Roms et nazisme : Paris demande des « explications »
Rédaction en ligne
mercredi 08 septembre 2010, 21:33
Après qu’un responsable du Conseil de l’Europe a comparé « la rhétorique politique contre les Roms » à celle des « nazis », Pierre Lellouche a décidé de « demander des explications » officielles.
(afp)
Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche va « officiellement demander des explications » au commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe qui a comparé « la rhétorique politique contre les Roms » à celle des « nazis », a-t-il indiqué mercredi à l’AFP.
« J’ai donné instruction à notre chargé d’affaires à Strasbourg de faire dès demain une démarche officielle pour demander des explications à Thomas Hammarberg », commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, a déclaré M. Lellouche à l’AFP. « Je suis supris et choqué par ses propos sur Twitter qui utilisent des termes extrêmement graves – nazis, fascistes – qu’il semble lier à la République française par le biais d’un lien électronique », a poursuivi M. Lellouche.
M. Hammarberg a affirmé mercredi sur son profil Twitter que la rhétorique politique actuelle contre les Roms était similaire à des termes utilisés dans le passé par les nazis et les régimes fascistes. Il publie également un lien renvoyant vers un reportage de la télévision allemande 3Sat, où il vise notamment le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi.
En croisade contre l’immigration irrégulière et la délinquance, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont durci les mesures contre les Roms, démantelant des dizaines de camps et, moyennant une aide financière, renvoyant des centaines d’entre eux vers leurs pays d’origine, essentiellement la Roumanie. Ce tour de vis a suscité en France la réprobation de l’opposition, de la société civile, des églises et l’inquiétude à l’étranger.
Mardi au Parlement européen à Strasbourg, la France s’est retrouvée sur le banc des accusés, à l’occasion d’un débat sur la situation des Roms en Europe. Le gouvernement français avait dénoncé des propos « totalement excessifs » de certains députés européens.
Paris a répété ces dernières semaines que tout se déroulait dans le cadre des lois de la République et des règles européennes, invoquant une très forte hausse des actes de délinquance commis par des Roumains. « Je le répète, dans sa gestion du dossier douloureux de la communauté Rom en Europe, la France ne fait qu’appliquer le droit européen », a encore dit M. Lellouche. Le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes sera jeudi avec son collègue de l’Immigration Eric Besson en Roumanie pour tenter d’expliquer aux dirigeants de ce pays une politique qui les agace.
(afp)