Si cette exp?ence pouvait se renouveler plus souvent ce serait vraiment formidable.
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DONATION NGANDU MUPOMPA
vendredi 02 juillet 2010, 20:17
Pour le cinquantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le quotidien Le Soir de Belgique a prévu une édition spéciale : « Le Soir de Kinshasa ». C’est ainsi que le vendredi 25 juin 2010, le Potentiel de Kinshasa voit débarquer dans ses locaux une équipe du journal bruxellois. Elle est composée de Béatrice Delvaux, rédactrice en chef ; Philippe Regnier, chef du service Monde ; Colette Braeckman, spécialiste des questions congolaises ; Philippe De Boeck, un journaliste qui a déjà fait le tour des rédactions kinoises comme formateur. Il y a aussi le photographe Roger Milutin et le caricaturiste Pierre Kroll. Dès cet instant, un mariage de quatre jours est scellé entre Le Soir et Le Potentiel.
En effet, quelques professionnels du Potentiel sont triés pour aligner leurs articles dans un journal imprimé en Belgique et destiné aux lecteurs belges. C’est ainsi que dans l’avant-midi du samedi 26 juin, le conseil de rédaction mixte se réunit. Du côté congolais, se trouvent Freddy Mulumba Kabuayi wa Bondo, administrateur-délégué général ; Freddy Monsa Iyaka Duku, directeur de la publication ; Ben-Clet Kankonde Dambu, directeur du quotidien ; Angelo Mobateli, directeur chargé des suppléments ; Faustin Kuediasala, directeur adjoint chargé des investigations ; Bienvenu-Marie Bakumanya, rédacteur en chef du desk Economie ; Véron Kongo, rédacteur en chef des desks Société, Province, Sports, Culture ; et Donatien Ngandu Mupompa, chargé des dossiers judiciaires et faits divers.
Après la distribution des rôles, Philippe De Boeck semble avare pour les espaces. Il attribue à chacun un nombre des caractères bien précis, en fonction des maquettes conçues sur ordinateur. L’ADG du Potentiel lui promet : « Tout sera fin prêt avant 18 heures ». Mais l’exercice est pénible. Au premier essai, Ben-Clet en fait 5.000 au lieu de 3.000 demandés. Sur les 2.000 lui exigés, Angelo a un dépassement de 30. A côté, Véron se torture la méninge pour réduire ses 6.500 à 2.000. Dépassé par la modernité, Faustin abdique en laissant aux autres le soin d’élaguer le surplus. Et Bienvenu-Marie Bakumanya s’en charge.
Le dimanche 27, le groupe du Soir se pointe à 10 heures. Mais Colette Braeckman manque à l’appel, sûrement qu’elle est à la chasse des nouvelles. Béatrice Delvaux préside le conseil de rédaction, et Freddy Mulumba Kabuayi trône à ses côtés. Du côté belge, chaque journaliste trimballe un ordinateur portable connecté sur internet. De temps en temps, Béatrice est interrompue par la sonnerie de son portable. Entre-temps, les maquettes sont étalées sur la table de travail pour une dernière mise au point et la présentation du logo du supplément où les inscriptions « Le Soir » reposent sur un fond aux motifs de peau de léopard.
Pour ce supplément de 12 pages, tout est examiné minutieusement depuis la page 1. Tout se déroule dans une ambiance de famille. Mais certaines pages posent problème. C’est le cas d’un catcheur programmé, mais qui ne se présente toujours pas. L’ADG Freddy se renseigne chez Aimé Katumba chargé des sports : « Quand arrive-t-il ? ». Aimé semble incertain. Béatrice propose alors : « S’il n’est pas là, on va faire un autre papier sur le catch ». Dieu-Merci Mbokani est aussi programmé, mais il est difficile à atteindre.
C’est en plein conseil que le photographe Roger Milutin atterrit, il est armé de ses appareils Nikon numériques de type professionnel. La chasse a été bonne, car il revient avec quelques clichés. Mais le caricaturiste Pierre Kroll est absorbé dans ses dessins et parle moins. Le temps coule, et les ventres commencent à crier famine. Philippe De Boeck va alors commander, au nom de sa rédaction, quelque chose à mettre sous la dent. Le caissier du Potentiel, garçon de course improvisé, va ramener trois plateaux contenant des mets qui ont pour noms : Marguerite, Hawaï et 4 Saisons. Tout le monde s’y précipite. Et quand Colette Braeckman fait son apparition, tout est déjà englouti.
C’est dans cette ambiance bon enfant que le travail continue. Chaque journaliste travaille sur base de sa maquette. Tout doit être taillé à un millimètre près. A une observation de Béatrice, Philippe Regnier déclare : « Je fais mon décompte, j’enlève 1.000 signes sur le catch ». On parle aussi de la parole du Congolais, de la météo, des anecdotes, de Kin-by-night, de la carte blanche de Yoka et de la chronique de Ben-Clet. Enfin, Béatrice lâche : « Voilà », et tout le monde se remet au travail jusqu’à 19 heures.
Le lundi 28, c’est le bouclage. Cette fois, le caricaturiste Tembo Kash pointe son nez. Il s’embrasse avec son cher Kroll qui abandonne un moment ses crayons. Modeste mais très concentrée avec ses lunettes de lycéenne, Béatrice met la dernière main sur un article. Elle dans la salle des reporters, mais ne semble pas regretter sa salle lambrissée de Bruxelles. Les deux Philippe campent dans la salle des directeurs. Et pour ce dernier jour, tout le monde est devenu peu loquace.
A un moment donné, les confrères de la Radio-Télévision belge francophone (RTBF) arrivent. Ce sont des accolades avec ceux du journal « Le Soir ». Ils taillent la bavette et le perchiste brandit son micro pour capter le son. L’équipe de la RTBF partie, on se remet au travail. Et cela, jusqu’au bouclage de l’édition spéciale : « Le Soir de Kinshasa ».