Recherches stoppées sur le Concordia

Rédaction en ligne

dimanche 22 janvier 2012, 11:32

La recherche en profondeur des 20 disparus dans l’épave du Concordia, devant l’île italienne du Giglio, était stoppée dimanche après des mouvements rendant dangereuse l’exploration par les sauveteurs du paquebot de croisière qui a fait naufrage il y a 9 jours.

Recherches stoppées sur le Concordia

AP

Les travaux « ont pu recommencer seulement dans la partie émergée » du navire, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la protection civile, après une suspension totale décidée à 01H30 (00H30 GMT) à la suite d’oscillations du navire. Pour la partie submergée confiée aux plongeurs, « nous sommes en attente de davantage d’informations afin d’évaluer la sécurité » des opérations, a ajouté le porte-parole, en soulignant qu’une réunion technique est en cours.

L’exploration sous-marine de l’épave qui avait repris samedi après une journée d’interruption vendredi, a permis de repêcher le corps d’une femme, portant à 12 morts le bilan de la catastrophe et 20 disparus. « Il faudrait un miracle » pour retrouver encore des rescapés, a reconnu à l’AFP Cosimo Nicastro, porte-parole des garde-côtes. Même si les familles des victimes n’ont pas perdu tout espoir.

Les pères d’un couple de Français, Mylène Litzler, 23 ans, et Michaël Blémand, 25 ans, ont lancé samedi depuis le Giglio, un appel pressant, adressé aux milliers de passagers et membres d’équipage pour qu’ils donnent des éléments sur l’endroit où auraient pu se trouver pendant l’évacuation les personnes encore portées disparus. Les sauveteurs essaient en effet de dresser une sorte de carte où situer les personnes manquant à l’appel afin de mieux cibler les recherches, périlleuses et lentes à cause de la taille gigantesque du navire (palace flottant de 17 ponts et plus de 1.500 cabines, long comme trois stades de football et haut comme un immeuble de 20 étages).

Autre problème pour les autorités : voir s’il est possible de commencer rapidement le pompage des 2.380 tonnes de mazout enfermées dans les réservoirs du Concordia, pour éviter une marée noire autour de l’île toscane qui est une réserve naturelle.

Le préfet Franco Gabrielli, arrivé samedi au Giglio pour coordonner toutes les opérations liées à la catastrophe du Concordia, a promis une décision en 48 heures sur la possibilité de continuer à chercher les personnes manquantes tout en vidant les cuves du navire. Selon M. Gabrielli, il y a déjà pollution marine compte tenu de la présence dans les entrailles du navire de « tout ce qui sert pour une ville de 4.000 habitants », des huiles de vidange aux ordinateurs en passant par les détergents et solvants, les câbles électriques et autres objets en plastique.

Entretemps, l’enquête se poursuivait pour déterminer les responsabilités exactes du commandant du navire, Francesco Schettino, dans l’accident. Ce dernier a reconnu avoir fait une « erreur » en passant trop près des côtes et heurté un rocher situé à environ 300 mètres de la côte mais ensuite sa version des faits contredit celle de son employeur Costa Crociere (groupe américain Carnival), propriétaire du Concordia.

M. Schettino, assigné à résidence à son domicile depuis mardi dernier pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, affirme par exemple avoir averti Costa, un quart d’heure seulement après le naufrage. « J’ai fait une bêtise, j’ai heurté un rocher », aurait-il dit à un responsable de la compagnie. En outre, il nie avoir abandonné de son plein gré le navire pendant l’évacuation, affirmant être tombé dans une chaloupe.

Les plongeurs des carabiniers ont extrait samedi de la passerelle de commandement la valise du commandement, un coffre-fort ainsi qu’un disque dur contenant les enregistrements de caméras de sécurité qui devraient avoir filmé le moment de l’impact avec le rocher.

Les enquêteurs veulent notamment vérifier si le commandant a, comme il l’affirme, effectué « une manoeuvre brillante » juste après la collision pour rapprocher le paquebot de la côte et le faire échouer là où il se trouve, à une trentaine de mètres du rivage, sauvant ainsi « des milliers de vie ».

Après avoir percuté un rocher, le Concordia qui effectuait une croisière en Méditerranée, a fait naufrage dans la nuit du 13 au 14 janvier avec plus de 4.200 personnes à son bord, dont 3.200 touristes et un milliers de membres d’équipage.

(AFP)

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