69 Roms décollent de Marseille pour Bucarest
Rédaction en ligne
mardi 14 septembre 2010, 16:44
Soixante-neuf Roms, dont 12 enfants, ont décollé mardi après-midi de l’aéroport de Marseille-Provence, dans le sud de la France, à bord d’un avion spécialement affrété à destination de Bucarest. Un vol « basé sur le volontariat » selon l’Office de l’Immigration. Une « sinistre mascarade illégale » dénonce l’association « Rencontres tsiganes ».
Soixante-neuf Roms, dont 12 enfants, ont décollé mardi après-midi de l’aéroport de Marseille-Provence, dans le sud de la France, à bord d’un avion spécialement affrété à destination de Bucarest, a-t-on appris auprès de la police aux frontières.
Ce vol, assuré par la compagnie roumaine Blue Air, est basé sur « le volontariat dans le cadre d’une procédure normale » d’aide au retour, a déclaré Alain Testot, directeur territorial de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).
Sur la centaine de Roms attendus, seulement 69 se sont présentés.
Présent sur place, Alain Fourest, président de l’association « Rencontres Tsiganes en Provence-Alpes-Côte d’Azur », a dénoncé une « sinistre mascarade, scandaleuse, illégale ».
« Ces familles repartent le ventre serré (…), elles ont le choix entre rentrer de force dans le pays dont ils sont originaires ou mourir de faim et être harcelées quotidiennement par la police, voire même dans certains cas, par le voisinage », a-t-il affirmé.
Cette opération intervient alors que le ministre français de l’Intérieur Brice Hortefeux a signé lundi une nouvelle circulaire aux préfets sur les évacuations de campements illicites, sans mention de l’ethnie des occupants, après deux jours de tollé sur une précédente circulaire visant explicitement les Roms.
La Commission européenne a menacé mardi de poursuivre Paris en justice pour sanctionner les expulsions de Roms roumains et bulgares et accusé les autorités françaises de duplicité.
Depuis le tour de vis sécuritaire annoncé par le président Nicolas Sarkozy fin juillet, plus d’un millier de Roms ont été reconduits en Roumanie et en Bulgarie, la plupart avec une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant.
Environ 15.000 Roms vivent en France, où ils bénéficient des règles de libre-circulation de l’UE mais vivent souvent dans des abris de fortune. Après trois mois passés en France, sans domicile ni sources de revenus, ils sont dans l’illégalité et deviennent expulsables.
(D’après AFP)