Un accord bis pour la vente de Fortis

BERNARD PADOAN

vendredi 30 janvier 2009, 10:06

Un accord modifiant les termes de la vente de Fortis à BNP Paribas est intervenu au bout de la nuit. Principal point de l'accord, outre la confirmation de la cession de 75 % de Fortis Banque à BNP Paribas : les activités d'assurances sont réintégrées à 90 % dans Fortis Holding. -
Lire aussi : Récit d'une énième longue nuit

Un accord bis pour la vente de Fortis

© Belga.

Les lignes de forces de l’accord

1. Fortis Insurance Belgique est réintégré dans Fortis Holding, qui en détiendra 90 %. Les 10 % restants restent dans les mains de BNP Paribas pour un prix de 550 millions d'euros. Le contrat exclusif de distribution est maintenu jusqu'à son échéance (2017).

2. Réduction à 1 milliard (contre 4,1 milliards d'euros) de la part de Fortis Holding dans le portefeuille de produits structurés (SPV). L'Etat prend une part de 2 milliards et BNP Paribas 400 millions. Le financement du SPV est assuré par Fortis Banque pour un montant de 6,5 milliards d'euros (avec la garantie de l'Etat belge à concurrence de 5 milliards d'euros).

3. BNP accepte le maintien du mécanisme de CASHES sans paiement par Fortis Holding à Fortis Banque de l'avance de 2,35 milliards d'euros prévue par l'accord précédent.

4. L'Etat belge accorde à Fortis Holding après une période de lock-up de deux ans, un droit sur les plus-values futures sur les titres BNP dans le courant des six années suivantes au prix de 68 euros par titre (remplace le système dit du « coupon 42 »).

5. L'intervention maximale de l'Etat dans Fortis est ramenée en conséquence de 14,9 milliards d'euros à 11,4 milliards d'euros.

6. Le Conseil d'administration de Fortis Holding a approuvé ces ajustements sous réserve de l'approbation des actionnaires.

Le nouvel accord conclu ce vendredi ne change donc rien à la transaction concernant Fortis Banque Belgique, dont BNP Paribas acquiert toujours 75 % des parts, 25 % des actions plus une revenant dans les mains de l'Etat belge.

Au bout d'une longue nuit de discussions, le Premier ministre Herman Van Rompuy et le ministre des Finances Didier Reynders ont annoncé un nouvel accord entre le gouvernement, Fortis Holding et BNP Paribas.

Didier Reynders a insisté sur le fait que Fortis Banque restait pour 75 % entre les mains de BNP Paribas et de 25 %+1 action dans celles d'Etat Belge. Pour le gouvernement, « le nouvel accord permet de doter Fortis Holding de perspectives et de moyens autour d'un projet industriel crédible ». « Ces aménagements répondent aux recommandations du rapport des experts pour améliorer la valeur de Fortis Holding », a précisé Didier Reynders.

Comment ? « En diminuant le risque du portefeuille de crédits structurés (SPV), en offrant au Holding une option sur les plus-values sur les actions BNP Paribas que détient le gouvernement ainsi qu'en créant un véritable projet industriel autour du pôle assurances ».

Didier Reynders a souligné que « la charge de l'Etat belge était ramenée à 11,4 milliards d'euros ». Selon le ministre des Finances, l'endettement de l'Etat est ainsi réduit de l'équivalent de 1 % du PIB.

Pour le premier ministre Van Rompuy, l'objectif de ce nouvel accord est évidemment « d'obtenir l'accord des actionnaires en rendant l'offre plus attractive ». Le gouvernement s'est refusé à chiffrer cette plus-value par action Fortis, d'autant que celle-ci devrait être suspendue ce vendredi, du moins si la CBFA, à qui le gouvernement a transmis le protocole d'accord, le décide. Herman Van Rompuy a précisé qu'une circulaire reprenant tous les détails de ce nouvel accord allait être adressée aux actionnaires ce vendredi.

Quant à savoir si le nouveau protocole pourrait être soumis aux actionnaires lors de l'assemblée générale du 11 février prochain, le premier ministre a souhaité que cela soit le cas, même s'il n'appartient pas au gouvernement d'en modifier l'ordre du jour.

Enfin, quant à savoir ce qu'il en sera des dividendes éventuellement versés par BNP Paribas, le ministre des Finances a bien précisé qu'ils reviendraient « à celui qui possède les actions ». Comprenez : l'Etat belge.

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[54] Noassholerule envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 19:25

Pourquoi donner plus de crédit...
à Modrikamem, juriste et avocat, qu'à Reynders, juriste et avocat? Maudikamel est-il ipso facto plus compétent?

