Le taux belge dépasse 5,50 %
Rédaction en ligne
mercredi 23 novembre 2011, 18:22
Nouveau record pour le taux d’emprunt à 10 ans de l’Etat belge, qui dépassé les 5,50 %. Les conséquences en cascade pour le portefeuille des Belges risquent d’être très lourdes.
© Belga
Le taux des obligations d’État à dix ans continue à grimper mercredi, dépassant les 5,50 %. Le taux à long terme a pris cinq points de base, à 5,13 %. Le taux sur les obligations à deux ans a également augmenté, dépassant les 4 %. Le taux d’autres pays, comme la France, est également en hausse. Le taux allemand, lui, baisse. Cela signifie que la différence entre ce que les marchés demandent pour prêter de l’argent à Berlin, et ce qu’ils demandent pour prêter à la Belgique, atteint un nouveau record. Le spread est en effet de 321 points de base.
L’Agence de la dette étonnée
L’Agence de la dette s’est dite étonnée de l’augmentation du taux des obligations belges à long terme, le Royaume enregistrant une hausse nettement plus forte que les autres pays européens.
Outre la crise de l’euro, l’absence de gouvernement pèse désormais dans la balance, a commenté Jean Deboutte, le directeur de l’Agence de la dette.
« Un accord de gouvernement serait certainement positif, mais ce n’est pas ça qui va nous faire redescendre vers 4 % », a ajouté Anne Leclercq, directrice de la trésorerie et des marchés des capitaux.
Conséquences multiples
Le budget. La hausse du taux des obligations belges à dix ans a un effet mécanique sur le budget : un taux passant de 4 % (comme en septembre dernier) à 5 % engendre un surcoût annuel de plus de 350 millions d’euros (sans doute 390 pour 2012), sous forme d’alourdissement de la charge d’intérêt de la dette (actuellement de 11 milliards d’euros par an). Sur dix ans, l’effet est encore plus spectaculaire puisque la facture flirte avec les 4 milliards d’euros.
Les avoirs des Belges. Une augmentation du taux des obligations à dix ans n’est en fait que le reflet d’une baisse des prix de ces obligations. Conséquences : de nombreux produits financiers comme des sicav qui contiennent de la dette belge, seront touchés par cette dégradation du prix, indique Julien Manceaux, économiste chez ING.
Les taux hypothécaires. Le gonflement de la prime de risque de l’Etat belge pourrait s’étendre aux banques belges et, par ricochet, aux crédits hypothécaires. « Si cela perdure, si le taux des obligations belges continuent de monter, les crédits hypothécaires pourraient également voir leurs taux s’apprécier », explique Julien Manceaux, économiste chez ING.
Une nouvelle épine pour les négociateurs gouvernementaux
Un souci de taille. Et des problèmes en perspective pour le prochain exécutif. Car, au-delà du souci budgétaire qui apparaît, se pose la question, plus fondamentale, de savoir si des investisseurs achèteront de la dette belge. Même à 5 %. Car les échéances sont importantes. « En 2012, la Belgique devra emprunter 38 à 39 milliards pour le long terme et 40 milliards pour le court terme », précise Anne Leclercq. Soit quelque 80 milliards d’euros. Rien d’anormal. Sauf dans le contexte actuel. Selon nos informations, les investisseurs américains et asiatiques ont progressivement cédé leurs papiers belges et, désormais, les Européens les suivent. La dette « s’internalise » donc. Négatif ? Pas en soi mais cette désaffection internationale s’accompagne d’une hausse des taux. Une spirale négative en quelque sorte. A laquelle risque de contribuer le dossier Dexia. Le holding vacillant a besoin de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Dont 54 sous garantie de l’Etat belge. Au total, dans les prochains mois, 134 milliards d’euros seront par conséquent appelés sur les marchés. Sous le label Belgique.
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C'est qu'il va leur falloir beaucoup de courage à nos politiques pour nous défendre, car l'Europe est actuellement gérée par une sorte de nouveau directoire financier mondial - totalement antidémocratique. Aujourd'hui, ce sont des banquiers - non élus ! - formés aux Etats-Unis qui gèrent La Grèce (Papademos) et l'Italie (Monti). Ajoutons Draghi à la BCE qui gère carrément l'ensemble de la zone euro !
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DONC, il faudrait un peu de courage et d'unité de la part de nos politiques européens pour qu'ils permettent à nouveau les emprunts d'Etat, en abrogeant, par exemple, l'article 123 du Traité de Lisbonne, qui interdit au trésor public d'emprunter directement à la Banque Nationale à un taux faible ou nul.
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@ 31]sardonie2010 - J'aime beaucoup votre question / solution : recourir à l'épargne intérieure comme au Japon (cela ne veut pas dire qu'il faut en profiter pour déraper budgétairement). Quelques financiers/juristes/lobbyistes astucieux sont parvenus à faire interdire aux Etats européens le recours au financement d'Etat (qu'ils qualifient de "cheap money") au profit des banques, surtout de la zone dollar qui en a beaucoup à placer (petrodollars notamment), mais aussi de certaines banques européennes. Ces mêmes financiers sont en position de diviser les Etats européens en leur imposant des taux différents, tout en gagnant beaucoup d'intérêts (les "yields" ou rendements). Parallèlement, ils culpabilisent la population en désignant notre système de protection sociale. Qu'on paie des impôts pour la sécu, d'accord, c'est utile, mais pas pour des intérêts qui ne servent à rien dans l'économie réelle.
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La Stratégie du Choc - En dehors des spasmes électoralistes à la mords-moi-le-noeud qui commencent réellement à me pomper l'air, je ne pense pas qu'un Olo à 6% puisse tant émouvoir nos politicars de pacotilles. Après avoir choqué le citoyen et imposé un diktat financier sans précédent, un "juste" retour sera alors possible via des intérêts rédhibitoires aux habituels pourfendeurs de fonds nationaux. "En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi." Franklin D. Roosevelt, président (un vrai) des Etats-unis de 1932 à 1945.
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