Allemagne : quand l’électricité vaut moins que rien

Rédaction en ligne

mercredi 18 août 2010, 09:54

Être payé pour acheter de l’électricité : le phénomène absurde des « prix négatifs », auquel l’Allemagne a été plusieurs fois confrontée, illustre la cohabitation encore difficile entre énergies renouvelables et centrales traditionnelles.

Allemagne : quand l’électricité vaut moins que rien

Paromita Wuidar – Le Soir

Ce mercredi, le prix sur le marché « spot » de l’électricité de la bourse spécialisée EEX de Leipzig était de 40 euros le mégawattheure.

Dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, il avait atteint jusqu’à -500 euros.

En clair, le distributeur d’électricité se retrouvait à payer son acheteur pour se débarrasser de sa marchandise.

Sans atteindre toujours cette ampleur, ce phénomène s’est produit 25 fois l’an dernier, et jusqu’ici quatre fois cette année, selon EEX.

Il s’explique par la coïncidence de deux phénomènes : faible demande (fête nationale du 3 octobre, Noël, vacances scolaires) et vents forts qui font tourner les éoliennes à plein régime.

Or en Allemagne, l’électricité issue des énergies renouvelables a priorité pour être injectée dans le réseau. Les distributeurs, les « grossistes en électricité », sont obligés de l’acheter, à un prix garanti, quelle que soit la demande.

L’objectif est d’assurer aux propriétaires d’éoliennes et de panneaux solaires l’écoulement de leur marchandise.

Mais paradoxalement, cette électricité qui coûte « moins que rien » alourdit les factures des ménages allemands.

Les propriétaires des réseaux de distribution, obligés de récupérer à perte l’électricité verte, ont en effet le droit de faire supporter au consommateur final le surcoût engendré par ces prix négatifs.

Cette bizarrerie est par contre une aubaine pour les propriétaires de barrages, en Allemagne et surtout dans les pays limitrophes. Ils se font payer pour « acheter » l’électricité excédentaire, avec laquelle ils actionnent les pompes et remplissent les réservoirs.

Un jour de faible production et forte demande, ils ouvrent les vannes et produisent à leur tour du courant, qu’ils vendent à un prix élevé, gagnant ainsi sur tous les tableaux.

« Les prix extrêmes du 4 octobre sont un avertissement sans frais. (…) Le marché allemand de l’électricité peut être confronté à des dysfonctionnements massifs, et la principale victime en est le consommateur », s’est inquiété récemment dans un communiqué le ministre de l’Économie Rainer Brüderle.

« Avec le développement des énergies renouvelables, ce genre de situations va se multiplier », a prévenu le ministre libéral, partisan de l’énergie nucléaire.

L’Allemagne veut doubler d’ici 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité, de 10 % actuellement.

Le phénomène des « prix négatifs » apporte de l’eau au moulin des partisans des énergies conventionnelles et surtout de l’atome. La chancelière Angela Merkel a promis d’allonger la durée de vie des réacteurs du pays.

« Le problème avec le vent, c’est qu’il y a des jours où il représente 0 % de la production allemande d’électricité, et des jours où il produit plus qu’il n’en faut », commentait récemment Fritz Varenholt, l’un des dirigeants du numéro deux allemand de l’énergie, RWE, propriétaire de nombreuses centrales nucléaires et à charbon.

« J’ai peur que l’incroyable soutien dont bénéficient les énergies renouvelables en Allemagne disparaisse » à cause du coût pour les consommateurs, conclut-il.

L’argument fait bondir Ronald Heinemann, porte-parole de la fédération BEE, principal lobby des énergies renouvelables.

« Les propriétaires de centrales devraient les fermer ou les ralentir lorsque des prix négatifs surviennent. Mais ils n’y ont pas intérêt car cela coûte cher, et qu’il faut du temps pour les redémarrer. Pour eux, mieux valent des prix négatifs », assure-t-il.

(afp)

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[20] Math69dit le 18/08/2010, 12:44


Pour la Belgique et l'Allemagne...
... les sources d'energie hydraulique sont tr?faibles (au contraire de la Suisse ou de la France qui b?ficient d'un relief plus favorable !), c'est dommage car il s'agit actuellement de la seule source propre que l'on sait actionner ?a demande (donc assez souple) ce qui n'est pas le cas du solaire, ni de l'?ien (ni des autres sources fossiles et encore moins de flexibilit?our le nucl?re). Avec les moyens tant intellectuels que techniques (capacit?e calcul des microprocesseurs) c'est une volont?olitique et commerciale qui manquent pour un bon maillage pan-europ? allant de la Scandinavie au Sud de l'Europe.

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[19] bioulerdit le 18/08/2010, 12:27


Voil?/b>
Un article qui permet de lever un l?r voile sur la r?it?jusqu'ici laiss?aux "experts" - de ce que constitue une gestion intelligente du r?au. De plus, il ne faut pas syst?tiquement consid?r que ce sont les ?rgies renouvelables qui foutent le brin. En Suisse, par exemple, o?#39;hydro ?ctricit?r?xistait, on pourrait consid?r que c'est les centrales classiques (nucl?res et thermiques) qui sont probl?tiques ?et ?rd. Bref complexe et ??r, c'est le futur!

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[18] observerdit le 18/08/2010, 11:42



@[13] C'est bien les deux solutions actuelles possibles, mais si on les mets pas en place cela ne sert ?ien.

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[17] saucedallasdit le 18/08/2010, 10:57



Si je comprends bien, les jours de demande creuse, l'?rgie produite en surplus est r?ilis?par d'autres (les propri?ires de barrages hydrauliques) pour en quelque sorte ?e stock?(remplir leurs bassins) ... je ne vois pas ce qu'il y a de critiquable l?edans. D'autre part m? si ces ?rgies ne sont pas "rentables" quelques jours par an, sur le long terme, ce n'est probablement pas le cas

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[16] Math69dit le 18/08/2010, 10:21


Les certificats verts...
.. peuvent ?es un pi? ?a non-concurrence : il y a 4 ans je devais acheter de l'?ctricit?our une usine dont la consommation ?ivaut ?ne ville de 200.000 personnes. Bien qu'?nt en Belgique, cette r?on est livr??artir de la France d'?ctricit?roduite majoritairement... en France. J'avais le choix de deux fournisseurs, soit EDF Belgique, soit ELECTRABEL qui agissait comme trader et bien la contrainte certificats verts ?it plus importante pour EDF car il ne produisaient pas, en Belgique, d'?ctricit?erte alors qu'Electrabel oui. Donc pour le m? "produit", fournis par la m? source, EDF ?it plus tax?u'ELECTRABEL !

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