Russie : la thèse d’un attentat confirmée
Rédaction en ligne
samedi 28 novembre 2009, 19:36
Les enquêteurs russes ont confirmé ce samedi la thèse de l’attentat à la suite du déraillement dans la nuit du train de passagers Nevski Express reliant Moscou à Saint-Pétersbourg, qui a causé la mort d’au moins 26 personnes selon un bilan provisoire. Il n’y a pas de Belges parmi les victimes de l’attentat, a confirmé le ministère belge des Affaires Etrangères.
Larissa, la colonne vertébrale brisée, raconte la catastrophe
Larissa Petoukhova, 58 ans, allongée sur son lit d’hôpital la colonne vertébrale fracturée, a raconté la catastrophe du train Nevski Express reliant Moscou à Saint-Pétersbourg.
Revenant d’un voyage d’affaires à Moscou, son trajet a commencé par une heureuse surprise, Mme Petoukhova ayant rencontré par hasard une amie dans le train. Les deux femmes se sont alors installées sur la plate-forme, à l’extrémité du wagon, pour bavarder.
« Soudain, il y a eu un choc. Les lumières se sont éteintes et nous étions secoués dans tous les sens », raconte la passagère. « La porte s’est arrachée (…) j’ai été propulsée dans un coin, d’autres ont été projetés dans un autre coin. L’extincteur a été arraché du mur et roulait, comme nous, dans tous les sens sur la plate-forme », poursuit-elle.
Très rapidement, tout redevient calme. L’amie de Mme Petoukhova a ensuite vu une lumière venant de l’extérieur et « des hommes sont arrivés et nous ont sortis du wagon, j’ai rampé vers la sortie et nous avons appelé les secours ». « C’était des gens normaux, pas des policiers, mais ils étaient très professionnels », se souvient la passagère, depuis son lit d’hôpital dans la petite ville de Borovitchi, à quelques kilomètres des lieux du drame.
La voiture dans laquelle elle se trouvait était l’une des trois -les wagons 12, 13 et 14- à avoir déraillé suite à l’explosion. Larissa Petoukhova ne sait pas encore si elle pourra marcher : « Ils (les médecins) ont dit que je devais rester allongée pendant deux mois », dit-elle. Depuis son lit de ce petit hôpital de trois étages, elle raconte que les passagers indemnes ont eux pu repartir. « Je suis restée parce que j’avais besoin d’aide. Mes amis ne m’ont pas abandonnée. Et la police nous a beaucoup aidés », poursuit Larissa, que son fils a pu rejoindre.
(afp)
« Il est bien question d’un attentat », a déclaré le porte-parole du comité d’enquête du parquet fédéral à l’agence Interfax, Vladimir Markine. Cette thèse était déjà privilégiée par les autorités.
Un communiqué du comité a par ailleurs indiqué que « les restes d’un engin explosif » ont été découverts et qu’une enquête criminelle pour « terrorisme » avait été ouverte.
« Les données préliminaires font état de l’explosion d’un engin artisanal d’une puissance équivalente à sept kilos de TNT », a déclaré, selon les agences russes, le chef du FSB Alexandre Bortnikov.
Aucune revendication crédible n’avait été annoncée ce samedi en fin d’après-midi, mais le ministre russe de l’Intérieur, Rachid Nourgaliev, a assuré que la police disposait d’indices.
« Nous recevons beaucoup d’informations, toute information est importante et nous établissons des portraits robots. Nous avons des indices comme quoi plusieurs personnes ont participé » à l’attentat, a-t-il déclaré, selon Ria Novosti.
« Je tiens à dire qu’il y a beaucoup d’éléments qui peuvent nous indiquer la direction à suivre pour résoudre ce crime », a ajouté le ministre de l’Intérieur.
Au moins 26 morts
Le parquet, le ministère de la Santé et le ministère des Situations d’urgence ont pour leur part fait état d’au moins de 26 morts, de plus de 100 blessées et de 18 disparus, alors que des bilans précédents, oscillaient entre 25 et 39 morts.
« À l’heure actuelle, nous sommes informés de la mort de 26 personnes. Nous ne savons rien du sort de 18 autres personnes », a déclaré la ministre de la Santé, Tatiana Golikova.
Le PDG des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine a lui indiqué qu’un deuxième engin explosif avait mal fonctionné et avait été découvert ce samedi vers 14 heures locales, près de la voie ferrée.
Il a aussi noté que les circonstances du drame rappelaient l’explosion qui avait déjà fait dérailler le Nevski Express en août 2007, faisant 60 blessés.
Enfin, M. Iakounine a promis que le trafic serait rétabli sur la ligne avant la fin de la journée, alors que de nombreux trains reliant le nord de la Russie et Moscou étaient retardés de plusieurs heures.
Deux hauts responsables russes parmi les victimes
Dans la matinée, la télévision russe avait diffusé une vidéoconférence entre le président Dmitri Medvedev et les principaux responsables de la cellule de crise. Le chef de l’État y pressait les forces de l’ordre de « faire en sorte d’éviter le chaos » et ordonné à « la police d’aider les gens ».
La catastrophe s’est produite sur une des lignes les plus fréquentées de Russie, Moscou-Saint-Pétersbourg, à 284 kilomètres de l’ancienne capitale impériale, près du village d’Ouglovka, dans une zone de forêts et marécages.
Le déraillement de plusieurs wagons du Nevski Express, train haut de gamme souvent utilisé par les touristes étrangers, a eu lieu vendredi vers 21H30, heure locale, à la limite entre les régions de Novgorod et de Tver.
Au moins cinq des quatorze wagons ont été affectés à des degrés divers par l’explosion, les trois derniers étant les plus touchés.
Deux hauts responsables – le directeur du fonds de réserves d’urgence Rosreserv Boris Evstratikov et l’ancien sénateur Sergueï Tarassov – figurent parmi les morts, a précisé la gouverneur de Saint-Pétersbourg Valentina Matvienko à l’agence Interfax.
(afp)