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[53] VC5140 envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 16:55

Justice & équilibre
Si l'on veut être juste, c'est Fortis banque qui était en difficulté, dans ce cas, pour les motifs invoqués, les Etats auraient dus nationaliser les banques belge, hollandaise et Luxembourgeoise et appliquer la meilleure solution.Fortis holding aurait perdu sa banque mal gérée et conserverait tous les autres actifs dont les assurances belge et hollandaise, etc...En tant que contribuable et ancien actionnaire de Fortis depuis 2 jours, je n'apprécie pas de devenir spéculateur passif de BNP Paribas suite à l'intervention de nos ministres !

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[52] wylieat envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 16:21

toujours pas assez
renders dites nous pourquoi il faut sauver fortis de la faillite et pas les 7000 petites faillites prevu en 2009 cela sera aussi a peu pres 25000 emplois de perdu avec des consicences importants faites l addition si vous etes capable.il doit bien avoir dans votre cabinet un person capable de compter sur ses doits.

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[51] augoustinos envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 13:51

THB:
Nous sommes dans une situation un peu bisare et mystérieuse, avec la cession d'une banque contre un sac de billes, avec très peu d'efforts pour la sauver. Les pressions gouvernementales n'ont pas aidé à rendre l'affaire plus claire. Bref: Ca sent la magouilles. Les petits actionnaires accepteraient de perdre leur argent si l'entreprise faisait faillite dignement, par la grande porte. Mais dans ce cas-ci, il s'agit d'escroquer les actionnaires de Fortis pour le bénéfice (long terme) des actionaires BNP et certainement certains dans l'ancien gouvernement. Laissons chacun défendre ses intérêts, c'est comme ca que ca marche depuis toujours!

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[50] Nico74 envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 13:51

Pragmatique, justement
Toutes les tensions que vous décrivez sont justes, et inquiétantes pour qui connaît, comme vous, l'histoire. C'est pourquoi par pragmatisme je plaide plus que jamais pour un renforcement des compétences européennes. C'est la construction européenne qui a sorti tous ces pays de la ruine et de la misère, et c'est encore elle qui pourra les propulser vers l'avenir. A l'échelle mondiale, aucun de ces pays ne peut rivaliser seul avec les USA, la Chine, ou l'Inde. "En Europe, le nationalisme, c'est la guerre". La crise que nous vivons, dont Fortis est un élément parmi d'autres, n'aura de salut qu'au-delà des réflexes nationaux. Quant aux intérêts belges, dès lors que ce pays part en lambeaux… Combien y-a-t-il de "groupe mondial" ayant encore son centre de décision en Belgique?

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[49] imotsan envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 12:41

Entre idéalisme et pragmatisme...
Je comprends vos idéaux louables, mais la dure réalité reste que dans des temps de crise, chacun sauve sa famille. Regardez les Américains qui préparent une riposte économique contre la Chine, regardez les Hollandais qui sont en train de tout rapatrier, les Allemands qui ont refusé de cautionner les plans de relance Brown-Sarkozy,... Même la jolie armée européenne qui défile, je suis curieux d'entendre et de lire les commentaires lorsque des cadavres reviendront du front..On revivra l'histoire du pauvre soldat flamand de l'Yser.. La Belgique a des intérêts légitimes qu'il faut défendre, comme le font les Français qui anticipent d'ailleurs la fin de notre pays. J'aime la France, mais je me sens comme un joueur de foot affrontant l'équipe vers laquelle il sera transféré...

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[48] Nico74 envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 12:13

@imostan
Intéressante réflexion. je pense pour ma part qu'il est quasi impossible d'avoir un capitalisme national sans nation. (A cet égard, l'intervention flamande dans KBC est typiquement un réflexe national). On ne peut pas douter qu'il existe une nation hollandaise, française, etc. Aujourd'hui, je ne crois pas que la solution soit nationale, mais au contraire européenne. De ce point de vue, les Belges ont toujours été pionniers (à ce titre Fortis était un exemple), et notre Gouvernement a été un des premiers à réclamer une solution européenne à la crise: régulation, surveillance des marchés, plan de relance concerté, etc. Le replis national serait une erreur. Et n'empêcherait qu'à la marge le dégommage des emplois.

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[47] Devinez envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 11:40


@imotsan Mis sous cette lumière, le débat est nettement plus "sain" et relevé, en effet. Et mériterait un espace plus grand et "convivial" que celui d'un forum en ligne. Ce qui n'empêche que l'on n'a pas l'impression, à lire les propos des plus ultras parmi les "petits actionnaires", que ce soit-là leur préoccupation première... Merci en tout cas pour votre retenue dans vos propos.

