Au « Kanaal », un village se construit dans une ancienne malterie
BRIGITTE DE WOLF-CAMBIER
jeudi 19 janvier 2012, 11:32
Dick Vervoordt, directeur de la société de promotion immobilière Vervoordt r.e., présente un nouveau concept exclusif intégrant le logement, le lieu de travail, l'art et la culture.
Ce qui fut, il y a 150 ans, la plus grande malterie dEurope va être entièrement reconstruit près dAnvers Objectif : créer une véritable « petite ville » où lon pourra à la fois résider e
ENTRETIEN
Le projet Kanaal est au départ un exemple de reconversion d'une architecture industrielle ?
Effectivement. Cet ancien site industriel est situé le long du canal Albert, à proximité du centre de Wijnegem. Une distillerie s'y installe en 1857 puis, en 1956, la malterie Albert, qui sera reprise par le groupe Heineken. En 1998, nous avons acheté une partie du site qui n'était plus exploité. Au départ, la malterie devient un espace de stockage pour quelque 13.000 antiquités qui ne pouvaient être exposées au château de s-Gravenwezel (NDLR, Axel Vervoordt, le père de Dirk, est un antiquaire-amateur d'art de réputation mondiale), propriété de la famille. Mais la beauté du lieu et les qualités architecturales intrinsèques des bâtiments méritaient d'être mises en valeur. Nous avons donc décidé de les rénover tout en conservant leur âme. Dans l'aménagement, l'impact architectural des espaces s'est avéré très important.
Vous avez choisi de travailler avec des architectes belges. Pourquoi ?
Nous avons pris deux ans pour préciser le concept. Nous avons établi une liste d'une quinzaine d'architectes avec lesquels nous souhaitions travailler et nous avons sélectionné trois bureaux d'architecture belges. Le talent de nos architectes est immense. Le défi était de trouver un équilibre entre ces projets.
Pouvez-vous nous préciser les visions proposées ?
Stéphane Beel s'est chargé de la rénovation du bâtiment abritant les silos. Six silos existants ont été conservés. La décision a été prise d'enlever une partie des deux volumes les moins visibles de l'extérieur et de les remplacer par un nouveau volume carré transparent. Cette intervention donne naissance à des unités d'habitation avec chaque fois, trois espaces fermés à plan circulaire (les silos existants) et un espace ouvert à plan carré (le nouveau volume). Ces espaces ronds et carrés s'inspirent de la philosophie du yin et du yang. La nouvelle fonction de logement rend la survie du complexe de silos possible, tandis que les nouvelles interventions et transformations permettent de répondre aux exigences d'aujourd'hui en matière de confort et de sécurité. Stéphane Beel a également conçu une tour en volume blanc massif en béton qui hébergera des bureaux. Le bureau Bogdan & Van Broeck a imaginé des logements, les « cubes », avec de grandes loggias vitrées de 6 m de haut qui créent, dans chaque unité, un jardin d'hiver, tout en laissant entrer la lumière du jour. Un rapport harmonieux est recherché entre l'intérieur et l'extérieur, entre espace privé et espace public. Enfin, pour ce qui concerne la reconversion des entrepôts, ce sont les architectes Coussée & Goris qui s'en chargeront. Ils ont opté pour des logements aux étages et une fonction de travail au
rez-de-chaussée.
Kanaal va-t-il devenir un véritable village ?
Oui. A côté des logements, les bureaux et les nombreuses fonctions sociales et commerciales apporteront la diversité qui est nécessaire pour que cet endroit vive comme une communauté. Des commerces, un restaurant, des services (médecins, crèche, centre de bien-être) sont prévus ainsi qu'un parking. L'intervention de l'architecte paysagiste Michel Desvignes transformera ce lieu en véritable oasis de verdure. Un musée accueillera également la collection permanente de la Fondation Vervoordt ainsi que des expositions temporaires
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Quel est l'état d'avancement de votre projet ?
L'association momentanée Besix-Vanhout entame les travaux au début de cette année. L'ensemble du projet devrait être achevé fin 2014 et le musée en 2015. Le site, d'une superficie de 2,5 ha, proposera une espace mixte de plus de 30.000 m2. Les appartements et lofts de 120 à plus de 400 m2 sont vendus « casco » (gros uvre fermé) à un prix moyen de 2.500 à 3.500 euros/m2. Quelque 40 % ont déjà été vendus sur plan.

