La décision a été scellée lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.
La baronne Ashton a promis d’apprendre le français cet été
La chef de la diplomatie de l’UE, la Britannique Catherine Ashton, a promis ce lundi d’apprendre le français pendant ses vacances d’été, mais à décliné une invitation du gouvernement français d’effectuer un séjour linguistique dans un institut près d’Avignon.
« J’apprendrai le français pendant mes vacances », a assuré Mme Ashton au cours d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles.
Mais elle ne compte pas se rendre en France et a démenti avoir accepté de participer à un stage linguistique dans un institut privé près d’Avignon, comme l’affirmait ce week-end l’hebdomadaire britannique Sunday Times.
Mme Ashton n’a pas précisé comment elle comptait apprendre la langue de Molière.
« Elle s’est mise au français », a assuré de son côté à Bruxelles le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.
Elle a répondu du reste, de manière hésitante, mais en français, ce lundi à une question lors d’une conférence de presse.
Critiquée dans le passé pour ne parler qu’anglais, Catherine Ashton avait déjà assuré vouloir améliorer sa pratique du français et d’autres langues européennes.
(belga)
« Le fait d’avoir une diplomatie européenne va largement contribuer au fait de parler d’une seule voix », s’est félicité le chef de la diplomatie belge, Steven Vanackere, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE.
Ce service composé de diplomates des différents pays de l’UE et de fonctionnaires européens « va devoir être opérationnel pour le 1er décembre et il va falloir procéder à des nominations pour cette date », a-t-il précisé.
Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui dirigera ce service, a présenté lundi aux ministres un organigramme mais n’a pas encore annoncé de nominations.
« Cet organigramme est conforme à ce que nous souhaitions, avec un secrétaire général et deux adjoints », a simplement souligné le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche, lors d’un point de presse.
La France brigue le poste de secrétaire général pour lequel elle espère placer Pierre Vimont, son ambassadeur à Washington.
Grèves de diplomates italiens
L’Italie a également de nombreux candidats pour les postes à responsabilité au sein du service et pour les ambassades de l’Union européenne, a pour sa part indiqué son chef de la diplomatie, Franco Frattini.
Il a toutefois reconnu que les places seront chères. « Les candidats italiens vont devoir s’imposer face à des candidats des autres pays », a-t-il souligné. Sur la vingtaine de nominations attendues, « il sera difficile d’imaginer avoir plus d’un poste pour l’Italie », a-t-il expliqué.
Le lancement du Service européen d’action extérieure, qui comptera à terme plusieurs milliers de personnes à Bruxelles et hors de l’UE dans des ambassades, a été assombri par une grève des diplomates italiens sciemment organisée le même jour pour dénoncer les coupes dans leurs budgets.
Ce mouvement de protestation reflète un malaise dans de nombreuses chancelleries face à ce nouvel instrument.
Il a été mis en évidence en France par deux anciens ministres des Affaires étrangères, qui ont récemment dénoncé l’affaiblissement du Quai d’Orsay.
« La création de ce service diplomatique européen va permettre à certains pays de réaliser des économies grâce à des rationalisations et des synergies », a reconnu M. Lellouche.
« Je ne suis que secrétaire d’Etat, et je ne veux pas me prononcer pour la France », a-t-il déclaré.
Mais « je crois qu’il est souhaitable que la France continue à conserver un réseau mondial. Elle est un des rares pays à le faire », a-t-il commenté.
L’Italie compte également conserver son réseau diplomatique. « Il y aura les ambassades européennes et les ambassades italiennes », a assuré Franco Frattini.
Les Pays-Bas, la Suède et la Bulgarie vont en revanche fermer des ambassades un peu partout dans le monde par soucis d’économies et ces pays misent sur le réseau du nouveau service diplomatique européen pour les représenter.
Toutefois, « le nouveau service ne va pas se substituer aux Etats (…) Ce n’est pas un bras de la Commission européenne », a assuré Pierre Lellouche. « On ne va pas instituer une sorte de diplomatie conduite par la Commission sous le contrôle du Parlement européen », a-t-il dit.
(afp)