Besson ironise sur la politique d’immigration d’Obama
Rédaction en ligne
vendredi 20 août 2010, 09:37
Eric Besson a ironisé sur les 600 millions de dollars débloqués par Barack Obama pour renforcer la sécurité à la frontière mexicaine. « En France, on en entendrait parler », a-t-il assuré.
(epa)
Le ministre français de l’Immigration Eric Besson a ironisé jeudi à Washington sur les 600 millions de dollars débloqués par Barack Obama pour renforcer la sécurité à la frontière mexicaine, estimant que si l’Europe en faisait autant « en France, on en entendrait parler ». « Je me souviens que lorsqu’il a été élu, on m’expliquait que je devrais m’inspirer de la politique généreuse, de régularisations massives, qu’allait mener Barack Obama », a déclaré le ministre lors d’un point presse en marge d’une rencontre avec la ministre américaine à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.
Les expulsions de Roms donnent « une mauvaise image de la France »
La politique de Paris à l’égard des Roms, dont 86 ont été expulsés jeudi vers Bucarest, donne « une mauvaise image de la France » et elle est « contraire à la tradition française de respect des droits de l’homme », a estimé vendredi un secrétaire d’Etat roumain.
« J’ai le sentiment que l’on stigmatise un groupe dans son ensemble. C’est contraire à la tradition française de respect des droits de l’homme. Cela donne une mauvaise image de la France », a déclaré dans un entretien au journal Le Parisien Valentin Mocanu, secrétaire d’Etat à la Solidarité, chargé du dossier des Roms.
« Je n’ose pas imaginer que votre gouvernement souhaite volontairement donner cette image. Je suis aussi étonné que beaucoup de vos collectivités locales souscrivent à des actions contre les Roms ».
« On m’a par ailleurs rapporté des cas très concrets de discrimination, comme ce commerçant qui n’a pas voulu que des Roms entrent dans son magasin. Ca m’a personnellement choqué », a-t-il ajouté.
« Si demain l’Union européenne décidait d’accorder 600 millions de plus à la protection de ses frontières, je pense qu’en France on en entendrait parler », a ironisé M. Besson. « Les Etats-Unis font ce qu’ils veulent, ils sont maîtres chez eux, je n’ai pas d’avis à exprimer, je constate simplement que ce n’est pas tout à fait ce qu’en France on avait cru comprendre de ce que disait Barack Obama sur l’immigration », a encore réagi le ministre.
Le président américain a promulgué la semaine dernière un plan de 600 millions de dollars, prévoyant le déploiement de 1.500 agents supplémentaires ainsi que la mise en service de drones (avions sans pilotes) supplémentaires le long des 3.100 km de frontière que se partagent Etats-Unis et Mexique.
Au premier jour d’une série d’expulsions de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie, Eric Besson a signé jeudi à Washington avec Janet Napolitano « un arrangement législatif » autorisant le déploiement à partir du 28 août à Roissy de quatre agents américains. Ces « agents de liaison » pourront identifier les passagers embarquant pour les Etats-Unis sur lesquels ils auraient un doute et conseiller à la compagnie aérienne de ne pas les laisser embarquer. « On a accepté sur une base réciproque. Si nous voulons installer des officiers dans les principaux aéroports américains, nous pourrons le faire », a précisé M. Besson, affirmant qu’« à ce stade, nous ne le prévoyons pas ».
Le ministre a également annoncé avoir obtenu un accord de principe de la part de l’administration américaine pour participer le 6 septembre, puis les 21 et 22 octobre, à deux réunions des principaux pays européens, des Etats-Unis et du Canada sur la lutte contre les filières de l’immigration clandestine.
(afp)