La France veut instaurer une taxe Tobin en solitaire

Rédaction en ligne

vendredi 06 janvier 2012, 17:50

La France a pris de court ses partenaires européens en annonçant qu'elle allait instaurer seule une taxe sur les transactions financières. Une décision en solitaire qui ne rassure pas les marchés sur la cohésion et l'entente au sein de l'Union européenne.

La France veut instaurer une taxe Tobin en solitaire

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« Il y aura une décision sur la taxation des transactions financières pour ce qui concerne la France avant la fin du mois de janvier », a déclaré vendredi Henri Guaino, conseiller spécial du président français Nicolas Sarkozy. « Prête à donner l'exemple, la France se ralliera aussitôt que l'Europe aura pris une décision », a-t-il poursuivi, rappelant que l'Allemagne avait « donné son accord » sur le principe d'une telle taxe.

Une taxe Tobin uniquement en France serait contre-productive

La taxe sur les transactions financières, dont les contours sont encore flous mais que le gouvernement français semble vouloir mettre en place avant la présidentielle pourrait être « dangereuse » et « contre-productive » si la France décide de se lancer sans ses alliés européens, selon les experts.« Ce serait très dangereux de faire une loi seulement pour la France. Il faudrait au moins que nous le mettions en place au niveau de l'Europe des 27 », affirme Christian Saint-Etienne, professeur à Paris-Dauphine.

« Cela n'a pas de sens étant donné que les transactions sont largement mondialisées », renchérit Alain Trannoy, de l'Ecole des hautes études de sciences sociales (EHESS), qui rappelle la tentative malheureuse de la Suède, qui avait mis en place en solitaire une telle taxation dans les années 1990 avant d'abandonner devant l'ampleur des délocalisations engendrées.

« Avec cette taxation, l'Etat ne se met pas une balle dans le pied mais carrément dans la tête », juge pour sa part Jacques Delpla, membre du Conseil d'analyse économique (CAE).

Le président du Conseil italien, Mario Monti, qui doit s'entretenir en fin d'après-midi avec M. Sarkozy, a aussitôt rappelé Paris à ses devoirs européens, à l'unisson de Bruxelles et de Berlin, au moment où la zone euro suscite de nouvelles inquiétudes. Les bourses européennes, dans le vert dans la matinée, ont d'ailleurs replongé dans l'après-midi, repassant toutes brutalement dans le rouge, à l'exception de Londres, peu après 15H30.

M. Monti a ainsi jugé « nécessaire que les différents pays européens n'aillent pas en solitaire dans l'application » de cette taxe sur les transactions financières, au sortir d'un déjeuner avec le Premier ministre français François Fillon. Berlin a de son côté sèchement rappelé que sa position était inchangée. « Le but est d'aboutir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières dans l'Union européenne », a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Enfin, la Commission européenne a rappelé la nécessité d'une « approche cohérente » entre les pays européens en vue d'obtenir des « résultats efficaces ».

« Le problème est le fonctionnement de la zone euro »

Cette nouvelle pomme de discorde entre la France et ses partenaires européens intervient avant une nouvelle rencontre lundi à Berlin entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français, censée harmoniser les positions des deux poids lourds de la zone euro avant un sommet européen à la fin du mois. M. Monti, qui doit faire une déclaration à la presse aux côtés de M. Sarkozy vendredi en fin d'après-midi, rencontrera également Mme Merkel la semaine prochaine à Berlin.

Les tensions dans le couple franco-allemand ont régulièrement alimenté les inquiétudes des marchés alors que les gouvernements européens peinent à trouver une solution durable à la crise de la dette dans laquelle la zone euro se débat depuis plus de deux ans. « Le problème est avant tout le fonctionnement de la zone euro, qui laisse à désirer », a expliqué au journal Le Parisien Jean-Michel Six, chef économiste pour l'Europe de Standard and Poor's.

La crise de l'euro va aussi continuer à avoir des répercussions au niveau mondial, notamment en Afrique, dont les économies dépendent en partie des échanges avec l'Europe, a souligné vendredi la directrice générale du FMI Christine Lagarde, en visite à Johannesburg. Les prévisions de croissance mondiale du FMI pour 2012, jusque là de 4 %, « devraient être révisées à la baisse » autour du 25 janvier, a prévenu Mme Lagarde.

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[16] gregger dit le 08/01/2012, 09:50

Pauvre France... Prise entre des socialistes nostalgiques et une droite qui n'en est pas une, la France continue de pénaliser sa propre activité économique. La population française rejette la faute de son déclin sur les autres (marchés, entrepreneurs), ce qui va encore empirer son sort...dommage pour eux...

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[15] lesaphir dit le 07/01/2012, 10:11

Le titre exact serait: la France prend l'initiative... Certes pour des raisons électoralistes.

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[14] lesaphir dit le 07/01/2012, 09:38

Enfin une bonne nouvelle.

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[13] cohasset dit le 07/01/2012, 06:53

En faisant cavalier seul, la France, via M. Sarkozy, fait une erreur sratégique qui lui sera gravement dommageable. Il est bien évident que les institutions qui feraient l'objet de la taxe chercheront immédiatement à trouver (et trouveront, je vous le garantis) un exutoire qui sera d'ailleurs parfaitement légal (tout comme Paribas échappa -- légalement -- à la nationalisation imbécile des banques introduite par Mitterrand en 81). La France se trouvera dans une position non-compétitive par rapport aux Etats (notamment l'Angleterre, évidemment) qui n'introduiront pas de taxe ''Tobin'' -- à tel point que cette mesure idiote sera abolie avant longtemps. C'est juste un pétard mouillé.

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[12] lepetitprince dit le 06/01/2012, 22:28

Il est clair que Sarko va toutes les sortir maintenant qu'il est en campagne. Sans doute proche est le jour ou l'on pourra lire que ces sont les méchants allemands, la méchante commission, les méchantes agences de notation ou autres qui empêchent de la mettre en place mais que Sarkoléon lui ne veut que ça. D'ailleurs si il est réélu il se battra contre tous les méchants pour que cette taxe voit le jour. Enfin, sauf si il change d'avis.

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