Dexia : les syndicats avaient prévenu les dirigeants
Rédaction en ligne
lundi 09 janvier 2012, 22:22
« La stratégie de Mariani manquait de transparence et était centralisée sur quelques personnes » a accusé le SETCa. Les syndicats ont regretté devant la commission spéciale sur le démantèlement de Dexia, que leurs nombreux avertissements soient restés lettre morte.
©Belga
Les syndicats SETCa, LBC-NVK et CGSLB ont épinglé devant la commission spéciale de la Chambre sur le démantèlement de Dexia, la manière dont le groupe franco-belge a été géré au cours des dernières années, regrettant également que leurs nombreux avertissements adressés aux dirigeants, administrateurs et régulateurs soient restés lettre morte.
« La stratégie de Pierre Mariani manquait de transparence et était centralisée sur quelques personnes, dont le consultant Bain. C’était une gouvernance à la française », a résumé Luigi Franco, représentant du SETCa, à l’issue d’un exposé très détaillé sur la situation de Dexia au cours des dernières années. Selon le responsable syndical, Dexia est sortie trop vite de la garantie des Etats. En outre, l’énorme portefeuille du groupe franco-belge n’a pas été réduit suffisamment rapidement après la crise de 2008 et cette réduction n’a pas assez porté sur des postes à long terme.
« C’est incohérent par rapport au constat de M. Mariani qui a dit avoir hérité avec Dexia d’un hedge fund », a commenté le responsable syndical, par ailleurs ancien employé de Dexia Banque Belgique. Les responsables syndicaux ont indiqué avoir adressé, en vain, de nombreux avertissements aux dirigeants du groupe, aux administrateurs et aux régulateurs. « Nous n’avons pas été entendus. On attendait seulement de nous que nous encadrions les choses lors d’une restructuration. Nous avons poussé des cris dans le désert », a expliqué Luc Soete, représentant du syndicat LBC-NVK.
« Dexia a surtout été victime d’une stratégie de croissance débridée »
Le responsable du syndicat chrétien s’est quant à lui surtout montré très critique par rapport à la gestion du groupe opérée avant 2008, sous la direction de Pierre Richard et d’Axel Miller. « Dexia a surtout été la victime d’une stratégie de croissance débridée », a estimé M. Soete, en référence aux nombreuses acquisitions opérées dans les années 2000. Pour M. Soete, la décision, prise au printemps 2011 par M. Mariani, d’accélérer la réduction du portefeuille obligataire n’était « pas une mauvaise décision mais était beaucoup trop tardive ».
Les trois responsables syndicaux ont encore pointé du doigt le rôle, néfaste pour Dexia Banque Belgique selon eux, joué par les partenaires français au sein de Dexia et les volontés de croissance débridée de la filiale française Dexia Crédit Local, qui a compensé son absence de dépôts en puisant dans les liquidités de la banque belge. « Stéphane Decraene (patron de DBB jusqu’à l’été 2011, ndlr) nous a toujours dit qu’il s’en irait le jour où il ne pourrait plus défendre DBB. Le jour où il est parti, on savait où on allait… », a laissé entendre Alfred Goeffers, représentant du syndicat libéral CGSLB.
Ce sont surtout les employés qui ont souffert des déboires de Dexia, selon les syndicats, qui ont évoqué des cas de burn out dans le chef des travailleurs, le regard de l’opinion publique ainsi que les centaines de licenciements survenus au sein du groupe Dexia depuis l’automne 2008. « Le personnel, dans les événements que l’on vit, il souffre. Il continue à faire son boulot la tête haute. Il ne faut pas mélanger les travailleurs avec les décideurs », a estimé Luigi Franco, là où Luc Soete a évoqué pour sa part « trois années de misère pour le personnel qui s’est senti trompé et trahi ».
« Aujourd’hui, nous ne sommes pas rassurés par rapport à l’avenir de Dexia Banque Belgique car nous dépendons fortement des liens qui subsistent avec le groupe Dexia. 22,6 milliards d’euros de prêts intragroupes doivent encore être remboursés. Si cet argent n’est pas reversé à DBB, nous aurons un problème important. Et l’Etat belge aussi », a conclu M. Soete.
Belga
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 0 0 NON | |
|
|||
" Dexia a surtout été la victime d'une stratégie de croissance débridée ", sous la direction de Pierre Richard et d'Axel Miller. Pourquoi les syndicats ont-ils félicité Axel Miller lors de son départ? Ces dirigeants ont "acheté" le personnel en leur attribuant des primes faramineuses. Aujourd'hui, les dirigeants de Dexia Holding en perçoivent encore les miettes : 45.000 euros qui ne représentent "que" 10% des primes annuelles attribuées dans le passé. 450.000 euros ... merci patron, et mes félicitations.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 3 2 NON | |
|
|||
Derrière la façade d'une "saine concurrence" entre "partenaires" européens se cache une véritable guerre économique où tous les coups sont permis. Cela au lieu de s'unir contre nos "amis" américains et leur cheval de Troie britannique. Mais le véritable enjeux réside dans le contrôle des ressources de la planète, afin de préserver le niveau de vie de quelques-uns, dont nous ne feront bientôt plus partie si nous restons divisés. Car malheureusement, un partage équitable au bénéfice de tous semble bien n'être qu'une utopie contraire à la nature humaine.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 9 3 NON | |
|
|||
Les syndicats sont tout à fait dans leur rôle ! Car il est juste qu'ils se soucient du sort de leurs affiliés et mettent en évidence ce qu'ils ont subis ! N'oublions en outre ce qui était le plus criant, à savoir les 100 millions d'euros que le 'cabinet Bain' a facturé pour des travaux de consultance réclamé par Mr Mariani ! On ne saurait le dire trop, tellement la somme semble astronomique !
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 12 4 NON | |
|
|||
Il eut été + utile que les syndicats transmettent cette info vers le public au moment ou cela se passait...pourquoi ne l'ont-il pas fait ? Voilà la bonne question...étaient-ils complices de la loi du silence...
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 10 10 NON | |
|
|||




















Avant le crash je n'ai pas entendu la voix des syndicarts. Après cela semble un peu facile.