Deux humanitaires enlevées au Darfour

AFP

vendredi 03 juillet 2009, 23:41

Une Irlandaise et une Ougandaise travaillant pour l’organisation humanitaire irlandaise Goal ont été enlevées par un groupe d’hommes armés au Darfour, dans l’ouest du Soudan.

« Des hommes armés non identifiés se sont présentés vendredi à la résidence de l’ONG Goal à Kutum, dans le Darfour-Nord. Ils ont emmené un gardien soudanais, une Irlandaise et une Ougandaise. Le gardien soudanais a été relâché plus tard », a déclaré cette source qui a requis l’anonymat.

Un responsable de l’ONU, qui a également demandé l’anonymat, a confirmé l’enlèvement des deux humanitaires, sans toutefois fournir plus de détails.

Il s’agit du troisième cas d’enlèvement de travailleurs humanitaires étrangers au Darfour depuis le mandat d’arrêt émis le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour.

Le Soudan avait répondu à ce mandat en expulsant 13 ONG internationales et en fermant trois organisations locales, une décision qui avait été critiquée par l’ONU. Khartoum a finalement accepté le retour de nouvelles ONG occidentales.

Quatre membres de la section belge de l’ONG française Médecins sans frontières (MSF) – un Français, une Canadienne, un Italien, et un Soudanais – avaient été enlevés au Darfour-Nord peu après l’annonce du mandat de la CPI contre M. Béchir. Ils ont été relâchés quelques jours plus tard.

Une Française et une Canadienne, membres de l’ONG française Aide médicale internationale (AMI), ont ensuite été enlevées le 4 avril à Ed el-Fursan, dans le Darfour-Sud, avant d’être libérées trois semaines plus tard.

Dans ces deux cas, des organisations françaises semblaient avoir été ciblées par les hommes armés dont l’identité précise n’a jamais été dévoilée.

Il s’agissait de la première fois depuis le début du conflit au Darfour en 2003 que des travailleurs humanitaires étrangers – non Soudanais – avaient été enlevés pendant plus de 24 heures.

Le Darfour est le théâtre d’une guerre civile complexe à l’origine de 300.000 morts selon l’ONU --10.000 selon Khartoum-- et de 2,7 millions de déplacés.

Selon les rapports récents de la mission ONU-Union africaine au Darfour (Minuad), la situation dans cette vaste région est « relativement calme » mais demeure imprévisible. Un soldat de la Minuad a été la cible de tirs cette semaine par des hommes armés non identifiés.

(D’après AFP)

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