L'optimisme mesuré des notaires bruxellois

PAOLO LEONARDI

jeudi 16 février 2012, 14:43

A Bruxelles, l'immobilier s'est très bien comporté en 2011. L'optimisme est de mise pour 2012. Sauf si le gouvernement s'attaque au secteur…

L'optimisme mesuré des notaires bruxellois

A Bruxelles, l’activité immobilière a progressé en moyenne de 5,2 % en 2011, contre +0,8 en 2010 et -15% en 2009 © Ezequiel Scagnetti

A quelle sauce le gouvernement va-t-il manger le secteur de l'immobilier dans les semaines et les mois à venir ? » Lorsqu'on leur pose la question, les notaires bruxellois froncent les sourcils mais ils ne savent pas vraiment quoi répondre. « Nous avons appris le 15 décembre que nos honoraires allaient être frappés de TVA à partir du 1er janvier 2012. Alors, comment voulez-vous que l'on sache à quoi s'attendre avec ce gouvernement-là ? », s'amuse Robert Langhendries, notaire à Uccle.

En chiffres

2,5

C'est, en pour cent, la hausse enregistrée par les notaires pour le marché immobilier en Brabant wallon en 2011. Le prix moyen d'une maison y est de 248.944 euros (+ 9,6 %). Un appart s'échange en moyenne contre 204.492 (+ 5,2 %).

Mardi matin, les notaires de la capitale exposaient leurs bilans pour 2011. L'immobilier dans la capitale va bien, merci pour lui. Et la tendance, pour 2012, serait bonne, toujours selon les notaires, à la condition, toutefois, que les taux d'intérêt restent ce qu'ils ont été en 2011, c'est-à-dire inférieurs ou légèrement supérieurs à l'inflation (qui a été de 3,5 %).

La hausse démographique fera encore grimper les prix. D'ici à 2020, Bruxelles devrait accueillir 200.000 habitants supplémentaires. Pas besoin d'être une « tête » en économie pour comprendre le processus : la demande de logements va donc (fortement) augmenter, ce qui ne sera pas le cas de l'offre, qui restera sensiblement ce qu'elle est aujourd'hui. La conséquence est évidente sur l'évolution des prix.

Mais parce qu'il est aux abois et prêt à tout pour trouver les deniers qui lui manquent cruellement, le gouvernement pourrait, qui sait ?, « s'attaquer » aux briques si précieuses au cœur des Belges. Si ce devait être le cas, la belle tendance pourrait alors dangereusement s'inverser, et ce serait pareil dans les autres régions du pays.

Quels pourraient être les pires scénarios ? Robert Langhendries en définit trois. « Le gouvernement décide de supprimer les abattements, il taxe les loyers et il en fait de même avec les plus-values, dit-il ainsi. Il pourrait également augmenter les droits d'enregistrement mais ils sont déjà tellement élevés (NDLR : 12,5 % à Bruxelles, soit les plus chers d'Europe !) que cela me semble inimaginable. Cela reste pour l'heure un scénario catastrophe, répétons-le, mais personne ne peut prédire l'avenir. » Tout aussi perplexe que son confrère, Gaétan Bleeckx, notaire à Saint-Gilles, tire la sonnette d'alarme. « Le public, et le gouvernement avec lui, doit savoir que la Région de Bruxelles-Capitale a empoché, en 2011, 473 millions d'euros de droits d'enregistrement. C'est 62 millions de plus qu'en 2010, une manne financière particulièrement importante par les temps qui courent ! De cela, curieusement, le gouvernement ne parle pas. Il parle de l'argent qu'il pourrait prendre à l'immobilier mais pas de celui qu'il lui rapporte. Qu'il réfléchisse à deux fois avant de prendre une quelconque mesure sous peine de scier la branche sur laquelle il est assis… »

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