Les dollars pas toujours verts des multinationales belges
JOEL MATRICHE
mercredi 11 janvier 2012, 15:10
Dans la course à la présidentielle américaine, plusieurs multinationales belges mettent la main à la poche pour influencer l'issue finale de la campagne, en faveur des républicains. .Enquête
Allison Joyce/Getty Images/AFP
Dans un peu moins d'un an, le 6 novembre 2012, près de 150 millions d'Américains seront appelés à choisir leurs grands électeurs. Qui à leur tour, apporteront leur soutien à l'un des candidats à la présidentielle. Obtenir la confiance sinon la sympathie des 538 membres de la Chambre et du Sénat impliqués dans ce suffrage indirect est donc un enjeu constant pour les entreprises, syndicats et autres groupes de pression.
Repères
Élections présidentielles. La prochaine élection aura lieu le 6 novembre 2012. C'est un scrutin indirect, les citoyens désignant les grands électeurs qui, à leur tour, choisiront le président et le vice-président.
Les PAC. Les comités d'action politique, ou PAC's, sont des organisations formellement constituées pour peser sur les élections, encourager certains politiciens ou en contrarier d'autres, favoriser ou au contraire gêner des changements législatifs. Ils reçoivent de l'argent de groupes de pression, qui peuvent être des entreprises, et le redistribuent à des candidats.
L'argent. Contrairement à la Belgique ou la France, où les partis et, par la force des choses, les candidats, sont avant tout financés par les pouvoirs publics, les campagnes électorales américaines dépendent presque exclusivement du financement privé. Les dons, qu'ils émanent de particuliers ou d'entreprises, sont en grande partie récoltés via les PAC. Ces dons doivent être enregistrés, ils sont répertoriés et contrôlés par la Commission électorale fédérale (FEC).
Lobbying. En plus de l'aide apportée aux candidats, les entreprises, syndicats et autres groupes de pression versent chaque année des milliards de dollars à des cabinets de lobbying afin de se faire entendre des membres du Congrès et des agences fédérales.
Les multinationales belges ne font pas exception : les attestations de dons, disponibles notamment sur le site de la Commission électorale américaine (FEC) et sur celui de l'efficace Center for Responsive Politics, montrent que plusieurs de nos fleurons économiques, pourvu qu'ils aient au moins une filiale aux Etats-Unis, mettent la main à la poche afin d'influencer -avec des moyens et des ambitions variables - le processus électoral américain. Et quel que soit le discours progressiste et en apparence responsable tenu publiquement par ces groupes industriels, leur préférence va généralement aux candidats républicains.
En 2010, quelques semaines avant les élections sénatoriales américaines, une étude de la branche européenne du Climate Action Network, un réseau international d'ONG engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique, avait déjà dénoncé le comportement de ces entreprises européennes émettrices de CO2 qui, tandis qu'elles s'opposent à toute réduction drastique des gaz à effet de serre sur le vieux continent sous le prétexte que les mêmes contraintes ne sont pas imposées à leurs concurrents américains, financent largement les candidats US les plus conservateurs afin de prévenir tout durcissement de la législation fédérale.
Et même si les amitiés républicaines de ces entreprises ont parfois d'autres motivations qu'environnementales (les actions de lobbying d'AB Inbev, par exemple,visent avant tout à assouplir les politiques fiscales), ces mêmes entreprises ne peuvent ignorer qu'en finançant des partisans aussi convaincus de la libre-entreprise, elles contrarient tout effort collectif en faveur du climat.
Ce double langage est plus stratégique aujourd'hui encore qu'il l'était hier puisque d'une part, l'enjeu de la campagne en cours n'est rien de moins que l'élection du 45e président des Etats-Unis, d'autre part parce que crise économique faisant, le soutien d'un développement durable est pour beaucoup de citoyens - et donc de responsables politiques - devenu un luxe et celui de la croissance une nécessité.
Les multinationales bénéficieront-elles dans ce contexte d'une écoute plus attentive des politiciens US reconnus pour leur pragmatisme économique, sinon pour leur climato-scepticisme? Si elles ne se font pas entendre, ce ne sera pas, du moins pour certaines d'entre-elles, faute d'avoir essayé. Car plus que les discours et les plans de com', c'est la direction que prend leur argent qui désigne les vraies priorités de ces groupes industriels.
Vos réactions
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Voici par les chiffres la fortune des candidats à l'élection présidentielle depuis les 20 dernières années. John Edwards (D) $45 millions, Rudy Giuliani (R) $65 millions, John Huntsman (R) $70 millions, Hillary Clinton (D) $85 millions, Bill Clinton (D) $85 millions, Al Gore (D) $100 millions, John Kerry (D) $240 millions, Romney (R) $250 millions, Steve Forbes (R) $450 millions and Ross Perot (I) $3,58 milliards.
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Mais moi, je suis pour la pollution et le réchauffement climatique, solution à tous nos problèmes . . . lol, je roule dans une bagnole qui a plus de 12 ans, donc qui pollue, je préconise qu'on installe dare-dare des centrales électriques au charbon et qu'on ferme le parc nucléaire (pas par souci d'écologie). . . . mais pour que la mer du nord soit enfin aux limites de Bruxelles.
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pure mauvaise foi il faut lire les articles sur les societes en cause. Delhaize: 2000 usd a' un elu republicain, payes officiellement pour son compte de campagne... 1500 usd p-e avait-il mis dans son programme un rond-point en face du Food Lion du coin pour ameliorer la circulation? 20 000$/an en "lobbying"... c'est un juriste 2 jours par moi pour faire des propositions d'amelioration de la loi...
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il n'y as ni gauche aux usa ni en belgique d'ailleurs...
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@LoicLer Comme relevé dans l'article, la contribution du groupe Delhaize est effectivement modeste mais 1/Ne pas mentionner ce groupe, même s'il est un petit contributeur, n'aurait pas eu de sens étant donné sa forte présence aux USA 2/Les efforts du groupe en matière environnementale sont relevés dans l'article 3/Le total des sommes engagées par les entreprises citées dans l'article n'a rien d'anecdotique et permet, pour reprendre votre exemple, d'engager à temps plein quelques juristes