Pour Davignon, les riches doivent être taxés plus
CORENTIN DI PRIMA
vendredi 26 août 2011, 11:40
INTERVIEW « Dans le climat populiste préoccupant actuel, il ne faudrait pas que les gens estiment que les sacrifices sont inégalement répartis », estime l’homme d’affaires.
© Belga
Vous affirmez dans le Standaard que vous être favorable à un impôt, temporaire, visant les plus riches. Pouvez-vous expliquer ?
Mon point de vue se situe exclusivement dans le contexte européen et belge de revenir à une bonne santé de la fiscalité des Etats. C’est à la fois une nécessité et un intérêt général, mais ça ne se produira pas sans effort. Qui doit participer à l’effort ? C’est clair : la puissance publique. Elle ne peut pas simplement dire « les autres vont le faire « et ne pas imaginer que ça aura un impact négatif sur la croissance. Elle doit faire sa part de réformes structurelles, d’économies. Il y a évidemment une part supplémentaire qui ne sera pas faite par l’Etat… donc qui sera faite par nous ! Se pose alors la question : comment est-il légitime de répartir cet effort supplémentaire ? Il est de bon sens que les gens ne soient pas touchés de la même manière. Celui qui gagne 2-3000 euros va souffrir davantage que quelqu’un qui gagne plus, évidemment.
C’est faisable ?
Il faut rester attentif à ce que les entreprises restent saines. Et dans le climat populiste préoccupant actuel, il ne faudrait pas que les gens estiment que les sacrifices sont inégalement répartis.
Vous n’êtes donc pas de ceux qui estiment qu’on est trop taxé en Belgique ?
Tout le monde sait que la Belgique se trouve dans le peloton de tête de la fiscalité en Europe. Je ne veux pas rentrer dans le débat. Dans la situation actuelle, il faut voir comme atteindre l’objectif de réduction des déficits et par rapport à ça de voir qui peut contribuer comment. Il y a des contributions pénibles, personne ne peut imaginer que je suis masochiste de nature, mais il y a moyen que les conséquences ne soient pas les mêmes pour tout le monde.
Pensez-vous comme Roland Duchâtelet, qu’il y a des bonnes et des mauvaises taxes ?
Je pense effectivement qu’il faut faire attention. Il faut se poser la question de la sauvegarde de l’épargne, qui est constituée après prélèvement fiscal. Donc, d’une certaine manière, vous payez deux fois ! Comme Didier Reynders l’a dit, à ce moment-là, il faut se reposer la question des droits de succession, etc. Je n’ai pas de légitimité pour dire aux gens ce qu’ils doivent faire et ce qui est bien et pas bien. Mais comme Roland Dûchatelet l’a dit, il faut qu’on soit sûr de l’efficacité et du bon sens de la mesure qu’on prendra. Je veux bien participer au débat, le moment venu.
La réponse de l’Union européenne à la crise est-elle bonne, selon vous ?
C’est une question difficile. Si on regarde ce qui est fait : si, il y a un ici, on avait dit qu’on pourrait constituer un fonds de dizaines de milliards, on aurait dit « impossible « . Mais c’est gâché par le sentiment qu’ont les gens qu’on fait tout ça contraint et forcé, et ça enlève une grande partie du mérite à la crédibilité des mesures qui sont prises, qui sont pourtant efficaces.
Assiste-t-on à un basculement, avec les difficultés qu’ont les Etats-Unis à prendre des mesures pour enrayer l’augmentation d’une dette abyssale ?
Un problème nouveau des Etats-Unis, c’est le Tea Party. Les inepties qu’il dit et l’importance politique qu’il prend dans le débat, on constate combien la société qui nous entoure a changé. On assiste, là aussi, à un réflexe populiste. L’intérêt général a toujours été un des facteurs forts de leur capacité à gérer. Obama a proposé un grand plan pour assainir les finances publiques de manière consensuelle. Le leader républicain a d’abord donné des signes positifs, mais sous la pression du Tea Party, il n’a pas pu aller plus loin. La capacité de décider, comme tenu de ce climat populiste, est devenue réduite.
D’un autre côté on a vu le milliardaire, Warren Buffet, demander à payer plus d’impôts. C’est nouveau aussi, ça…
Aux Etats-Unis, le sentiment qu’ont les gens aisés qu’ils doivent rendre à la société est plus grand qu’en Europe. On le voit à travers le financement des universités, des activités culturelles, etc. Le sentiment que le citoyen américain n’est pas indifférent à la manière dont son pays fonctionne est différent qu’ici.
En France, plusieurs grands patrons ont aussi demandé à payer plus d’impôts.
C’est lié à l’urgence de la situation et au ras-le-bol des gens, qui ont l’impression qu’ils vont supporter tous les sacrifices…
Propos recueillis par Corentin Di Prima
Vos réactions
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suitte ???? man
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Qui va croire qu'ils vont accepter de se tirer une balle dans le pied ? http://www.youtube.com/playlist?list=PL2972ADA138FAB928 Man
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pour terra incognita Comme beaucoup de forumers, vous émettez des affirmations péremptoires. Aucune étude ne permets d'affirmer que la niche Copé n'a pas eu d'effets bénéfiques. Elle aurait empêché la délocalisation d'activités (sans créer plus d'emplois) qu'elle serait déjà bénéfique. Pourquoi la plupart des pays voisins la pratiquent-ils si ses conséquences sont si mauvaises ?
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@DBox pour le com 55 Je pense qu'à 80% il n'y aurait plus de riches! et en plus qu'est ce qu'un riche? il faut une limite... ce qui veut dire que pour un euro de difference on est riche ou pas riche? difficile a mettre en oeuvre cette taxe non?
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Ce monsieur a été président du think-thank (sic) Bilder berg qui réunit les financiers, banquiers, ultra-riches, dirigeants de multinationales et patrons des médias, du monde entier, chaque année, dans le plus discret secret. Il noie le poisson. Ce qu'il défend avant tout, ce sont les riches. Faut-il croire que ceux-ci vont accepter, sans contrepartie, d'être plus taxés? Ou faut-il penser que de cette manière, on fera passer plus facilement toutes les mesures anti-sociales et l'appauvrissement du plus grand nombre? Sous prétexte qu'ils contribueront à l'effort général? Ah oui! Et depuis combien d'années?