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[46] imotsan envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 11:20

@Devinez
la discussion n'est pas sur les bobos financiers d'un troupeau de floués. Que Fortis cote 1,5 ou 2,3 comme ce sera le cas lundi, les actionnaires s'en tapent. reste l'enjeu de maintenir une banque avec des centres de décision à Bruxelles. Vous avez constaté le rapatriement de la valeur de la part d'ING , Aujourd'hui Dexia avec son nouveau CEO français dégraisse au burin. Il s'agit ici de l'avenir de vos enfants, pas des pertes passées. la question est de savoir si nous sommes, en tant que Belges, capables de reconstruire sur les ruines, comme le font les Hollandais actuellement, ou que si nous rendons les armes et notre destin dans des mains étrangères

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[45] Devinez envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 11:12


Effectivement, Modrikamen ne semble plus suivi sur ce forum que par un dernier carré de c. patentés ! Enfin, on va pouvoir passer à autre chose. Il y a dans ce pays des gens qui peinent tous les jours pour simplement faire vivre décemment leur famille... Alors, les petits bobos financiers des entubés de Lippens, basta !

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[44] oserlaverite envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 11:05

N'importe quoi...
UN DEAL PIÈGE À CONS... IL EST CLAIR QUE CE PLAN C'EST DU N'IMPORTE QUOI. IL FALLAIT SEULEMENT SUSPENDRE LA VENTE À BNP PARIBAS : C'EST BIEN LE DÉMANTÈLEMENT QUI EST LA CAUSE DE TOUS LES PROBLÈMES. JE NE VOIS PAS D'AMÉLIORATION SUBSTANTIELLE. LES ACTIONNAIRES VOTERONT DONC « NON ». EN PLUS REYNDERS A DIT SUR LA UNE CE MATIN QUE FORTIS N'ÉTAIT PAS EN FAILLITE. IL S'EST FAIT PIÉGER CET IMBÉCILE.

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[43] papy28 envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 10:48

Cela continue
Une nouvelle fois Modrikamen et son équipe font tout pour démanteler Fortis, ils ont déclaré que tout dépend de la manière dont on fera le vote à l'assemblée générale. Ils veulent que l'on vende tout séparément (Fortis banque et Fortis assurances). Je ne sais pas mais moi, je dirais qu'on ne vend pas une voiture sans les roues ou une maison sans toit. Certains penseront que je suis naîf, je veux bien le croire, mais une nouvelle fois ce sera tout ceux qui non pas d'action ni de titre qui devront aller de leur poche pour renflouer tout ce beau monde

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[42] THB envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 10:34

Rêver toujours !!
Les actionnaires rêvent sans doute qu'on leur rende tous leurs sous (= remboursement intégral de leur investissement) ? Mais, même si l'on vendait TOUS les biens de Fortis à la pièce (bâtiments, meubles, matériel de bureau, plantes vertes, ...), on y parviendrait pas !! Ouvrez les yeux, bon sang !! En tout cas, cela prouve une chose : jouer en Bourse, il faut laisser ça aux professionnels de la finance : quand eux se plantet (comme ils l'on fait ces derniers temps), au moins, ils font en connaissance de cause - à la différence des petits épargnants aveuglés par les 'bijoux de la Castafiore' !!

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[41] imotsan envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 10:30

CONCLUSION : recherche d'une banque majeure (début de la réaction 40)
The deal seems more positive for BNPP due to its larger positive impact on core T1 ratio, but we have some difficulties to see where is the real improvement in this proposal for Fortis shareholders. Therefore the 11th of Feb remains a key date, to see if Fortis shareholders will accept the deal:

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[40] larouche envoyer un message personnel dit le 30/01/2009, 10:26


More prominent economists have declared that the U.S. is facing a depression that may be even worse than that of the 1930s. Noting that current efforts to rescue the mortgage industry are less successful than those used during the 30s, Edward J. Pinto, former chief credit officer at Fannie Mae has warned that the current crisis could be worse. Mr. Pinto said that, while the subprime crisis was often compared to the Depression, there were differences that made the current problem more acute. The Depression-era collapse in housing prices did not generally put homeowners at risk of owing the bank more than their house was worth. That is not the case today. In addition, hedge fund manager and billionaire philanthropist George Soros has warned that the current crisis outstrips that of the 30s: The bursting housing bubble “acted like a detonator that exploded a much larger bubble,” he said.

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