Sécurité : Villepin dénonce une « tache de honte » sur le drapeau français
Rédaction en ligne
lundi 23 août 2010, 12:31
L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin dénonce une « faute morale » et appelle à un « devoir de refus », dans un réquisitoire contre la potitique sécuritaire renforcée du président Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur, lui, se dit « disposé » à recevoir qui veut pour parler des Roms.
© EPA
Ennemi juré à droite du président français, Dominique de Villepin appelle, dans une tribune au quotidien Le Monde, chaque Français à « réagir en conscience, quels que soient son âge et sa condition et où qu’il se trouve, à Paris ou en province, pour marquer à sa façon son refus de cette dérive inacceptable ».
Hortefeux disposé à recevoir qui veut
Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux s’est dit « disposé » lundi à recevoir le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, après les critiques émises par plusieurs hommes d’Eglise sur les mesures prises à l’encontre des Roms, ainsi que les remarques du pape Benoît XVI. « Si certains souhaitent me rencontrer, je serais tout à fait heureux de le faire pour écouter ce qu’ils ont à me dire ».
Concernant les propos du pape, le ministre de l’Intérieur a déclaré avoir « entendu, naturellement, avec attention, ce que (le souverain pontife) a exprimé ». Brice Hortefeux a répété lundi matin que le gouvernement agissait « dans le cadre de textes qui sont prévus par la Commission européenne ». « Nous sommes aussi respectueux des droits individuels, puisque, s’agissant des Roms, nous les reconduisons dans leur pays sur la base du volontariat et avec un concours financier ».
Il a précisé que 88 camps avaient été démantelés jusqu’à présent, ajoutant que « 850 Roms environ » seront reconduits dans leur pays.
L’ex-Premier ministre, qui ambitionne d’être candidat à l’élection présidentielle de 2012, évoque un « devoir de refus » à l’égard de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, qui s’est traduite la semaine dernière par plus de 200 expulsions très médiatiques de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie.
« Il y a aujourd’hui sur notre drapeau une tache de honte », écrit-il.
« Il y a aujourd’hui un devoir à remplir pour tous les républicains de France (…) face à la tache qui menace de flétrir l’idée même que nous nous faisons de la France. Un devoir de refus. Un devoir de rassemblement », ajoute-t-il.
Après plusieurs faits divers médiatiques, Nicolas Sarkozy avait annoncé fin juillet, dans un discours à Grenoble (centre-est) que les camps illégaux de Roms seraient démantelés et certains criminels d’origine étrangère déchus de leur nationalité française.
Ces mesures établissant un lien entre immigration et insécurité ont suscité de nombreuses critiques à gauche et à l’étranger, ainsi que de responsables de l’Eglise catholique. Mais le gouvernement affirme que cette politique « rassemble les Français » lassés, selon lui, des actes de délinquance et des incivilités.
« Il aura suffi d’un discours à Grenoble et d’un été, d’un seul été, pour que tout bascule, de la lutte contre l’insécurité à l’indignité nationale. Je dis bien +nationale+ car le président de la République nous engage tous », affirme Dominique de Villepin, appelant à « préparer l’alternative républicaine qui s’impose ».
(afp)