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Rédaction en ligne
lundi 06 septembre 2010, 17:25
AP
Le Ramadan doit s’achever cette année autour du 10 septembre.
Sajjad Mohammadi-Ashtiani, 22 ans, a déclaré ne plus avoir de nouvelles de sa mère depuis que ses « aveux », que sa famille et ses avocats considèrent comme forcés, avaient été diffusés par la télévision iranienne le 11 août. « Les visites hebdomadaires sont interdites », a-t-il dit depuis Tabriz (ouest) au philosophe français, qui se trouvait à Paris.
« Le mois du Ramadan touche à sa fin et selon la loi islamique, les exécutions peuvent de nouveau être appliquées », a-t-il ajouté.
« Nous avons appris qu’elle a reçu 99 coups de fouet supplémentaires en prison », a ajouté le jeune homme, dont les propos en persan étaient traduits en français. Sajjad Mohammadi-Ashtiani a ainsi confirmé des informations indirectes données samedi par revue « La règle du jeu » de Bernard-Henri Lévy et un blog français, « Dentelles et Tchador ».
Cette condamnation à 99 coups de fouet serait liée à la publication d’une photo d’une femme sans foulard censée représenter Sakineh Mohammadi-Ashtiani dans le quotidien britannique The Times du 28 août. Vendredi, le journal s’était excusé auprès de ses lecteurs, et avait expliqué que cette photo qui représenterait en fait une autre femme lui avait été fournie par un avocat de l’Iranienne.
Sakineh Mohammadi-Ashtiani, 43 ans, a été condamnée à mort par lapidation en 2006 pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari. Cette condamnation a déclenché une vaste campagne internationale pour éviter ce châtiment qui a été provisoirement suspendu.
« Cette femme risque la plus barbare des mises à mort dans les jours qui viennent », a déclaré Bernard-Henri Lévy. « Nous nous sommes fait le serment de rester mobilisés tant que la justice n’aura pas été rendue, c’est-à-dire tant que Sakineh n’aura pas été graciée et libérée », a-t-il ajouté.
Sajjad Mohammadi-Ashtiani a appelé à la poursuite de la mobilisation internationale en faveur de sa mère. « Les pressions finiront par apporter un résultat », a-t-il dit.
La pétition lancée par Bernard-Henri Lévy a recueilli jusqu’à présent environ 80.000 signatures.
Plusieurs pays, notamment la France et l’Italie, ont appelé à la clémence, tandis que le Vatican a assuré qu’il agissait en coulisse auprès des autorités iraniennes.
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a affirmé lundi être prêt à aller à Téhéran pour faire libérer l’Iranienne. « C’est une peine et un acte insupportable, le comble de la barbarie et le retour au Moyen-Age », a-t-il dénoncé. « S’il faut aller à Téhéran, j’irai à Téhéran », a-t-il ajouté.
AFP