« C’est exceptionnel, sans précédent en Europe », affirment les responsables de l’Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (Eurocontrol).
« C’est la première fois qu’une telle situation se produit à cette échelle en Europe », a expliqué un expert de l’Organisation, Kenneth Thomas.
Depuis jeudi, les compagnies aériennes ont été contraintes d’annuler près de 36.000 vols – 18.600 vendredi et 17.000 samedi – précise Eurocontrol.
Les uns après les autres, les gouvernements ont fermé leurs espaces aériens et leurs aéroports, bloquant des dizaines de milliers de voyageurs.
Vingt et un pays européens étaient ainsi paralysés ce samedi : l’Autriche, la Belgique, la Croatie, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, le nord de la France, la plus grande partie de l’Allemagne, la Hongrie, l’Irlande, le nord de l’Italie, les Pays Bas, le sud de la Norvège, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.
« C’est sans précédent d’avoir une aussi grande partie de l’Europe ainsi affectée », souligne Kenneth Thomas.
L’espace aérien du sud de l’Europe, comprenant l’Espagne, le sud des Balkans, le sud de l’Italie, la Bulgarie, la Grèce et la Turquie restait encore ouvert samedi, mais le nuage a commencé à les menacer. Une partie de l’espace aérien espagnol a ainsi été fermée samedi, sans que cela affecte pour autant le trafic espagnol.
« Tout va dépendre de la force des vents », estime Kenneth Thomas.
« Tant que nous aurons des hautes pressions sur l’Atlantique et que le volcan restera en éruption, la situation risque de ne pas beaucoup évoluer », a-t-il prédit.
Selon l’Institut météorologique d’Islande, les vents devraient continuer à souffler le nuage vers l’Europe dans les 4 à 5 prochains jours au moins.
« Nous sommes au troisième jour de paralysie », et « nous ne voyons pas la lumière au bout du tunnel », a déclaré Steve Lott, porte-parole de l’Association internationale du transport aérien (IATA) à Washington.
« Le plus gros problème, c’est que nous ne disposons d’aucune échéance, contrairement à un cas de tempête de neige dont la fin est prévisible, ce qui permet de préparer la reprise des opérations », a-t-il expliqué.
Plusieurs compagnies aériennes, comme la Belge Brussels Airlines ou la low cost Ryanair, ont anticipé ces mauvaises prévisions et annoncé samedi à leurs clients l’annulation de tous leurs vols jusqu’à lundi.
Comme pour leur donner raison, les autorités nationales ont annoncé les unes après les autres la prolongation de la fermeture de leur espace aérien jusqu’à dimanche 8h.
Et certains pays, comme la Belgique, n’ont pas exclu de devoir prolonger cette fermeture jusqu’à dimanche 14h.
« Tant qu’on ne peut pas évaluer les risques et les dangers, on n’autorisera pas le trafic aérien », expliquent les autorités belges.
Les compagnies aériennes européennes font grise mine. Chaque annulation de vol leur coûte de l’argent.
L’IATA, qui représente 230 compagnies aériennes assurant 93 % du trafic commercial international, estime les coûts pour le secteur à plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d’euros) par jour.
Or nombre de compagnies européennes ne sont pas en très bonne situation financière. Brussels Airlines a déjà fait savoir samedi qu’elle allait demander une aide, conformément à la législation européenne.
« Après les banques, on s’attend à devoir aider les transporteurs aériens », a confié ce samedi un responsable européen sous couvert de l’anonymat.
(afp)