Economiser l'énergie sans en consommer plus

PAOLO LEONARDI

jeudi 19 janvier 2012, 11:32

Pour mieux analyser l'habitat de demain, l'énergie opérationnelle doit être combinée à l'énergie grise et à celle liée au transport. A l'ULB, on s'est penché sur la question.

Economiser l'énergie sans en consommer plus

Quelle forme aura l'habitat de demain ? Maintes fois posée, cette question n'obtient pas de réponse ferme et définitive. En perpétuel mouvement, nos maisons continueront de changer à travers les décennies. La priorité actuelle en termes de logement se concentre sur les économies d'énergie qu'il est possible de réaliser afin, notamment, de réduire ce terrible constat qui veut que 40 pour cent des émissions de gaz à effet de serre sur la planète proviennent du chauffage et de l'électricité de nos bâtiments.

A ce sujet, l'apparition de maisons passives ou basse énergie constitue une avancée technologique indéniable. Quand on entend certains habitants de ce type d'habitation vous dire qu'ils ne dépensent que 150 euros de chauffage par… an, on reste évidemment admiratif face aux inventions et aux matériaux qui ont rendu de telles économies possibles.

Toutefois, il existe aujourd'hui un risque : celui de voir les ingénieurs aller trop loin dans la recherche et la mise au point de ces nouvelles technologies. A force de trop rechercher les économies, on risque de consommer plus !

C'est en tout cas ce que l'on cherche à démontrer dans un département de l'Université libre de Bruxelles où l'habitat est analysé jusque dans ses moindres détails.

Jeune ingénieur civil, André Stephan a consacré son mémoire de fin d'études aux maisons passives. Pour étayer la thèse qu'il expérimente en ce moment même à Melbourne, il s'appuie sur un outil de mesure informatique qui analyse trois facteurs : les énergies opérationnelles (chauffage, électricité…), l'énergie grise qui a servi à la construction des matériaux et l'énergie de transport liée aux déplacements que l'on effectue en voiture pour se rendre au travail.

Lorsque ces trois éléments sont combinés (ce qui est rarement le cas dans les études existantes), le constat est clair : une maison passive (ou basse énergie) n'est pas forcément la panacée. Si elles sont construites en rase campagne, loin de tout, certaines de ces habitations peuvent même s'avérer plus énergivores qu'une maison normale située dans le centre de Bruxelles. « Dans le standard passif, le nombre d'isolants utilisés est beaucoup plus important, explique ainsi André Stephan. Il faut veiller à ne pas exagérer, sinon l'énergie grise qu'il aura fallu déployer pour construire les panneaux d'isolation sera plus importante que les économies qu'ils permettent de réaliser ! »

Et l'énergie liée aux transports ? Elle doit elle aussi être prise en compte si l'on veut déterminer les mesures d'économies les plus exactes possibles. Si on habite en banlieue et qu'on travaille en ville, on consomme parfois en essence ce qu'on a économisé en chauffage. Absurde.

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