A Charleroi, comme ailleurs, les loyers impayés sont un problème récurrent
jeudi 26 janvier 2012, 11:47
De septembre à décembre 2011, le baromètre des loyers a connu des fortunes diverses en fonction des régions et des villes. Coup de projecteur sur trois d'entre elles : Liège, Mons et Charleroi.
Les quatre mois analysés par notre baromètre (septembre, octobre, novembre et décembre 2011) indiquent beaucoup de fluctuations mineures et quelques-unes plus marquantes. Il en va ainsi pour Liège qui accuse une baisse de 12,34 % par rapport aux quatre mois précédents avec un loyer moyen de 6,68 euros du m2 (contre 7,62). Pour Nicolas Jambers, de l'Immobilière d'Affnay, la moyenne enregistrée est correcte. « On ne loue pas spécialement facilement de nos jours dans le centre de Liège, insiste-t-il. Il n'est pas rare de voir des biens rester de longs mois sur le marché. »
Car à 668 euros pour un 100 m2, on a déjà un appartement haut de gamme dans la Principauté. « Vous pouvez louer un 100 m2 dans un état correct sur le boulevard d'Avroy, poursuit l'agent immobilier liégeois. Certains sont même prêts à mettre 100 euros supplémentaires pour avoir un appartement impeccable. Mais ces biens ne sont pas légion car il en existe encore beaucoup sur le marché qui nécessitent une rénovation. »
En proie à une fièvre immobilière due à la forte présence d'étudiants sur son sol (notamment beaucoup de Français), Liège se loue mieux l'été. « En dessous de 400 euros, les appartements partent comme des petits pains, conclut Nicolas Jambers. Il faudra voir comment réagira le marché en 2012. La crise aidant, les gens auront-ils peur d'acheter à cause, notamment, de banques moins prêteuses qu'avant ? Il est trop tôt pour le dire »
Autre baisse marquante enregistrée par notre baromètre : Mons. Le loyer moyen y est passé de 8,10 euros du m2 à 7,71, soit une baisse de 4,81 %. « Il y a clairement une tension sur les loyers dans la région du Centre, explique à ce propos Jean-Claude Fagot de Trevi Lovarium. Le pouvoir d'achat des gens s'érode. Le loyer généralement admis pour une petite maison est de 550 à 600 euros par mois, un chiffre qui monte jusqu'à 750 euros pour un appartement neuf et en excellent état. Pour une villa, ça monte à 800 euros mensuels. Au-delà de ces chiffres, il y a de fortes chances que vous ne louiez pas votre bien. »
Le problème des loyers impayés
Du coup, les agents de la région conseillent aux propriétaires de revoir leurs ambitions à la baisse. « C'est mieux pour éviter les problèmes de loyers non payés par la suite, insiste Jean-Claude Fagot. Car quand les gens ont un problème d'argent, le loyer est le premier poste qui saute ! »
A Charleroi, aussi, les loyers impayés sont un problème récurrent. Le loyer moyen enregistré par les annonces reçues au Vlan y fait apparaître une très légère baisse de 0,41 % : 7,25 contre 7,28 (de mai à août 2011). « Le problème n'est pas de trouver un locataire mais de le garder !, remarque Arnaud Berlingin du « Club immobilier » basé à Montigny-le-Tilleul. Les prix n'ont pas augmenté et l'on trouve toujours facilement des locataires à Charleroi. Mais il est un fait, malheureux : les gens préfèrent partir en vacances que de payer leur loyer ! Il n'y a là aucune critique, c'est juste une constatation. »
Une ville qui serait en perte de vitesse (et cela vaut pour le marché des ventes également) à cause de plusieurs facteurs : accès au centre-ville de plus en plus difficile, insécurité, manque de parkings et gros travaux en cours ou à venir (projet Rive Gauche et Ville2, rénovation du boulevard Tirou ).
Un point lumineux dans la morosité ambiante : Fleurus. « Située entre Charleroi et Namur, cette ville se développe assez bien car elle est située proche des autoroutes et propose beaucoup de commerces, conclut l'agent hennuyer. Son seul problème : les avions. »

