Besson veut élargir les motifs d’expulsion des Roms
Rédaction en ligne
lundi 30 août 2010, 21:47
Le gouvernement français prévoit un projet d’amendement à la loi visant notamment les Roms et permettant de renvoyer des étrangers en cas de « menace à l’ordre public à l’occasion d’actes répétés de vols ou de mendicité agressive », a annoncé le ministre de l’Immigration.
AFP
Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé fin juillet un durcissement de la politique sécuritaire de la France, avec notamment le démantèlement des campements illégaux de Roms dont certains vivent de mendicité et de petits boulots, provoquant de vives critiques en France et à l’étranger.
Les rapatriements des Roms de France ne sont pas une solution »
Les rapatriements de Roms depuis la France avec une somme d’argent ne sont “pas une solution”, a estimé lundi le ministre roumain des Affaires étrangères Teodor Baconschi, en appelant au dialogue bilatéral et européen pour l’intégration de cette minorité.
“Ces rapatriements volontaires en échange d’une somme d’argent que reçoivent nos concitoyens roms pour accepter de revenir en Roumanie, ce n’est pas une solution”, a déclaré le chef de la diplomatie roumaine lors d’une interview à la télévision nationale roumaine TVR.
Le ministre a insisté sur le besoin “de fonds, de volonté politique, de dialogue bilatéral et européen et en même temps de programmes concrets” pour améliorer la situation des Roms.
“Nous comptons sur la coopération honnête de Paris. Il faut des logements, améliorer l’accès à l’éducation, au système sanitaire.
Cela ne pourra pas se faire en 48 heures. C’est un problème multiséculaire et transnational”, a estimé M. Baconschi.
« Il nous faut élargir les possibilités de prendre des arrêtés de reconduite à la frontière pour menace à l’ordre public à l’occasion d’actes répétés de vols ou de mendicité agressive », a déclaré lundi le ministre de l’Immigration Eric Besson. Un « amendement sera déposé à cette fin », a-t-il ajouté.
Evoquant de nouvelles mesures pour « lutter plus efficacement contre les filières d’immigration clandestine et de traite des êtres humains en provenance de Roumanie et Bulgarie », Eric Besson a annoncé deux autres amendements dans le cadre du projet de loi sur l’immigration qui sera soumis le 27 septembre à l’Assemblée nationale. Le premier permettra de « sanctionner ceux qui abusent du droit au court séjour (trois mois maximum, ndlr) afin de contourner les règles plus strictes du long séjour » (avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes, et avoir une assurance-maladie), a-t-il précisé. Le deuxième permettra « la reconduite dans leurs pays d’origine des personnes qui représentent une charge déraisonnable » pour le système d’assistance sociale.
Le ministre a indiqué que 979 ressortissants roumains et bulgares en situation irrégulière avaient été reconduits entre le 28 juillet et le 17 août, dont 151 « de manière contrainte » et 828 « de manière volontaire ». Cette dernière procédure permet à la personne, obligée de quitter la France, de manifester formellement sa volonté de partir et de percevoir ainsi une aide au retour de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant.
Au total 8.313 Roumains et Bulgares ont été expulsés depuis le 1er janvier, contre 9.875 pendant l’ensemble de l’année 2009, selon son ministère.
Lors d’une conférence de presse commune, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a justifié ce tour de vis sécuritaire en affirmant que les actes de délinquance perpétrés par des Roumains, à Paris, avaient augmenté de 259 % en 18 mois.
« Aujourd’hui, à Paris, la réalité est que près d’un auteur de vol sur cinq est un Roumain », a dit M. Hortefeux, et « un vol commis par un mineur sur quatre l’est par un mineur roumain ».
De son côté, le Premier ministre François Fillon, qui jusque-là était apparu très en retrait sur ce dossier, a défendu lundi cette « politique qui respecte la loi », tout en fustigeant « la surenchère » parmi ceux qui, dans son camp, se sont « servis » de ce thème « pour des motifs politiques ». Il a affirmé que cette politique n’était « pas nouvelle » et que c’était aussi celle « que conduisent la quasi totalité des pays européens, y compris ceux qui aujourd’hui font des remarques sur la politique française ».
Le gouvernement français a été vivement mis en cause par la société civile, la gauche, les Eglises pour cette politique. Après l’ONU et la Commission européenne, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a fait part lundi de son inquiétude.
AFP
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