La maison bruxelloise enflamme la vente publique

PAOLO LEONARDI

jeudi 16 février 2012, 14:43

Malgré un environnement économique instable, les prix immobiliers ont continué de monter à Bruxelles, en 2011. Les appartements se sont bien vendus mais la maison d'habitation reste très convoitée. Uccle et Woluwe- Saint-Pierre sont les communes les plus chères

La maison bruxelloise enflamme la vente publique

Lorsqu'il explique la bonne santé de l'immobilier bruxellois en 2011, Maître Gaétan Bleeckx cite l'exemple d'une maison vendue en son étude et située sur un vaste terrain avenue Circulaire, à Uccle, à deux pas de l'Observatoire, cet institut bien connu des météorologues qui vient, ces dernières semaines, de passer la plus grande partie de son temps à mesurer le froid, le très froid, le glacial et le carrément polaire…

Estimé au départ à 700.000 euros, le bien s'est finalement vendu à… 1.060.000 euros. On a beau être sur l'une des deux communes les plus chères de Bruxelles (avec Woluwe-Saint-Pierre) où le prix médian (et non moyen) d'une maison a affiché 450.000 euros pour l'année écoulée, le notaire n'en revient toujours pas. « Clairement, l'acheteur a acquis avant tout un emplacement plus qu'un bien car la maison a besoin d'un fameux rafraîchissement. Au bas mot, il y en a pour 300 à 400.000 euros de rénovations ! »

Et le notaire de poursuivre : « Les temps sont durs mais il y aura toujours des acheteurs, j'en suis persuadé. J'en veux pour preuve les maisons unifamiliales et de rapport qui s'arrachent à prix d'or en ventes publiques. C'est moins le cas pour les immeubles de rapport car beaucoup sont entachés d'infractions urbanistiques. Je conseille toujours aux personnes qui viennent me voir de ne pas hésiter à acheter, mais elles doivent savoir qu'avec un même budget, on achète aujourd'hui plus petit qu'avant, c'est une certitude. »

Scénario possible : on commence par acheter un studio, qu'on revendra plus tard pour s'acheter un appartement, dont la revente servira à acquérir une maison lors d'un troisième achat. « On monte dans le train en troisième classe et on finit en première, résume joliment Gaétan Bleeckx. On remarque aujourd'hui que l'apport personnel et surtout l'apport intergénérationnel influencent de plus en plus la capacité d'acquérir un bien immobilier. Beaucoup de parents aident leurs enfants. On observe d'ailleurs un intérêt grandissant pour la planification successorale. »

Acheter, c'est bien, mais acheter quoi ? « A Bruxelles, nous avons vendu énormément d'appartements, explique maître Langhendries. Mais les maisons unifamiliales (NDLR : les villas sont reprises dans cette catégorie) se portent bien également. Elles ont connu une nette progression du prix médian : + 11,8 %. »

Le prix médian de l'appartement bruxellois est passé de 166.000 euros à 175.000 euros en un an. De 300.000 en 2010, les maisons ont vu quant à elles leur prix médian grimper jusqu'à 335.500 euros. « Si l'immobilier à Bruxelles n'est pas revenu au niveau d'avant-crise en 2007, il a toutefois enregistré une réelle reprise : + 5,2 % de moyenne pour 2011, contre + 0,8 % en 2010 et - 15 % en 2009, affirme le notaire ucclois. On remarque cependant que le nombre de transactions a été moins bon durant le quatrième trimestre. L'avenir dira s'il s'agit à nouveau du début d'une courbe rentrante pour 2012. »

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