Le manque de fonds pour le Pakistan dû à un « déficit d’image »
Rédaction en ligne
lundi 16 août 2010, 14:58
Selon l’ONU, les difficultés des agences humanitaires à récolter des fonds pour secourir les victimes des inondations au Pakistan sont principalement dues à un « déficit d’image » du pays.
(ap)
Les difficultés des agences humanitaires à récolter des fonds pour secourir les millions de victimes des inondations qui ont ravagé le Pakistan, sont principalement dues à un « déficit d’image » du pays, a expliqué lundi à l’AFP une porte-parole de l’ONU.
« On remarque souvent un déficit d’image en ce qui concerne le Pakistan dans les opinions publiques occidentales », a constaté la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Elizabeth Byrs. « En conséquence, le Pakistan fait partie des pays peu financés comme le Yémen », a-t-elle ajouté.
De fait, l’ONU peine à trouver les 460 millions de dollars demandés le 11 août pour secourir d’urgence les six millions de sinistrés les plus vulnérables. Plus d’une semaine après cet appel, les Nations unies avaient récolté seulement 20 % des fonds demandés alors qu’à titre de comparaison, l’appel à l’aide pour Haïti, dévastée par un séisme sans précédent le 12 janvier, avait été couvert à 90 % en un mois à peine.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Pakistan dimanche, s’est inquiété de la situation et a enjoint la communauté internationale à accélérer l’arrivée de l’aide aux quelque 20 millions de personnes affectées par la pire catastrophe naturelle de l’histoire du pays. « L’ampleur des inondations a pris de court tout le monde », remarque Mme Byrs pour expliquer la lenteur de l’aide.
« L’argent ne va pas aux talibans »
Comme elle le fait pour toute catastrophe humanitaire, l’ONU a réuni vendredi à Genève les pays donateurs pour leur présenter l’appel de fonds, en espérant que le message délivré auprès des ambassadeurs soit entendu dans les capitales respectives. Face au manque de générosité, l’ONU doit leur expliquer que « l’argent ne va pas aller dans les mains des talibans », recommande une porte-parole de l’ONG Care International, à Genève, Melanie Brooks, qui craint que les personnes associent le Pakistan au terrorisme.
« Or les sinistrés sont des mères, des paysans, des enfants. Mais dans le passé, les informations liées au Pakistan étaient toujours liées aux talibans et au terrorisme », regrette-t-elle.
(afp)