pas si blanc que ca?Etonnant...
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MODRIKAMMEN EST TELLEMENT BLANC QU'IL EST DEVENU LE BOUC ÉMISSAIRE. <br/> <br/>PAR CONTRE BNP PARIBAS EST UN BANQUE POURRIE DIRIGÉE PAR UN REQUIN NOTOIRE EN COLLUSION AVEC L'AUTRE MALADE DE SERVICE QUI EST DIDJÉ.