L'Américain Paul Krugman, économiste de la mondialisation et éditorialiste réputé pour ses charges contre l'administration Bush, a reçu lundi le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur le commerce international.
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Professeur à la prestigieuse Université de Princeton, Paul Krugman, 55 ans, a été récompensé pour « avoir montré les effets des économies d’échelle sur les modèles du commerce international et la localisation de l’activité économique », a expliqué l’Académie royale suédoise des sciences dans ses attendus.
Depuis 1999, il tient une tribune dans le New York Times. Il y décoche ses flèches acérées contre la politique du président américain George W. Bush, sans davantage ménager les candidats républicains à sa succession. Il ironisait récemment dans un éditorial sur le ticket John McCain-Sarah Palin en estimant que le candidat démocrate Barack Obama avait « tort » de dire que ce « serait la même chose que l’ère Bush-Cheney. Ce serait pire, bien pire ».
Le prix d’économie lui a été décerné alors que le monde subit l’une de ses plus graves crises financières depuis le krach de 1929. « Je suis plus serein qu’il y a cinq jours, mais la crise financière me terrifie », a confié le lauréat à l’agence de presse suédoise TT. « Je n’aurais jamais cru voir se répéter 1931 de mon vivant, mais cette crise m’y fait penser à bien des égards », a-t-il ajouté.
Dans ses éditoriaux du lundi, Krugman a très sévèrement jugé la réponse initiale de l’actuel locataire de la Maison Blanche à la crise, la qualifiant d’« idéologique ».
Dans sa dernière tribune, publiée le jour du Nobel, il vantait au contraire les mérites du Premier ministre britannique Gordon Brown qui, selon lui, a fait preuve de « clarté et de détermination » dans la tourmente.
Paul Krugman a été primé pour avoir développé des analyses énonomiques ayant permis de mieux comprendre la mondialisation de l’économie, la mobilité de la production, de la main d’oeuvre et des capitaux.
Pourquoi sommes-nous affectés par la mondialisation ? Quels sont les effets du libre-échange ? Pourquoi de plus en plus de gens affluent dans les grands centres urbains tandis que les campagnes se vident ? Autant d’enjeux que cet universitaire à la double formation d’historien et d’économiste, souvent à contre-courant des écoles libérales, n’a eu de cesse d’examiner.
Il a remis en cause les théories expliquant les différences de production entre pays (agriculture ou industrie par exemple) et leurs développements très disparates par des inégalités naturelles (géographie) ou structurelles (démographie). Ces théories, défendues par les économistes libéraux, affirment que le développement socio-économique de tous les pays est assuré, à terme, par la complémentarité des productions et la diversité des conditions d’échange. Or, selon M. Krugman, en réalité « la majorité des échanges commerciaux s’effectue entre des pays qui non seulement ont des caractéristiques similaires mais échangent les mêmes produits », relève l’académie suédoise.
M. Krugman a publié sa thèse de doctorat sous la direction de l’économiste indien Jagdish Bhagwati, notamment réputé pour ses analyses des déséquilibres économiques Nord-Sud.
Né le 28 février 1953 à Long Island dans l’Etat de New York, il enseigne actuellement à l’Université de Princeton.
Depuis sa première édition en 1969, le prix Nobel d’économie a récompensé 41 citoyens américains sur un total de 59 lauréats.
Krugman recevra son prix des mains du roi de Suède le 10 décembre avec un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d’euros).
@[24], [25] Mes excuses pour avoir laisser passer ce manque de précision. J'aurais du écrire : "la climatologie , l'économie et autres sciences humaines".La climatologie (physique) est certes devenue une branche des sciences physiques où la recherche de solutions de systèmes d'équations différentielles couplées et non linéaires est basée sur des modélisations numériques (tout comme en physique non classique d'ailleurs) --> ma référence aux bifurcations.L'approche "humaine" (Historical climatology) s'intéresse aux relations entre les climats (et les changements) et les sociétés humaines sur une période assez courte (l'humanité).
@ [24] scarron Scarron, vous avez du mal me lire. Vous dites: "l'affirmation d'Alin disant que les prix Nobel ne récompensent que les sciences". Je n'ai pas dit ça une seule seconde et je vous prie de me relire et ne pas me faire dire ce que je n'ai pas dit: "Les seuls Prix Nobel qui existent sont: Paix, Chimie, Physique, Médecine et Littérature.". Précédement, j'avais dit: "C'est un abus de langage volontaire pour faire assimiler l'Economie à une science au service de l'humanité.". Je ne vois absolument pas où vous lisez ou déduisez que j'ai dit que "les prix Nobel ne récompensent que les sciences".
