Roms : « Pas question » de suspendre les reconduites
Rédaction en ligne
jeudi 09 septembre 2010, 14:58
Alors qu’une résolution du Parlement européen demande à la France de suspendre les reconduites de Roms, Eric Besson a déclaré qu’il n’était « pas question » d’arrêter les expulsions.
(epa)
Le ministre français de l’Immigration Eric Besson a déclaré jeudi à Bucarest qu’il n’est « pas question » que la France suspende les reconduites de Roms comme le lui demande une résolution du Parlement européen votée jeudi.
« Je veux très clairement dire qu’il n’est pas question que la France suspende les reconduites dans les pays d’origine, qu’il s’agisse d’ailleurs de Roumains, de Bulgares ou de tout autre ressortissant », a déclaré M. Besson lors d’une visite à Bucarest. « Le Parlement européen est sorti de ses prérogatives et nous n’avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique », a-t-il ajouté en affirmant que la « France applique scrupuleusement le droit communautaire et elle respecte scrupuleusement la loi républicaine française ».
La résolution du Parlement qui demande à Paris et à d’autres Etats européens de suspendre les expulsions de Roms vers leurs pays d’origine n’a pas de caractère obligatoire.
Dans un communiqué, M. Besson soutient par ailleurs que « la France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms ». « Les Roms ne sont pas considérés en tant que tels mais comme des ressortissants du pays dont ils ont la nationalité », poursuit-il regrettant « les caricatures et tentatives d’instrumentalisation » concernant la politique française.
Le ministre de l’Immigration juge également que la France « ne met en œuvre aucune expulsion collective et privilégie les retours volontaires et aidés ». Il souligne également que Paris « n’a aucunement le projet de généraliser un système d’empreintes biométriques pour une quelconque communauté » ; pour lui, le fichier Oscar vise seulement à éviter la délivrance successive de plusieurs aides au retour.
Fin juillet, le gouvernement français a annoncé un tour de vis sécuritaire lors d’une réunion à l’Elysée consacrée aux Roms et gens du voyage. Le gouvernement avait notamment annoncé une accélération du démantèlement des camps illégaux, précisant que 200 campements illégaux de Roms venus d’Europe de l’Est étaient visés.
(afp)