Roms : les valeurs européennes « bafouées », selon Verhofstadt
Rédaction en ligne
mardi 24 août 2010, 16:41
Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, veut que l’assemblée organise un débat sur la question des Roms. Les récentes évolutions dans plusieurs pays « bafouent » les valeurs européennes, selon lui.
AFP
« Les renvois d’enfants Roms nés en Allemagne vers le Kosovo, les démantèlements manu militari de camps Roms en France et les expulsions massives, les encouragements d’un ministre italien à mener une politique ouvertement xénophobe sont autant d’événements tristes pour l’Union européenne dont les valeurs sont ainsi bafouées », a affirmé M. Verhofstadt, cité dans un communiqué.
Une évolution « particulièrement négative » selon le Conseil de l’Europe
L’agence du Conseil de l’Europe contre l’intolérance (Ecri) a dénoncé ce mardi les expulsions de Roms par la France, estimant qu’il s’agit d’une évolution particulièrement négative.
La commission européenne contre le racisme et l’intolérance (Ecri) est « profondément préoccupée » par le traitement envers les Roms migrants en France et « exprime sa déception face à cette évolution particulièrement négative », selon un communiqué publié à Strasbourg. « Ces dernières semaines, des déclarations de responsables de haut rang et des actions du gouvernement (français) ont stigmatisé les Roms migrants, présentés collectivement comme auteurs d’infractions pénales », ajoutent les auteurs de ce texte.
L’Ecri déplore que « les Roms sont considérés comme seuls responsables d’abus de la réglementation européenne en matière de liberté de circulation ».
Des politiques gouvernementales et des propositions de loi qui ont pour base la discrimination fondée sur l’origine ethnique « sont inadmissibles et vont à l’encontre des obligations juridiques qui pèsent sur l’ensemble des 47 États membres du Conseil de l’Europe », rappelle l’Ecri.
« Une politique fondée sur des expulsions forcées et des mesures d’incitation à quitter la France ne peut fournir une réponse durable » au problème, estime cette agence.
(afp)
Il réclame un débat sur la situation des Roms en Europe lors de la session plénière de rentrée à Strasbourg. « Le Parlement doit rappeler les principes et la Commission devrait veiller davantage au respect des droits des minorités », selon lui.
Également citée dans le communiqué, l’eurodéputée néerlandaise Sophie In’t Veld a dit avoir « honte pour ces gouvernements qui jouent de l’émotion populaire à l’encontre d’une minorité déjà marginalisée dans ses pays d’origine ».
« Je suis d’autant plus indignée que bien peu de ces ministres aujourd’hui fiers de leurs exploits répressifs aient jugé utile d’assister en avril dernier à Cordoue au Sommet européen sur le peuple rom », a affirmé Mme In’t Veld.
(belga)