Merkel impose l'Europe allemande
MAROUN LABAKI
vendredi 04 février 2011, 07:45
s'abonner
Les chefs d'Etat ou de gouvernement des Vingt-Sept se retrouvent ce vendredi à Bruxelles pour un sommet qui devait être consacré à l'énergie et l'innovation, mais qui sera dominé par deux débats très politiques, sur la gouvernance économique et la nouvelle situation dans le monde arabe.
« Angela Merkel tourne le dos à la machine communautaire », résumait jeudi un diplomate européen © afp
Gouvernance économique : tout ce qui a trait à cette question est, forcément, d'une extrême technicité. Ce vendredi, la chancelière Angela Merkel va débarquer à Bruxelles avec un nouveau jeu de propositions complexes mais qui, si la rumeur était confirmée, s'apparenteraient à une véritable bombe politique.
Ce projet de « Pacte de compétitivité » parle, dit-on, de plafonner la dette dans la Constitution de chaque Etat membre de la zone euro ; de coordonner les coûts du travail, en supprimant l'indexation automatique des salaires là où elle existe ; d'harmoniser l'impôt des sociétés ; de reconnaissance mutuelle des qualifications ; de l'âge de la retraite, etc. Rien d'extraordinaire, au fond sauf que le plan allemand s'inscrirait hors des mécanismes institutionnels européens, hors de la « méthode communautaire », qui constitue notamment une indispensable garantie pour les plus petits pays de l'UE. La bombe, cependant, ne fera pas un énorme bruit. Angela Merkel, confrontée à des difficultés politiques internes, avant les dix élections régionales qui s'annoncent dans l'année, a fixé le prix de la solidarité allemande. Qu'on se le dise : l'Allemagne ne jouera dans le renforcement du Fonds de secours mis en place en mai pour venir en aide aux pays en difficulté de la zone euro, qu'à certaines conditions ! Rejeter, voire même contester ouvertement ces conditions et donc faire planer un doute sur l'engagement allemand en faveur du Fonds de secours pourrait relancer la tempête sur les marchés financiers
« Les marchés veulent plus d'Europe »
La situation n'est pas banale. Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a appelé Yves Leterme, mercredi soir, pour l'informer de la teneur des projets allemands. Brûlants, il est vrai, pour un gouvernement belge en affaires courantes
« José Manuel Barroso est furieux, assure un proche du dossier, mais il est lui aussi neutralisé. » Le « Pacte de compétitivité » allemand mettrait sur la touche la Commission européenne, aujourd'hui au centre du mécano européen, mais aussi le Parlement européen. Hier, Amadeu Altafaj Tardio, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, cachait mal son agacement : « Il ne faut pas réinventer la roue. Il y a beaucoup de similarités entre ce dont il est question et certaines propositions de la Commission. Mais pour nous, le principe essentiel, c'est la méthode communautaire. On imagine mal comment on pourrait avoir de meilleurs résultats dans un autre cadre. Les marchés, d'ailleurs, veulent plus d'Europe ! »
s'abonner
Vos réactions
Voir toutes les réactions| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 1 0 NON | |
|
|||
L’Europe sera allemande ou ne sera pas
La citation :« L’Europe sera allemande ou ne sera pas » serait attribu??itler. En fait, d?la fin du 19 ? s,l’ambition d’organiser le continent au b?fice de l’Allemagne est un ?ment central de la pens?politique allemande qui a d? effleur?ismarck. Oswald Spengler, Le D?in de l’Occident (1918-1922) consid? que l’Europe, vit une crise de civilisation profonde. Le rem? qu’il propose est la prussianisation de l’Allemagne qui devrait ensuite mener une politique imp?aliste couvrant l’Europe. Et ainsi la r?n?r. La diversit?’a pas de place dans sa vision. Bref, rien de bien nouveau , mais plut?ne tradition vieille de plus d’un si?e qui reprend vigueur …. Les moyens sont diff?nts.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 1 0 NON | |
|
|||
Ing?nce inadmissible de l'Allemagne. De plus ce sont les politiques de droite du tout au march?t ?a croissance qui son responsable des crises ?nomiques, environnementales et sanitaires.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 2 0 NON | |
|
|||
@27
bravo de votre commentaire, c'est tout?it ma pens? je vis ?erlin, c'est pas le paradis ici, pas pour tout le monde. On discute depuis 6 mois de savoir on rel? le minima social de 5 €, ca fait 15 ans qu'il a pas augment?350 € +/- pour un isol?t loyer pay?Raison de la non-augmentaton, les allemands qui percoivent ce minima sont alcooliques et vont d?nser cela ?oire et fumer... Bravo la social-d?cratie.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 3 0 NON | |
|
|||
Pour coordonner les co?du travail...
Angela Merkel pourrait commencer par instaurer le salaire minimum en Allemagne, comme en France et en Grande-Bretagne, voire le seuil salarial de survie ("Living Wages"), comme ?ondres. Ca permettrait de r?ire les poches de pauvret?ui s'?ndent honteusement ?a p?ph?e des villes allemandes. (Lecture conseill? G?r Walraff: "Avec les Perdants du meilleur des mondes, La D?uverte 2010). Le succ?de l'Allemagne se b?t ?a fois sur le dos des Allemands les plus pauvres, et au prix de l'endettement des autres Etats europ?s (dont certains se laissent tenter par la corruption active pratiqu?par certaines grandes entreprises allemandes). Au final, si le retour ?a d?nce devait affecter la comp?tivit?e l'Allemagne et entamer le solde positif de sa balance commerciale, ce serait une excellente nouvelle pour toute l'Europe, et conduirait peut-?e la Chancelli? ?n rabattre un peu. Quant ???ir ?n Pacte de Comp?tivit?ce n'est pas stupide.
| Signaler un abus | Message constructif ? |
OUI 3 0 NON | |
|
|||

La suppression de l'indexation des salaires est une saloperie concoct?par l'"europe" ?a botte des march? Sarkozy, le "pr?dent du pouvoir d'achat" est aussi dans le coup. Je suppose que cette fois, les syndicats vont prendre la mesure de ce recul et agiront en cons?ence. Quand aux politiques qui disent amen sur toutes les directives "europ?nes" en les ins?nt dans nos lois sans que nous n'en soyons inform? qu'ils fassent tr?attention.