Une PME belge sur trois a quelque chose à déclarer à la douane
ERIC RENETTE
mardi 18 octobre 2011, 07:16
30% des PME belges sont confrontées à des problèmes de dédouanement hors de l’Europe alors que c’est là que se trouvent les nouveaux marchés. Par Eric Renette
©René Breny - Le Soir (image d’illustration au salon de la communication des PME)
Une PME belge sur trois a quelque chose à déclarer à la douane : c’est qu’en dehors de l’Europe, ça coince. Or, c’est en dehors de l’Europe que se trouvent les nouveaux marchés.
Une étude réalisée pour l’Unizo (classes moyennes flamandes) et DHL auprès de 500 PME belges de moins de 200 salariés le démontre. Dans un petit pays qui se revendique carrefour de l’Europe, l’import/export est une qualité cardinale : 85 % des PME interrogées y ont recours (68 % exportent, 61 % importent). Mais ce sont les pays limitrophes qui captent la majorité des mouvements : France (74 %), Allemagne (46 %) et Pays-Bas (44 %).
L’Afrique (10 %), l’Asie-Océanie (10 %), le Moyen-Orient (6 %) et l’Amérique du Nord (5 %) arrivent loin derrière. « La Belgique exportait et importait énormément vers et depuis les États-Unis. Ces dernières années, nous observons un glissement géographique en direction de l’Asie, essentiellement la Chine et Hong Kong », analyse Gerrit De Sterck (DHL Express).
Sans surprise, les Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) occupent le hit-parade des perspectives d’avenir. Mais c’est là que l’import-export peut tourner au parcours du combattant, précise l’étude. Une PME sur trois (35 %) qui exporte hors de l’Europe rencontre des problèmes de dédouanement. « C’est une barrière qui peut influencer la volonté de passer à l’export ou pas », résume Gijs Kooken (Unizo).
Les PME confrontées aux problèmes disent, dans 49 % des cas, avoir des problèmes à trouver une information et 17 % reconnaissent consacrer plus d’une heure à leur trouver une solution. Dans les classiques du genre, la Russie s’avère administrativement très stricte (certains y verraient même une forme de protectionnisme), la Chine exige le numéro de registre de la société d’accueil ou de départ, le Pérou réclame une facture en espagnol…
Conséquence : si 86 % des PME disent ne pas avoir eu de dommages à cause des problèmes de dédouanement, ceux qui en ont subi relèvent des pertes de confiance du partenaire local (3 %) mais aussi de réelles pertes financières (8 %), majoritairement évaluées à moins de 10.000 euros par an (74 % de ceux qui ont eu des pertes) mais pouvant grimper à plus de 250.000 euros (2 %).
Les services de la douane belge ont saisi l’importance de ces problèmes. Ils assurent tenter de simplifier les arcanes administratifs, quand c’est possible. Différents documents pédagogiques expliquent les situations les plus fréquentes sur le Net. Ils devraient être prochainement regroupés de manières plus visibles. Mieux, les douanes belges ont également accepté de participer au séminaire, organisé pour les PME, par Unizo et DHL, sur le thème « transport et douane : rien à déclarer » le 29 novembre prochain


