Duhautdelamontagne m'explique : "Ne pas confondre avec les Sciences classiques (issues de Newton) qui ne décrivent que des systèmes dynamiques stables ne constituant qu'une petite partie de la réalité physique.Ce qui se produit maintenant (économie, climatologie, et autres sciences humaines) sont des fluctuations de plus en plus fréquentes et importantes loin de l'équilibre, donc ne pouvant être décrites par la science classique."Bifurcation à l'horizon" n'est que la seule certitude que nous puissions avoir. Vers quoi, don't know, par définition." -- -- mais je ne vois toujours pas clairement le rapport avec l'affirmation d'Alin disant que les prix Nobel ne récompensent que les sciences, alors que deux des cinq n'ont rigoureusement rien de scientifique. Quand à traiter la climatologie de "science humaine", je reste sans voix ! Et je n'ai pas perçu ce que la bifurcation vient faire ici. Je suppose que vous faites allusion à une donnée issue de la théorie du chaos ?
Nous partageons, [22] orestesbn et [20] citoyen belge, une opinion commune sur l'état insupportable où Friedman et son école de Chicago ont hélas mené le monde, en sachant qu'ils ne sont hélas pas les seuls. Deux considérations complémentaires : (1) Je pense aussi qu'avoir donné le Nobel de la Paix à Yunus tient en partie de la bêtise, dans la mesure où effectivement c'est réduire son apport presque à une simple BA de boy-scout. Ceci dit, aurait-il une notoriété aussi grande avec seulement le prix d'économie ? Et ce qui a été au fond la part centrale de la mise en oeuvre de sa réflexion théorique (le "privilège" du crédit qu'il accorde aux femmes !) aurait-il autant frappé le public et le monde politique sans ce Nobel de la paix ? Grâce à lui, la notion de microcrédit a été mis "sur le marché" ntellectuel mais c'est sans doute grâce au Nobel que cette pratique a été popularisée dans sa double dimension : préférence donnée au crédit aux plus pauvres, et préférence absolue au crédit destiné aux femmes. (2) Je me suis mal exprimé : je ne pense pas non plus que la théorie friedmanienne soit déjà révolue ni que la pratique qui en découle ait disparu, juste que, sans doute, l'heure de sa mise en cause sur la place publique a enfin sonné. Les ravages provoqués partout dans le monde (et pas seulement dans les pays cités, même si ailleurs on pourrait parler de "chocs de basse intensité" comme on parle de "guerre de basse intensité") ont été et se révèlent chaque jour plus dramatiques et de plus en plus de gens en prennent conscience. L'ultralibéralisme fera sans doute désormais l'objet d'une mise en cause fondamentale et c'est heureux, même si sa fin n'est pas pour demain. A ce propos, je n'ai pas parlé de Klein par distraction et surtout parce que je la connais moins. Merci de m'avoir rafraichi la mémoire.
@scarron;En effet, Krugman, Stiglitz zt Naomi klein mettent le doignt là où ça fait mal, non seulement sur le néolibéralisme débridé mais surtout sur les aberrations du néolibéralisme financier.Stiglitz avait fort opportunément démontré que les recettes imposées par la banque Mondiale non seulement ne fonctionnaient pas; Klein démontre dans sa "Stratégie dces Chocs" que la BM est complice de friedman et de l'eécole De chicago qui prônent des "chocs dévastateurs" pour "repartir d'une page blanche" afin de laisser "la main invisible" travailler en toute liberté....Comme celà s'est fait au Chili, en Argentie,en bolivie, en Pologne, en russie, en Chine (avec des dizaines de millers de morts directs comme conséquence, et des millions en 'dégâts collatéraux"...Je ne partage malheureusement pas ton avis que l'érè Friendmannienne soit révolue (peut être que du contraire)....
@scarron Ne pas confondre avec les Sciences classiques (issues de Newton) qui ne décrivent que des systèmes dynamiques stables ne constituant qu'une petite partie de la réalité physique.Ce qui se produit maintenant (économie, climatologie, et autres sciences humaines) sont des fluctuations de plus en plus fréquentes et importantes loin de l'équilibre, donc ne pouvant être décrites par la science classique."Bifurcation à l'horizon" n'est que la seule certitude que nous puissions avoir. Vers quoi, don't know, par définition.
