La Chine et la Russie opposent leur veto à une résolution sur la Syrie
Rédaction en ligne
samedi 04 février 2012, 18:29
Il n'y aura pas de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, la Chine et la Russie ayant opposé leur veto. Ce vote s'est déroulé alors que la ville de Homs vient d'être pilonnée, faisant plus de 230 morts, selon l'opposition.
La Russie et la Chine ont usé samedi de leur droit de veto de membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU pour bloquer l'adoption d'une résolution sur la Syrie, soutenant le plan de paix de la Ligue arabe qui prévoit le départ du président Bachar el-Assad.Les 13 autres membres du Conseil, se sont tous prononcés en faveur de ce texte, qui avait pour objectif de mettre fin à la répression en cours en Syrie.
Le vote s'est déroulé alors que la ville de Homs (centre de la Syrie) vient d'être le théâtre d'un des épisodes les plus sanglants depuis le début du soulèvement il y a 11 mois. Selon l'opposition au régime, plus de 230 civils dont une centaine de femmes et d'enfants, y ont en effet été tués dans la nuit de vendredi à samedi. Des témoins parlent d'un des plus grands massacres depuis le début du soulèvement. Le régime accuse de son côté l'opposition d'avoir pilonné la ville de Homs dans le but d'influencer le Conseil de sécurité de l'ONU.
L'ambassadeur français Gérard Araud a dénoncé devant le Conseil ce « double veto », parlant de « triste jour pour ce Conseil, pour les Syriens et pour les amis de la démocratie ». Rappelant les « massacres » de Hama en 1982, sous la présidence de Hafez el-Assad, et ceux de Homs la nuit dernière, il a ajouté : « l'horreur est héréditaire à Damas ».
Pour la Russie, le projet de résolution était "déséquilibré"
Difficile de savoir ce qui va se passer désormais, mais les responsables occidentaux ont eu des mots très durs envers Bachar al-Assad. Le président des Etats-Unis Barak Obama a exigé son départ, accusant le régime syrien d'avoir "assassiné" des civils et évoquant des "attaques abominables". Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a quant à lui jugé que "le massacre de Homs est un crime contre l'humanité" et que "ses auteurs devront en répondre". Londres a accusé la Russie et la Chine d'avoir "abandonné" le peuple syrien. "Par leur démarche, ils abandonnent le peuple syrien et ne font qu'encourager le régime brutal du président (Bachar) al-Assad à commettre davantage de tueries, comme cela a été fait à Homs ces dernières 24 heures", a déclaré William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères dans un communiqué. "La Russie et la Chine avaient un choix simple aujourd'hui: celui de soutenir ou non le peuple syrien et la Ligue arabe. Ils ont décidé de ne pas le faire, et à la place de se mettre du côté du régime syrien et de sa répression brutale", a-t-il déploré.
La Russie a toujours été opposée à un projet de résolution demandant le départ de Bachar al-Assad. Selon son ambassadeur aux Nations Unies, le projet de résolution était "déséquilibré". Ce texte "ne reflétait pas la réalité de la situation en Syrie", "appelait à un changement de régime" et adressait un "message déséquilibré aux (deux) parties", le régime et l'opposition, a-t-il ajouté en accusant les Occidentaux d'avoir manqué de "souplesse" dans les discussions. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait mardi en Syrie pour rencontrer le président syrien afin de "trouver une issue politique au conflit".
En dehors de ce qu'il représente pour le peuple syrien, ce double veto met en avant les difficultés qu'ont les Etats membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies à se mettre d'accord. On assiste à l'émergence de deux blocs, l'un formé par les pays occidentaux, l'autre par la Chine et la Russie, qui semblent de plus en plus incapables de trouver un terrain d'entente sur des questions urgentes de première importance. De quoi remettre sur table les propositions de réformes du Conseil de sécurité. C'est peut-être ce qu'il faut sous-entendre des paroles de Ban Ki Moon qui considère que le veto sino-russe "amoindrit le rôle de l'ONU".
(DZ avec AFP et AP)















