Actions citoyennes pour la Journée mondiale sur le climat
Rédaction en ligne
dimanche 10 octobre 2010, 22:25
Journée sans voiture, collecte de déchets, arbres plantés pour sensibiliser contre l’effet de serre : des dizaines de milliers d’habitants de la région Asie-Pacifique ont participé dimanche à la Journée mondiale citoyenne sur le climat, marquée avec moins d’ampleur en Europe.
(afp)
Baptisé « 10/10/10 » parce qu’il a lieu le 10 octobre 2010, ou « Global Work Party », cet événement organisé par l’ONG 350.org se veut la plus longue journée d’engagements citoyens pour le climat à travers 7.000 manifestations annoncées dans 188 pays.
« Les seuls pays qui n’y prennent pas part, à notre connaissance, sont la Guinée équatoriale, San Marin et la Corée du Nord. C’est donc la journée d’action pour l’environnement la plus suivie dans le monde », a déclaré le cofondateur de 350.org Bill McKibben. « Que je sache, il s’agit de la journée d’engagement citoyen qui touche le plus de pays dans l’histoire de la planète », a-t-il dit à l’AFP, interrogé au téléphone.
Le coup d’envoi de la Journée a été donné en Australie et en Nouvelle-Zélande, avant de se prolonger sur le continent asiatique, puis, en Europe et en Afrique, où la mobilisation ne semblait toutefois pas aussi forte.
A Paris, une foule dense a envahi sous un chaud soleil la Place de l’Hôtel de Ville, le temps d’un concert gratuit, et à Lisbonne, une association écologiste a appelé à un rassemblement de cyclistes pour former le nombre 350 sur les bords du Tage. Une allusion à la concentration de CO2 dans l’atmosphère, soit 350 parties par million (ppm), un chiffre à ne pas dépasser pour éviter une hausse de la température ingérable, selon certains scientifiques.
En Asie, nombre d’actions locales ont été entreprises, y compris dans des endroits particulièrement démunis, a expliqué Joyce Sierra, coordinatrice à Manille, où des milliers de personnes ont participé à une course destinée à attirer l’attention sur le Pasig, un fleuve très pollué. Des centaines de personnes ont marché à Pékin en ramassant des ordures, a déclaré Christian Teriete, de l’association Global Campaign for Climate Action. Plus de 30.000 étudiants de quelque 200 universités ont lancé un programme national appelant à agir de façon pratique contre le changement climatique, notamment par la collecte de déchets. « C’est la plus importante manifestation de jeunes pour l’environnement dans l’histoire de la Chine », a affirmé Joanna Wong, porte-parole de 350.org pour le géant asiatique.
Au Pakistan, qui a connu de dramatiques inondations, des centaines d’étudiants se sont portés volontaires pour rendre à nouveau viables des villes et villages de la province du Sindh, a assuré le ministre local de l’Irrigation, Jam Saifullah Dharejo.
En Australie, des manifestations pour promouvoir la bicyclette, planter des arbres, partager des conseils de jardinage bio et écouter des conférences sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre ont émaillé la journée de dimanche.
Les îles du Pacifique n’étaient pas en reste : opération « sans voiture » à Tonga, bicyclette en Papouasie Nouvelle-Guinée, arbres plantés aux Fidji, selon le coordonnateur de la région Aaron Packard. « Ce qui donne de l’espoir, c’est de voir comment les populations du Pacifique ont réagi. C’est incroyable car on sait qu’elles sont peu responsables du réchauffement climatique, mais elles sont parmi les plus volontaires pour agir ».
En revanche, à Berlin, seules une trentaine de personnes se sont réunies devant la Porte de Brandebourg, où elles ont symboliquement débranché une prise électrique géante d’une centrale thermique pour la connecter à un panneau solaire et à une éolienne, le tout en carton. Quelques dizaines de militants Verts se sont rassemblés sur la principale place de Stockholm sous une bannière avertissant qu’« Il n’y a pas de planète B ».
En Afrique, de 150 à 200 personnes ont manifesté sur le marché de Muthurwa, dans un quartier pauvre de Nairobi, ramassant des ordures et plantant des arbres. Cet appel aux citoyens à agir intervient à un moment où les efforts des Nations unies pour parvenir à un accord international de lutte contre le changement climatique sont dans l’impasse. « Les gens sont découragés » par cette inaction politique, « mais ils transforment leur frustration en actions », a estimé Bill McKibben.
350.org prévoyait également des actions en Afghanistan, en Russie et aux Etats-Unis.
(afp)