Hongrie : Orban accroît son pouvoir
Rédaction en ligne
vendredi 30 décembre 2011, 17:01
Le Parlement hongrois a adopté vendredi la loi controversée sur la Banque centrale (MNB), qui accroît l’influence du gouvernement conservateur de Viktor Orban sur cette institution censée être indépendante.
© AP
Cette loi ignore les critiques de l’Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI).
Les socialistes responsables pour « les crimes communistes »
A partir du 1er janvier 2012, date de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, « comme successeur légal, le MSZP (Parti socialiste, vainqueur de trois élections démocratiques en 1994, 2002 et 2006) est coupable des crimes de l’ancien régime » communiste, stipule la loi constitutionnelle adoptée grâce à la majorité des deux tiers dont dispose le Fidesz au Parlement.
La loi stipule que les retraites des quelques survivants parmi les anciens dirigeants communistes pourraient être revues à la baisse, voire complètement supprimées.
Suit une longue liste des « crimes » du régime communiste : « La suppression de la jeune démocratie hongroise à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec un soutien soviétique, les meurtres de citoyens, l’endettement de la nation, les travaux forcés et les tortures de citoyens, la discrimination des personnes fondées sur leurs origines, leurs croyances politiques ou encore l’espionnage de leurs vies privées ».
Le MSZP et son prédécesseur, le Parti communiste (Parti socialiste ouvrier hongrois – MSZMP) sont aussi considérés comme responsables de l’échec du soulèvement de 1956 et de la « terreur » qui lui a succédé.
La loi été adoptée avec 293 voix pour, 4 contre et une abstention, grâce à la majorité des deux-tiers dispose le parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orban.
La réforme de la Banque centrale retire à son président la prérogative de choisir ses adjoints, qui passent de deux à trois, et seront dorénavant nommés par le chef du gouvernement.
Le conseil monétaire de la Banque centrale, qui décide de la politique de taux d’intérêt, passera de sept à neuf personnes, ses deux membres extérieurs supplémentaires étant, comme quatre autres, nommés par le Parlement, donc par le Fidesz.
Ce troisième et nouvel adjoint a été par avance qualifié de « commissaire politique » par le gouverneur de la MNB, Andras Simor, qui déplaît notoirement à Viktor Orban en raison de sa politique de taux d’intérêt élevés.
La réforme de la MNB s’apparente à une « prise de pouvoir totale » de l’institution par le gouvernement conservateur de Viktor Orban, avait dénoncé plus tôt Andras Simor dans un entretien au site d’information en ligne Index.
Le Procureur général pourra sélectionner le tribunal de son choix
Le parti Fidesz du Premier ministre conservateur Viktor Orban a fait adopter vendredi au Parlement hongrois une modification de la Constitution, qui entrera en vigueur le 1er janvier et permettra au Procureur général, un proche de M. Orban, de porter une affaire devant le tribunal de son choix.
En donnant un rang constitutionnel à cette loi, le gouvernement réduit à néant une décision de la Cour constitutionnelle annulant cette disposition le 19 décembre, car, en Hongrie, cette cour n’a pas le droit d’examiner la Constitution elle-même.
Cette disposition qui fait partie d’une large restructuration du système judiciaire, a été sévèrement critiquée par la commissaire responsable de la justice au sein de l’Union européenne, la Luxembourgoise Viviane Reding, qui avait exprimé de sérieux doutes quant à la compatibilité de la loi avec les lois communautaires.
La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, avait aussi critiqué le gouvernement de Viktor Orban pour « la destruction de plusieurs contre-poids et équilibres censés garantir l’indépendance des juges », dans une lettre adressée à M. Orban, selon le plus important quotidien hongrois, Nepszabadsag (centre gauche).
Le Parlement avait élu début décembre à la tête de l’Office national de la justice (OBH) Tünde Hando, une proche de Viktor Orban, alors que son mari, Jozsef Szajer, un eurodéputé du Fidesz, est connu pour sa contribution à la nouvelle Constitution qui a rendu possible la restructuration du système judiciaire. Le mandat de Mme Hando dure neuf ans et commence le 1er janvier 2012.
La Commission européenne évalue la conformité des dernières réformes politiques hongroises avec le droit communautaire, a indiqué un porte-parole. Le parlement hongrois vient d’approuver des nouvelles règles constitutionnelles qui permettront au Procureur général, un proche du Premier ministre Viktor Orban, de porter une affaire devant le tribunal de son choix.
Cette réforme est un nouveau signe de la volonté du parti Fidesz, qui dispose d’une large majorité au parlement, d’asseoir son pouvoir.
Il y a un an, une réforme de la constitution, qui avait réduit l’indépendance de la justice, avait déjà été vivement dénoncée par l’opposition.
Une loi plaçant les médias sous la tutelle d’un organe aux mains du parti avait aussi été critiquée. En pleine présidence européenne, la Hongrie avait dû l’amender, sous pression de Bruxelles.
Une nouvelle vague de réformes suscite l’inquiétude des Européens.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a adressé jeudi une lettre à M. Orban pour lui rappeler que la Hongrie devait respecter la législation de l’UE. Récemment, la Banque centrale européenne a aussi fait part de son inquiétude face à des mesures visant à limiter l’indépendance de la banque centrale hongroise.
(AFP et Belga)
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Que dire sinon que l'élargissement de l'Europe a été précipité. Et qu'il emporte aujourd'hui les raisons d'une vraie désillusion et demain de sa propre fin. Puisse-t-elle ne pas renvoyer à son passé.
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La Hongrie est en bonne route vers le fascisme. L'histoire passe deux fois le même plat. La Hongrie de 2011 ressemble de plus en plus à celle des années 1940. Il est temps de mettre ce pays en dehors de l'Europe.
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Ben voilà qui va plaire à tout ceux qui sont contre l'"indépendance" des banques centrales. On prends les paris sur l'inflation à venir ?
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@bro il est fort probable que la nouvelle gouvernance hongroise soit tentée de sortir elle-même de l'UE afin d'obtenir une autonomie de décisions fiscales et économiques. Le bateau prend l'eau et déjà des rats sont prêts à le quitter. L'avenir de L'UE toute entière est bien flou mais une seule certitude, 2012 sera une année de tous les dangers et une vraie stratégie politique et économique centrée sur le réel et non seulement sur des "perspectives prometteuses de croissance permanente". Il est fort à parier que de ce géant sans tête doive émerger une nouvelle organisation qui tienne compte de son histoire tout comme les 6 membres fondateurs tenant compte des affres des guerres mondiales qui ont saigné l'Europe, l'URSS, ...