L’Allemagne va se serrer la ceinture
Rédaction en ligne
lundi 07 juin 2010, 16:21
Le gouvernement allemand a dévoilé les grands axes d’un budget 2011 marqué par de sévères coupes, devant permettre plus de 11 milliards d’euros d’économies afin de réduire le déficit public.
AFP
« La situation est grave » et « avoir des finances solides constitue la meilleure des préventions » face aux crises futures, a dit la chancelière Angela Merkel, en présentant les grandes lignes du budget 2011.
La rencontre Merkel – Sarkozy reportée au 14 juin
La rencontre prévue lundi soir à Berlin entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy a été annulée et reportée au lundi 14 juin à la demande des Allemands, a-t-on appris de source diplomatique à Paris.
Concocté lors de deux jours de négociations houleuses entre conservateurs et libéraux, alliés au sein du gouvernement Merkel depuis l’automne, ce budget doit être adopté d’ici fin juin en conseil des ministres et en juillet au parlement.
Tous les secteurs ou presque vont devoir se serrer la ceinture. Sauf l’éducation et la recherche, « épargnées » parce qu’elles sont une source de croissance pour l’avenir, et les retraites « à quelques toutes petites exceptions près », a dit Mme Merkel.
Le gouvernement va notamment tailler dans les dépenses de défense. La suppression de 40.000 soldats dans la Bundeswehr est à l’étude, ainsi qu’une modification des conditions du service militaire obligatoire.
Et alors que plus de la moitié des dépenses publiques allemandes concerne les systèmes sociaux, le gouvernement appelle à « une contribution juste » de ce secteur : certaines allocations seront supprimées, par exemple aux chômeurs, ou encore aux bénéficiaires de l’aide au logement.
Les programmes de formation et d’aide à l’emploi doivent être réévalués et, là où c’est possible, regroupés et simplifiés. De plus, entre 10.000 et 15.000 emplois disparaîtront dans la fonction publique d’ici 2014.
Les gains supplémentaires que les producteurs d’électricité tireront de l’allongement promis de la durée de vie des centrales nucléaires seront en outre imposés, et une « taxe écologique » sera introduite sur les billets d’avions au départ d’Allemagne.
Parmi les autres mesures, le droit des faillites va être révisé pour que l’État créancier soit servi en premier en cas de liquidation. Et des projets vont être abandonnés, comme la reconstruction controversée d’un château à Berlin.
L’Allemagne table sur un déficit public de plus de 5 % du produit intérieur brut (PIB) cette année.
(D’après AP)