[3] AIin s'énerve : "Mensonges!!!! C'est un abus de langage volontaire pour faire ASSIMILER L'ECONOMIE A UNE SCIENCE au service de l'humanité. [...] Les seuls Prix Nobel qui existent sont: Paix, Chimie, Physique, Médecine et Littérature." -- -- Tiens, je ne savais pas que la paix et la littérature étaient des sciences !?? Surtout quand on voit qu'un grand lama a reçu le premier : on est certainement loin d'une science exacte. Par ailleurs, Alin confond "mentir" (= tromper volontairement dans le but de nuire) et "assimiler peut-être trop vite deux dénominations différentes mais non contradictoires". Je ne sais pas s'il importe beaucoup qu'un "prix Nobel" soit différent d'un "prix en hommage à Nobel" si l'exigence de rigueur scientifique est égal de l'un à l'autre et si les personnes récompensées montrent un mérite équivalent. Yunus a été prix Nobel de la paix, alors qu'il est économiste, Stiglitz, qui fait le même métier et dit au fond la même chose est prix "Nobel" d'économie.
Personnellement, j'aurais aimé voir le prix "Nobel" d'économie attribué à Yunus plutôt que celui de la paix. A l''époque, cela aurait été un excellent signal pour montrer qu'il existait d'autres approches économiques que celles préconisées par des institutions au service du capital comme le FMI ou la Banque mondiale. Lui attribuer le prix Nobel de la Paix revenait à disqualifier une bonne partie de son travail et à le mettre sur le seul plan de l'humanitaire un peu rêveur. Alors que son approche est beaucoup plus rationnelle que la plupart des théories économiques fumeuses qui mènent le monde à sa perte.
[1] alyroe dit : "L'Amérique que j'espère Enfin un "Liberal" américain, opposant de la première heure à la vision reaganienne de l'économie, primé par ce prix d'économie ! A lire, son dernier livre traduit en français : "L'Amérique que nous voulons" qui explique bien comment on en est arrivé à la crise actuelle !" -- -- Stiglitz, qui a reçu le même prix "en hommage à" Nobel il y a quelques années a exposé en fait grosso modo la même chose dans ses 4 ou 5 derniers ouvrages. Il semble que Friedman, son école et les dérives dangereuses qu'il a induit, ait bien été mis à la trappe et c'est fort heureux. ---
[3] AIin s'énerve : "Mensonges!!!! C'est un abus de langage volontaire pour faire ASSIMILER L'ECONOMIE A UNE SCIENCE au service de l'humanité. [...] Les seuls Prix Nobel qui existent sont: Paix, Chimie, Physique, Médecine et Littérature." -- -- Tiens, je ne savais pas que la paix et la littérature étaient des sciences !?? Surtout quand on voit qu'un grand lama a reçu le premier : on est certainement loin d'une science exacte. Par ailleurs, Alin confond "mentir" (= tromper volontairement dans le but de nuire) et "assimiler peut-être trop vite deux dénominations différentes mais non contradictoires". Je ne sais pas s'il importe beaucoup qu'un "prix Nobel" soit différent d'un "prix en hommage à Nobel" si l'exigence de rigueur scientifique est égal de l'un à l'autre et si les personnes récompensées montrent un mérite équivalent. Yunus a été prix Nobel de la paix, alors qu'il est économiste, Stiglitz, qui fait le même métier et dit au fond la même chose est prix "Nobel" d'économie.
@ [6] alyroe Réjouissons nous aussi pour le "Prix Nobel d'Economie" reçu par Milton Friedman en 1976 pour "ses travaux sur « l'analyse de la consommation, l'histoire monétaire et la démonstration de la complexité des politiques de stabilisation »" ? :-) Friedman qui a fondé l'Ecole de Chicago et dont le courant ultra-libéral a été appliqué sans pitié partout, en commençant par les USA et la Russie, la Chine et le Chili de Pinochet, en passant par la Pologne, la Bolivie, l'Afrique du Sud et j'en passe? Friedman qui est à la base de ce courant libéral qui balaie maintenant la planète en causant les pires désastres économiques, sociaux et écologiques? Oui, on peut se réjouir de voir un "non-aligné" gagner le prix de temps en temps, mais la plupart du temps, les travaux de ceux qui ont gagné ce prix n'ont pas servi à l'amélioration de la condition humaine, bien au contraire.
@Euro En tant qu'économiste (non pratiquant) , je vous trouve injuste :l'économie est une science en ce sens qu'elle tente par l'analyse d'étudier et de comprendre des phénomènes. Oui, elle peut se tromper, comme la médecine (qu'on enseigne à l'univ') et la physique ou la chimie : des patients meurent, des fusées explosent, des expériences tournent mal. Sans théorie économique, avec tous ses défauts, je ne pense pas que nous pourrions gérer un pays. Pour ce qui est des banques US, il s'agit de crétins qui ont joué avec le feu..Rien à voir.