Israël prêt à empêcher de force un bateau d'entrer à Gaza
Rédaction en ligne
vendredi 20 août 2010, 20:49
Israël se réserve le droit, selon son ambassadrice à l'ONU, d'utiliser « tous les moyens nécessaires » pour empêcher un bateau d'aide humanitaire, avec à bord des militantes pro-palestiniennes, d'entrer à Gaza.
L'ambassadrice d'Israël à l'ONU, Gabriela Shalev, a ainsi averti le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans une lettre.
Elle affirme que le groupe organisateur du voyage « est soupçonné d'avoir des liens avec l'organisation terroriste Hezbollah ».
Tout en étant parfaitement au courant des canaux officiels autorisés pour acheminer de l'aide à la bande de Gaza, les organisateurs « cherchent à provoquer une confrontation et à faire monter la tension dans notre région », poursuit la lettre.
« Étant donné l'actuelle situation de conflit armé entre l'organisation terroriste Hamas et l'État d'Israël (
), Israël se réserve le droit, en conformité avec le droit international, d'utiliser tous les moyens nécessaires » pour empêcher ce bateau de « violer le blocus naval de Gaza ».
Le Liban refuse de céder aux menaces d'Israël
Le Liban refuse de céder aux menaces d'Israël d'intercepter le bateau d'aide humanitaire, a indiqué vendredi le ministre libanais des Transports.
« Nous ne tenons pas compte des désirs et des demandes de Barak (Ehud Barak, ministre israélien de la Défense) et tout ce qu'il dit nous importe peu », a déclaré Ghazi Aridi. « Nous continuons à exercer notre souveraineté sur notre sol et à prendre les décisions que nous jugeons appropriées », a dit le ministre.
Le ministre libanais a précisé, que les autorités chypriotes n'avaient pas encore accordé au bateau l'autorisation d'accoster à Chypre ni de passer par les eaux territoriales de ce pays pour se rendre à Gaza.
Le gouvernement chypriote a rappelé ce vendredi dans un communiqué que l'interdiction de se rendre à l'enclave palestinienne à partir des ports chypriotes était toujours en vigueur.
« Nous irons à Gaza »Fin juillet, Ehud Barak avait prévenu que son pays intercepterait tout navire faisant partie d'une flottille qui partirait du Liban pour se diriger vers la bande de Gaza, affirmant considérer qu'empêcher le départ d'une telle flottille relevait de la responsabilité du gouvernement libanais.
« Le Mariam partira pour Chypre dimanche à 22H00 locales (19H00 GMT) du port de Tripoli », a indiqué jeudi à la presse Samar el-Hajj, organisatrice de l'expédition Israël et le Liban étant techniquement en état de guerre, aucune liaison maritime n'est possible entre les deux pays.
« Mais nous insistons: nous n'avons pas d'armes et nous irons à Gaza », a-t-elle ajouté.
Un assaut mené le 31 mai par l'armée israélienne contre une flottille humanitaire internationale qui faisait route vers Gaza avait coûté la vie à neuf passagers turcs.
Chypre n'avait pas autorisé les bateaux de cette flottille à appareiller à partir de ses ports, la contraignant à rester au large de l'île avant de se diriger vers Gaza.
(afp)