Le nouveau traité nucléaire est signé

Rédaction en ligne

jeudi 08 avril 2010, 14:14

Réunis à Prague, lieu symbolique de la guerre froide les présidents américain et russe ont officialisé le nouvel accord sur une réduction importante de leurs arsenaux nucléaires.

Le nouveau traité nucléaire est signé

© AFP

Les dirigeants des deux pays ayant accumulé pendant des décennies la capacité de se rayer mutuellement de la carte vont se retrouver au château de Prague, siège de la présidence tchèque, pour parapher ce traité dit « Nouveau Start », acronyme de « Strategic Arms Reduction Talks » (Pourparlers sur la réduction des armes stratégiques). Washington et Moscou, dont les relations se sont notablement améliorées depuis l’arrivée de M. Obama au pouvoir début 2009, s’engagent ainsi à réduire le nombre de leurs ogives nucléaires à 1.550 chacun, soit une baisse de 74 % par rapport à la limite de Start, accord signé en 1991 mais qui avait expiré fin 2009. La cérémonie de ce midi scelle la réussite de négociations serrées menées à Genève pendant de longs mois entre les deux parties. Pour prendre effet, le nouveau traité devra être ratifié tant par la Douma (chambre basse) russe que le Sénat américain.

Medvedev met en garde les USA

Le traité russo-américain de réduction des arsenaux nucléaire ne sera « viable » que si Washington n’étend pas sa défense antimissile, a déclaré le président russe Dmitri Medvedev après avoir signé un nouveau traité START.

La conclusion du traité tombe à pic pour Obama, qui a invité les dirigeants d’une quarantaine de pays en début de semaine prochaine à Washington pour un sommet sur la sécurité nucléaire et la lutte contre la prolifération.

Le gouvernement américain, qui compte en particulier sur un soutien russe pour empêcher l’Iran de se doter d’une capacité nucléaire militaire, vient en outre de dévoiler sa nouvelle doctrine limitant les cas de recours à l’arme atomique. Autre symbole, c’est à Prague, qui fut pendant les 40 ans de la Guerre froide l’un des épicentres de la crispation russo-américaine, que M. Obama, prix Nobel de la Paix 2009, avait prononcé il y a un an un discours énonçant sa vision d’un monde sans armes nucléaires.

Parité stratégique

Le « nouveau Start » traduit l’obsolescence de l’« équilibre de la terreur », mais aussi les nouvelles réalités géopolitiques, où les armes nucléaires sont inopérantes face aux menaces d’attentats meurtriers à New York ou Moscou. Et pour la Russie, ce traité est l’occasion de retrouver une « parité » stratégique avec les Etats-Unis, 20 ans après le début du délitement de l’URSS et de sa sphère d’influence. Ancien membre du Pacte de Varsovie, la République Tchèque a ainsi rejoint l’Otan en 1999.

La Russie espérait imposer des limites en matière de défense antimissile, un sujet extrêmement sensible pour elle, mais a finalement dû se contenter d’un compromis sur le langage, Washington reconnaissant l’existence d’un « lien » non précisé entre armes nucléaires « offensives » et systèmes antimissile. Cette question, et l’ombre de l’ancienne puissance tutélaire dans la région, devrait être évoquée jeudi soir lors du dîner auquel M. Obama a convié 11 dirigeants de pays de l’ancien bloc communiste ayant rejoint l’Alliance atlantique. M. Medvedev n’en sera pas, puisqu’il est censé quitter Prague dès jeudi midi. M. Obama conclura sa visite 24 heures plus tard, après des entretiens bilatéraux vendredi matin avec son homologue tchèque Vaclav Klaus et le Premier ministre Jan Fischer.

Obama veut une ratification au Sénat « cette année »

Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé qu’il voulait que le nouveau traité de désarmement START soit ratifié dès « cette année » par le Sénat américain.

« Je souhaite travailler avec le Sénat des Etats-Unis pour parvenir à une ratification de ce traité important cette année », a ajouté M. Obama, en disant être « confiant » dans l’issue de cette procédure.

Conformément à la Constitution américaine, les traités conclus par le président doivent être ratifiés par les deux tiers du Sénat, qui compte 100 membres, dont 59 sont des alliés du président démocrate. Il faudra donc que des républicains y joignent leurs voix.

La Maison Blanche a souligné que les précédents accords de désarmement avec la Russie, dont le premier START, avaient été systématiquement entérinés par cette assemblée à la quasi-unanimité.

(afp)

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