Ostende, reine des plages et ville royale
NATHALIE COBBAUT
jeudi 22 juillet 2010, 10:52
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Ostende a toujours eu un statut particulier sur la Côte belge. Ville animée, culturelle, nourrie par son port, lieu de ressourcement pour les artistes, elle bénéficie depuis plusieurs années d'un vaste programme de rénovation urbaine grâce auquel elle retrouve son statut de reine des plages. Royale, Ostende l'a été à une certaine époque. La Belle Epoque.
Ce qui attire les visiteurs à Ostende, cest avant tout la plage Déjà en allait-il de même pour Léopold Ier et la reine Louise-Marie Mais partir à la découverte des traces laissées par les souverains belges s
C'est en 1834 que la famille royale belge établit ses quartiers de villégiature à Ostende, cédant en cela à la mode des bains de mer venue d'Angleterre. S'en est suivi un formidable développement architectural pour la ville, dont il ne reste malheureusement que des traces éparses. Petite visite non exhaustive.
C'est au numéro 69 de la Langestraat, dans une maison de maître classique, que le roi Léopold Ier et la reine Louise-Marie résident lorsqu'ils séjournent à Ostende. La maison Louise-Marie, ainsi rebaptisée car la première reine des Belges y passa une grande partie de sa vie et y rendit l'âme le 11 octobre 1850, fut la résidence d'été de la dynastie belge de 1834 à 1922. Elle est toujours accessible aujourd'hui puisqu'elle abrite le musée d'histoire locale d'Ostende « De Plate », qui signifie « la plie » en dialecte ostendais. Au premier étage, se trouve la chambre mortuaire de LouiseMarie d'Orléans.
A l'époque, la villégiature royale entraîne dans son sillage la noblesse et la haute bourgeoisie qui font de la station balnéaire un endroit à la mode. Dès 1838, la ligne ferroviaire Bruxelles-Ostende est installée et la liaison avec Douvres suit de près en 1846, sous l'impulsion de Léopold Ier. Mais c'est surtout Léopold II, roi bâtisseur, qui marqua de son empreinte le développement de la ville au XIXe et au début du XXe siècle.
On lui doit notamment sur la Promenade Albert I les galeries vénitiennes et la galerie royale, conçues par l'architecte Henri Maquet selon un style rappelant l'architecture classique de la Cité des Doges. Construites en forme de L, les premières, couvertes, devaient servir d'aire de réception et de jardin d'hiver au roi et lui permettaient, dit-on aussi, de rejoindre les appartements de quelque galante, situés dans une rue adjacente. Ces galeries servent aujourd'hui de lieu d'exposition.
Une source d'eau thermale
Quant à la galerie royale, d'une longueur de presque 400 m, leur but était de protéger la bourgeoisie des intempéries et du soleil lors des promenades en bord de mer. Adossé aux galeries royales, s'élève l'ancien Palais des Thermes, érigé au début des années 30 selon les plans établis par Léopold II. A cette époque, Ostende bénéficiait d'une source d'eau thermale fortement salée. Le bâtiment abrite aujourd'hui un hôtel de luxe, le Thermae Palace, qui n'a plus de thermes que le nom, puisque la source n'est plus exploitée depuis 1986.
La galerie royale avait également pour vocation de faire le lien vers l'hippodrome Wellington, situé sur la Koningin Astridlaan, témoin supplémentaire du caractère royal de la ville et qui fut construit en 1883. Son histoire fut marquée par la visite de nombreux invités internationaux sous le règne de Léopold II, assistant souvent en personne aux courses hippiques. C'est au sommet du pavillon rond, surmonté d'une couronne royale, que les personnalités présentes étaient conviées pour assister aux courses de galop et de trot. De telles courses sont toujours organisées de juin à septembre, mais l'hippodrome abrite également un golf depuis 2004.
Une villa royale
Autre bâtiment issu de cette époque, la Villa Royale. Dès 1840, Léopold Ier possédait déjà deux petits pavillons en bois dans les dunes entre Ostende et Mariakerke. C'est Léopold II qui décide de les faire démolir en 1873 et de les remplacer par une vaste construction en bois, semblable à un chalet qu'il avait pu contempler lors de l'exposition universelle de Vienne. Ce chalet, maintenu jusqu'en 1953, est malmené lors de la Seconde Guerre mondiale car utilisé par l'occupant. Il est donc abattu et remplacé par la villa royale, de style normand, bâtie par l'architecte brugeois Antoine Dujardin, membre du cercle des Beaux-Arts d'Ostende. Délaissée dans les années 70 par la famille royale, elle fut transformée en hôtel-restaurant, puis à nouveau abandonnée. Rachetée par la ville d'Ostende à la donation royale, elle devrait prochainement abriter un centre de revalidation oncologique.
Moins connues, les écuries norvégiennes d'Ostende datant de 1904, à l'architecture unique combinant Art nouveau et style viking Dragenstil. Bâtiment tout en bois, c'est l'architecte norvégien Ivar Knudsen qui, à la demande de Léopold II, en dessine les plans et fait venir de Norvège les pans en bois préfabriqués qui sont ensuite assemblés sur place. Miraculeusement conservées, on peut admirer ces écuries depuis la Koninginnelaan, large allée reliant la plage au parc Maria-Hendrika.
De la Belle Epoque, ne subsistent sur la digue que quelques maisons contemporaines : les villas jumelles Yvonne et Simon, dues à l'architecte Antoine Dujardin et affichant un style éclectique, tout comme la villa Maritza. Cette dernière, construite en 1885 et classée depuis 1996, abrite un restaurant au décor somptueux, avec de grandes verrières Art nouveau, des boiseries peintes et autres lambris sculptés.
Une occasion de se plonger dans le passé royal d'Ostende.
Pour des visites thématiques dédiées à la Belle Epoque, contacter l'Office du tourisme d'Ostende (059/70.11.99) ou encore le cercle des guides Lange Nelle (059/80.73.81, lange_nel@hotmail.com ). Autre organisme qui propose des visites d'Ostende, à pied, sous forme de rallyes-promenades ou en vélo : VIZIT (09/233.76.89, info@vizit.be ou oostende@vizit.be , www.vizit.be )
