Eric Woerth de nouveau dans la tourmente
Rédaction en ligne
lundi 16 août 2010, 15:13
Eric Woerth aurait certifié ne gagner que 3.000 euros par mois – soit bien moins que la réalité selon Médiapart – lors d’un emprunt réalisé en 2008 pour sa campagne des municipales à Chantilly. La Banque a formellement démenti.
(afp)
Le ministre français du Travail Eric Woerth, fragilisé depuis des semaines par des soupçons de conflit d’intérêts avec la milliardaire Liliane Bettencourt, a été à nouveau mis en cause dans la presse lundi à propos de déclarations sur ses revenus qui seraient mensongères.
Selon le site d’information Mediapart, l’ex-ministre du Budget Eric Woerth a rempli une déclaration de revenus tronquée pour obtenir un prêt de la banque Crédit Agricole pour sa campagne municipale à Chantilly, commune située au nord de Paris dont il est maire depuis 2005. Une information qualifiée lundi d’« absurdité » par l’entourage du ministre.
Le Crédit Agricole a lui « apporté un démenti formel à toutes les allégations ou interprétations qui pourraient vouloir être tirées d’un document de travail purement provisoire et ne représentant aucun caractère contractuel ». La banque n’exclut pas en conséquence de saisir la justice pour « violation du secret bancaire », selon un communiqué adressé à l’AFP.
Début 2008, M. Woerth a contracté un emprunt de 6.500 euros sur huit mois auprès de l’agence du Crédit Agricole de sa ville pour les besoins de financement de sa campagne municipale. Le formulaire de demande de prêt fait état d’un revenu mensuel de 3.000 euros, alors qu’il perçoit environ 14.000 euros bruts par mois comme ministre et quelque 2.400 euros comme maire, affirme Mediapart, qui cite un document de la banque. Prenant en compte les différents emprunts de M. Woerth, le Crédit Agricole aurait calculé, à partir de sa déclaration, que ce dernier disposait de « 112 euros par mois pour vivre » et présentait un « endettement bancaire de 89 % », selon Mediapart, qui s’interroge sur l’intérêt du ministre à « mentir sur sa situation ».
Contacté par l’AFP, l’entourage d’Eric Woerth a assuré lundi que le prêt avait été « souscrit dans des conditions normales comme tous les prêts électoraux », soulignant qu’il avait été « remboursé également à des conditions normales et classiques ».
Eric Woerth est depuis juin au cœur de l’affaire Bettencourt, soupçonné de possibles conflits d’intérêts entre ses anciennes fonctions gouvernementales, son ancien poste de trésorier du parti présidentiel, et l’embauche de sa femme en 2007 par la société gérant le patrimoine de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal. Il a en outre été récemment mis en cause pour avoir attribué la Légion d’honneur au comptable ayant certifié ses comptes de campagne municipale.
Ces épisodes fragilisent un ministre clé du gouvernement, chargé de mener l’impopulaire réforme des retraites, projet majeur de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy.
(afp)