La France perd son triple A, l'Italie et l'Espagne dégradés de deux crans
Rédaction en ligne
vendredi 13 janvier 2012, 16:51
En tout, neuf pays de la zone euro ont été dégradés par l'agence de notation Standard & Poor's. La France et l'Autriche perdent leur "triple A" et passent à "AA+". Les notes de l'Italie et de l'Espagne ont été dégradées de deux crans, passant respectivement à "BBB+" et "A-" tandis que l'Allemagne conserve son "triple A" et la Belgique son "AA+".
EPA
La note souveraine de la France a été dégradée par l'agence Standard & Poor's, tandis que l'Allemagne conserve son "AAA". Le ministre français de l'Economie François Baroin l'a confirmé au 20h de France 2: "La France a reçu notification de la baisse d'un cran" et passe donc de "AAA" à "AA+". La note de l'Autriche a eu la même sort tandis que celle de l'Italie a été dégradée de deux crans, passant de "A" à "BBB+", soit la même notation que l'Irlande, la Russie ou le Pérou. C'est la première fois que l'Italie passe dans la "série B". Standard & Poor's avait déjà abaissé en septembre dernier la note de l'Italie de A+ à A, une décision qu'elle avait justifiée par l'instabilité du gouvernement Berlusconi et les hésitations sur les mesures d'austérité. La note de l'Espagne a elle aussi été dégradée de deux crans et passe à "A". Le Portugal passe de "BBB-" à "BB", la Slovénie passe de "AA" à "A+" et Chypre passe de "BBB" à "BB+".
L'Allemagne, elle, passe d'un "triple A" avec perspective négative à un "triple A" stable, c'est donc une amélioration. La note de la Belgique reste inchangée. Les Pays-Bas, la Finlande et le Luxembourg, comme l'Allemagne, conservent leur "triple A". Standard & Poor's (S&P) menace depuis le 5 décembre d'abaisser la note de 15 Etats de la zone euro, dont les six notés « triple A » (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Luxembourg et Pays-Bas), une distinction qui leur permet d'emprunter à moindre coût sur les marchés de la dette.
Vous pouvez trouver une carte des notations financières des pays européens par S&P sur le site du Monde et sur le site de Libération.
De façon générale, la perte de leur "triple A" par deux des six pays de l'Union monétaire qui en bénéficiaient jusqu'ici risque d'avoir de fâcheuses conséquences pour le Fonds de secours financier mis en place par la zone euro pour aider les pays fragiles, le FESF. Ce mécanisme pourrait en effet perdre à son tour la note d'excellence dont il bénéficie encore auprès de Standard & Poor's, car cette dernière est calculée en fonction de l'évaluation des pays de l'Union monétaire qui garantissent le Fonds, et tout particulièrement celles des pays les mieux notés. Cela renchérirait les coûts d'emprunt de ce dispositif, chargé de lever de l'argent sur les marchés à un taux avantageux pour les pays fragiles, et pourrait donc rendre la facture plus salée pour toute la zone euro.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle", a commenté le ministre français de l'Economie François Baroin sur France 2, admettant que "c'est une demi-surprise". "Il faut garder beaucoup de sang-froid", a souhaité M. Baroin. "Il ne faut surtout pas affoler les Français". Pour S&P, "c'est clairement la zone euro" qui est en cause, a-t-il assuré. Ce qui est sanctionné, d'après lui, c'est "l'équilibre général du fonctionnement d'une zone monétaire qui n'est pas optimal". Le ministre français de l'Economie a précisé qu'il n'y aurait "pas de nouveau plan de rigueur", jugeant que "ce qui devait être fait a été fait". "Ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique de la France" a-t-il ajouté, "nous sommes dans la bonne direction".
Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a "regretté la décision aberrante de Standard and Poor's", qui a abaissé la note de neuf pays de la zone euro vendredi, dans un communiqué. "Après avoir vérifié que le moment n'a pas été choisi au hasard, je regrette la décision aberrante prise aujourd'hui par Standard and Poor's concernant la note de plusieurs pays de la zone euro, au moment où celle-ci agit de manière décisive sur tous les fronts pour répondre à la crise", écrit-il.
Le ministère allemand des Finances a assuré que la zone euro allait "stabiliser" ses finances et "rétablir la confiance des marchés", dans un communiqué diffusé vendredi soir après l'abaissement de la note de neuf pays de la zone par Standard and Poor's. "Notre volonté d'assainir les finances publiques et notre détermination pour contribuer à surmonter la crise de la dette dans la zone euro ne peut être mise en doute", a ajouté le ministère. "Avec la mise en oeuvre des décisions du sommet (de l'UE en décembre, ndlr) et l'accord contraignant sur des règles fiscales concrètes, nous allons stabiliser les finances des membres de la zone euro de façon durable et regagner à nouveau la confiance des marchés dans la zone euro et la renforcer de façon durable", a affirmé le ministère. "Nous avons constaté récemment que les marchés avaient déjà pris note de cela de façon positive", a-t-il souligné.
Les places financières européennes sont tombées dans le rouge vendredi en début d'après-midi après la diffusion de ces informations, mais les pertes ont été limitées. Paris a clôturé sur un léger recul de 0,11%. L'euro a aussi accusé une forte baisse par rapport au dollar.
Les banques suspendent les paiements à la Grèce
Une autre mauvaise nouvelle pour l'Europe est arrivée d'Athènes, épicentre de la crise de la dette depuis début 2010. Les banques ont annoncé qu'elles suspendaient leurs négociations avec la Grèce sur les modalités de la restructuration de sa dette publique. Elles ont laissé entendre qu'elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie. L'Institut de la finance internationale (IIF), lobby mondial des banques, affirme qu'"en dépit des efforts des dirigeants grecs", la proposition des banques d'abandonner 50% de la dette de l'Etat grec en leur possession "n'a pas abouti à une réponse ferme et constructive de la part de toutes les parties".
"Dans ces conditions, les discussions avec la Grèce [...] sont suspendues pour permettre une réflexion sur les bénéfices d'une approche volontaire", a ajouté l'IIF dans un communiqué. Les créanciers privés de la Grèce s'étaient engagés le 27 octobre auprès des dirigeants de la zone euro à renoncer d'eux-mêmes à recouvrer environ 100 milliards d'euros sur leurs créances afin d'éviter une faillite incontrôlée du pays.
(DZ avec afp)
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A quand un bras d'honneur de nos politiciens à ces ....;;..?
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"S&P menace de dégrader tous les pays de la zone euro"... mais qui sont ces gens qui se donnent un tel pouvoir ? Pourrait-on mettre en place un audit chez ces nouveaux maîtres de l'ordre mondial ? Savoir qui ils sont, comment ils travaillent,...
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Comment peut-on laisser des agences de notation américaines saper notre économie ? C'est suicidaire. Et l'Europe n'arrête pas de se chamailler sur la création d'une agence européenne...
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[31]RackamLeRouge Non, seule une politique non socialiste est valable. De droite ou de gauche, s'ils font les mêmes politiques socialisantes, cela ne signifie pas que l'un est meilleur que l'autre.
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Pourquoi s'agite-t-on? La France conserve son AAAAAAA pour l'andouillette : l'honneur est sauf !