Quand la drache nationale se transforme en or bleu

ADMON WAJNBLUM

jeudi 17 juin 2010, 14:28

Y a-t-il vraiment besoin d'eau potable pour arroser ses laitues, laver son trottoir ou alimenter son WC ? Une eau pour laquelle les intercommunales de distribution d'eau dépensent des sommes folles pour la rendre potable, et qui pourrait avantageusement – et pour moins cher – être remplacée par de l'eau de pluie.

De nombreux ménages semblent y avoir réfléchi aussi. Ainsi, à en croire les professionnels du traitement des eaux, les demandes de citernes augmenteraient annuellement d'environ 20 % depuis cinq ans.

Un fonctionnement simple comme la pluie

Quel que soit le modèle utilisé, le fonctionnement reste le même. L'eau de pluie qui ruisselle sur la toiture est canalisée et récupérée via le réseau de gouttières connectées au récupérateur. Un premier système de filtration est placé en amont de la cuve afin d'éliminer les impuretés qui souillent l'eau au contact de la toiture. L'eau pluviale épurée est alors stockée à l'abri des UV (et des variations de température pour les modèles enterrés et intérieurs) et peut d'ores et déjà être réutilisée.

Au moyen d'une pompe, l'eau est extraite du récupérateur pour un usage qui peut être direct, comme l'arrosage du jardin, ou relié au réseau de plomberie de l'habitation pour alimenter au choix WC, machine à laver, etc.

Récupérer l'eau de pluie c'est bien, mais comment ? Mieux que le bon vieux tonneau, il y a la citerne. Et autant ne pas mégoter sur la contenance. Les spécialistes conseillent de concert un volume de 10.000 litres. C'est la capacité idéale pour une famille moyenne de quatre personnes. De quoi couvrir la quasi-totalité de ses besoins pour le ménage, les sanitaires, la vaisselle, la lessive, etc.

Ceci dit, la capacité de la cuve doit toujours être en adéquation avec la superficie du toit. En Belgique, une toiture standard de 100 m2 peut espérer récolter entre 80 et 100 m3 d'eau de pluie par an pour une consommation annuelle moyenne estimée à environ 130 m3 pour un ménage de quatre personnes.

Une alternative intéressante, donc. D'autant que l'investissement n'est pas si coûteux (le prix d'une installation standard destinée aux taches ménagères et sanitaires oscille entre 1.500 et 2.500 euros HTVA) et il est toujours possible de recourir à l'autoconstruction.

Enterrées ou « hors sol »

L'idéal est de pouvoir enterrer la cuve dans le sol. Ce dispositif permet de disposer d'importantes capacités de stockage et il assure en outre une protection contre les variations de températures. Un système enterré prévient également le développement de bactéries et d'algues par l'absence d'exposition directe aux rayons du soleil.

C'est également la solution la plus lourde sur le plan constructif puisqu'elle entraîne d'importants travaux de terrassement pour l'enfouissement de la cuve. Le mieux est évidemment de procéder à cette installation pendant la construction de la maison mais, à défaut, les installateurs suggèrent de profiter d'autres travaux nécessitant un terrassement (la construction d'une piscine en dur, par exemple) pour creuser le trou de sa citerne.

D'autres solutions existent également. Il est ainsi possible d'installer des récupérateurs d'eau appelés « hors sol » qui seront placés soit directement à l'extérieur, dans une cour ou un jardin, soit à l'intérieur de la maison, dans la cave ou le grenier (si le plancher est assez solide). Il s'agit dans ce cas de réservoirs en polyéthylène qui ont une plus faible contenance que les citernes enfouies. Leur entretien est également plus fastidieux car ces réservoirs doivent impérativement être vidés l'hiver afin d'éviter tout risque de gel qui risquerait d'endommager l'installation.

Plastique ou béton

Les cuves se déclinent généralement en deux matériaux : béton et matière plastique (PE, PEHD…). Si les citernes en matériaux synthétiques sont plus légères, ce qui facilite le placement et la manutention, les cuves en béton sont recommandées par la plupart des associations environnementales dès lors que l'eau utilisée sert à un autre usage que l'arrosage.

L'une des raisons communément avancée est que le béton, par sa composition minérale, à l'avantage important de rééquilibrer le pH de l'eau qu'il contient. La chaux et la magnésie contenues dans le béton ou la maçonnerie neutralisent en effet l'acidité naturelle de l'eau de pluie en la chargeant légèrement de sels minéraux.

Il importe ensuite de choisir la pompe et les périphériques adaptés sans se rabattre systématiquement sur le moindre prix. Une pompe de trop faible puissance coûtera certainement moins cher mais se signalera surtout par une absence absolue d'efficacité. À vos citernes !

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