Roms : la France rejette les critiques européennes
Rédaction en ligne
lundi 13 septembre 2010, 16:35
Le secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche, a sèchement rejeté lundi les critiques en Europe visant la politique de Paris à l’égard des Roms, affirmant que son pays n’avait pas de leçon à recevoir et était « souverain ».
Il faisait allusion à une directive du ministère français de l’Intérieur, datée du 5 août, ciblant expressément l’évacuation des camps de Roms et qui suscite la controverse.
« C’est une bulle d’hypocrisie », a estimé M. Lellouche qui a accusé la Commission européenne de « ne pas avoir fait grand-chose pour les Roms » avant que, selon lui, la France ne mette ce dossier sur le devant de la scène.
« La France est un grand pays souverain. On n’est pas à l’école. Nous appliquons notre loi », a-t-il martelé. « Je n’ai pas l’intention d’être traité, au nom de la France, comme un petit garçon », a-t-il ajouté.
Il a aussi contesté que la Commission européenne soit la gardienne des traités européens, ce qui est pourtant l’une de ses missions. « Le gardien des traités c’est le peuple français », a-t-il dit.
Le président français avait organisé le 28 juillet une réunion à l’Elysée sur les « problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ».
Depuis, plus d’un millier de Roms ont été renvoyés en Roumanie et en Bulgarie, moyennant une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant. Les démantèlements des camps de Roms ont valu à la France des accusations de « racisme d’Etat » et de « xénophobie ».
AFP