36 morts dans un attentat à Moscou
Rédaction en ligne
lundi 29 mars 2010, 12:02
s'abonner
Au moins 36 personnes ont été tuées et 32 blessées dans un double attentat lundi matin dans le métro de Moscou. Les autorités russes l’attribuent à deux femmes kamikazes liées à des groupes rebelles du Caucase.
Les deux attentats suicide lundi matin dans le métro de Moscou ont fait 36 morts, selon un nouveau bilan, et des restes de corps des femmes qui les auraient commis ont été retrouvés, a indiqué le porte-parole du comité d’enquête du Parquet russe, Vladimir Markine.
Yves Leterme présente ses condoléances
Le Premier ministre Yves Leterme a présenté dans un communiqué « ses condoléances aux victimes des attentats à Moscou, ainsi qu’à leurs familles et à la population russe ». M. Leterme les a également présentées « à son homologue russe Vladimir Poutine ».
(D’après Belga)
« 24 personnes sont mortes et 17 blessées dans l’explosion de la station Loubianka. Dans la station Park Koultoury, 12 personnes sont mortes et 15 ont été blessées », a-t-il indiqué.
« À Park Koultoury, selon les données préliminaires, il s’agissait d’une femme kamikaze. Selon les fragments du corps en train d’être examinés, l’explosif était placé au niveau de la ceinture. La situation est la même à Loubianka », a-t-il déclaré.
« Pour l’instant, nous n’avons reçu aucun appel de revendication », a-t-il par ailleurs affirmé, ajoutant que la police de Moscou avait été « placée en régime renforcé ».
Selon une source au sein des services de sécurité, citée par l’agence Interfax, un avis de recherche a été lancé contre deux femmes qui auraient accompagné les kamikazes jusqu’au métro.
« Après avoir regardé les vidéos des caméras, des indices ont été recueillis sur deux femmes qui ont accompagné les kamikazes jusqu’à l’entrée du métro. Elles sont recherchées », a déclaré cette source.
Deux explosions
La première explosion a eu lieu dans une rame qui se trouvait dans la station Loubianka, dans le centre de la capitale russe, à 07h57 locales (03h57 GMT), à une heure de pointe. Vingt-trois personnes sont mortes et dix-huit ont été blessées, selon le ministère russe des Situations d’urgence. La Loubianka, où se situe le siège du FSB, est un site hautement symbolique à Moscou. Une deuxième explosion s’est produite à la station Park Koultoury à 08H36 (04H36 GMT). Elle a fait douze morts et quinze blessés.
Le directeur du FSB Alexandre Bortnikov, ainsi que le ministre des Situations d’urgence Sergueï Choïguou, tiennent le président Dmitri Medvedev informé de l’aide aux victimes.
Sur la place de la Loubianka, plusieurs dizaines de camions orange et rouge des services d’urgence stationnaient, de même qu’un hélicoptère. La police a bouclé les passages souterrains. De nombreuses personnes appelaient leurs proches pour les rassurer. Les autres lignes de métro étaient, en revanche, toujours ouvertes. Environ 8,5 millions de personnes empruntent le métro de Moscou chaque jour.
Une enquête pour terrorisme ouverte
Le comité d’enquête du parquet a indiqué qu’une enquête pour terrorisme avait été ouverte. « Une enquête a été ouverte après les deux explosions aux stations de métro Loubianka et Park Koultoury pour (…) actes terroristes », a-t-il indiqué dans un communiqué. Le Premier ministre Vladimir Poutine, en déplacement lundi à Krasnoïarsk (Sibérie), « reçoit actuellement des informations détaillées des forces de l’ordre et des services sociaux sur les opérations pour aider les victimes », a déclaré son porte-parole Dmitri Peskov cité par les agences russes.
Les attentats ont été commis par « des groupes terroristes » qui seraient liés à la région du Caucase du Nord, a déclaré le chef des services spéciaux russes (FSB), Alexandre Bortnikov.
41 morts en 2004
La capitale russe a été frappée plusieurs fois ces dernières années par des explosions mortelles, pour certaines revendiquées par des militants de la cause tchétchène, mais elles étaient devenues moins fréquentes récemment. Le dernier attentat d’ampleur dans le métro de Moscou remonte au 6 février 2004, entre les stations Avtozavodskaïa et Paveletskaïa. Quarante-et-une personnes avaient été tuées et 250 blessées.
Pour l’expert Alexeï Makarkine, du Centre de technologies politiques, les auteurs de l’attentat veulent déstabiliser la situation et pourraient être liés au Caucase du Nord. « Ces attentats terroristes sont de la même catégorie que celui du Nevsky Express (qui avait fait 28 morts l’an dernier sur une ligne de chemins de fer). Apparemment, l’objectif de ces actes terroristes est de déstabiliser la situation, » a-t-il déclaré à l’agence Interfax. « C’est un défi aux autorités, étant donné que le FSB est situé près de la station Loubianka. Ils veulent intimider les gens et leur montrer que les terroristes ont beaucoup de pouvoir », a-t-il ajouté.
Ces attentats interviennent alors que les forces de l’ordre ont multiplié ces derniers mois les opérations d’envergure dans le Caucase du Nord pour y traquer les rebelles d’obédience islamique. Plusieurs de leurs leaders ont été abattus ces dernières semaines.
(afp)
