Le directeur de la FAO observe une grève de la faim
Rédaction en ligne
samedi 14 novembre 2009, 21:54
Le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a effectué une grève de la faim ce samedi à Rome, afin de « sensibiliser l'opinion publique », avant l'ouverture lundi d'un sommet sur « la sécurité alimentaire ».
Jacques Diouf a précisé ce samedi qu'il avait eu froid mais avait autrement bien dormi après avoir entamé la veille au soir une grève de la faim de 24 heures. Le directeur général de la FAO entendait, à travers cette action, témoigner sa solidarité avec le milliard d'êtres humains victimes de malnutrition chronique et sensibiliser l'opinion avant la tenue du sommet mondial sur la sécurité alimentaire à Rome la semaine prochaine.
Jacques Diouf a commencé sa grève de la faim vendredi à 20h locales dans le hall du siège de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). Les locaux n'étant pas chauffés pendant la nuit, il s'est équipé d'une écharpe, d'un bonnet de laine et d'un manteau enfilé sur son pyjama afin de passer la nuit sur un matelas de fortune constitué de blocs de mousse.
« J'ai plutôt bien dormi », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Le froid était le seul problème ». Le mercure dans la capitale italienne est en effet tombé à 8 degrés au cours de la nuit.
La FAO a précisé que Jacques Diouf souhaitait à travers cette action témoigner sa solidarité avec le milliard d'habitants souffrant de malnutrition chronique à travers le monde, lancer un appel à l'élimination de la faim, renforcer la sensibilisation mondiale, et presser les dirigeants internationaux d'agir.
D'après l'organisation onusienne, la production alimentaire internationale devra augmenter de 70 % pour nourrir, selon les projections, 9,1 milliards d'habitants en 2050.
Au cours du sommet qui se tiendra sur trois jours à partir de lundi, les dirigeants de la communauté internationale doivent s'engager à augmenter l'aide au développement agricole. Mais un projet de déclaration déjà approuvé par des délégués est dépourvu de toute promesse financière précise et ne mentionne pas la date-butoir de 2025 pour éliminer la faim comme l'avaient souhaité les Nations unies.
Jacques Diouf, qui poursuivait samedi sa grève de la faim à son poste de travail improvisé dans le hall de la FAO, a invité « toutes les personnes de bonne volonté » à se joindre à lui ce week-end et à observer un jeûne de 24 heures. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon devrait le faire dimanche. Le maire de Rome Gianni Alemanno a annoncé qu'il jeûnerait également pendant 24 heures à compter de dimanche après-midi.
« Nous disposons des moyens techniques et des ressources pour éliminer la faim dans le monde. C'est donc désormais une question de volonté politique, et la volonté politique est influencée par l'opinion publique », a déclaré M. Diouf. « Je nourris l'espoir que ce geste, uni à d'autres, contribue à atteindre notre objectif de réduction du nombre d'êtres humains sous-alimentés ; toutes les six secondes un enfant meurt de faim ou de maladie apparentée. »
(ap)